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En route vers Kiev, le train du soutien européen

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Mario Draghi, président du Conseil des ministres d'Italie, Emmanuel Macron et Olaf Scholz, chancelier allemand, le 16 juin, dans le train qui les mène à Kiev.
Mario Draghi, président du Conseil des ministres d'Italie, Emmanuel Macron et Olaf Scholz, chancelier allemand, le 16 juin, dans le train qui les mène à Kiev.
© AFP - Ludovic Marin

C’était un secret de Polichinelle depuis plusieurs jours : Emmanuel Macron s’est donc rendu à Kiev ce jeudi 16 juin en compagnie des dirigeants allemand Olaf Scholz et italien Mario Draghi. Dans un convoi ferroviaire presque anachronique fait de compartiments tout confort et de wagons-lits.

Sur cette image prise par Ludovic Marin, le photographe chargé de suivre Emmanuel Macron pour l’Agence France Presse, on se croirait presque dans un film de fiction. Il y a un parfum suranné d’Orient-Express, un petit côté Hitchcock aussi, comme dans le célèbre North by Northwest avec Cary Grant, La mort aux trousses en français.

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Sur l’image, on voit d’abord les trois hommes.

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Ils sont tout sourire, en tenue décontractée, signe de leur connivence. Pas de costume cravate. Emmanuel Macron en chemise, mais à col cassé. Mario Draghi est en pull. Olaf Scholz, qui vient de rejoindre ses collègues, raconte Ludovic Marin, est en jean et chemisette.

Ils sont assis dans un compartiment – celui du président français –, plutôt luxueux et élégant, rideaux à pompon et bois de qualité, autour d’une table en bois massif. Les rideaux sont aux couleurs de l’Ukraine, à rayures jaunes et bleues. "Un wagon sans doute sorti d’un garage pour l’occasion, pour assurer l’énorme logistique énorme que requiert le déplacement d'un chef d'État", témoigne le photographe.

"Emmanuel Macron est au sommet d’un triangle, avec les deux autres dirigeants européens sur la base", observe Yann Di Meglio, journaliste-réalisateur et cofondateur de la galerie Intervalle. Comme dans une composition… qui en réalité n’en est pas une.

"Penser cela serait une erreur, assure Ludovic Martin. Nous entrons dans le compartiment par la porte qui est derrière nous. Et comme ce n'est pas un espace très grand, il n'y a qu'un angle possible. D’autant que derrière nous, il y a un miroir."

Les rideaux sont aux couleurs de l’Ukraine, à rayures jaunes et bleues, comme le dossier posé sur la table de travail.
Les rideaux sont aux couleurs de l’Ukraine, à rayures jaunes et bleues, comme le dossier posé sur la table de travail.
© AFP - Ludovic Marin

Emmanuel Macron a de surcroît le bras droit tendu et semble montrer quelque chose avec un stylo. Comme si le chef de l’État qui préside, pour deux semaines encore, l’Union européenne montrait la voie. "En réalité, dans ce décor, fait de froufrous, de petits candélabres, où rien n’accroche le regard, il désigne une toute petite icône avec une Vierge à l'enfant. Une singularité de cette voiture des chemins de fer ukrainiens, en insistant sur la place de la religion dans la région."

L'Europe au travail

Il y a aussi un parfum de mystère dans la photo.

Le compartiment du train est coupé du monde, pas de fenêtre sur l’extérieur, tout est opaque. Rideaux, écran de télévision. C’est en fait la nuit. Derrière Emmanuel Macron, une horloge murale indique 0h55. Ludovic Marin ne sait alors pas précisément où le convoi se trouve. "Peu après le passage de la frontière ukrainienne, puisque le contrôle des passeports vient de s’achever."

Le train est en train de rouler. Les lignes de fuite, les diagonales sont omniprésentes dans l’image, le suggèrent. Elles donnent l’impression du mouvement. Celui du convoi et celui de l’Histoire.

Trois verres d’eau trônent sur la table : pas d’alcool quand on est au boulot. Un petit tube de gel hydroalcoolique est disposé au milieu. Façon de rappeler qu’il faut rester prudent, que la pandémie de Covid n’a pas dit son dernier mot. Mario Draghi pose sa main sur un dossier arborant le drapeau ukrainien.

Un regard de connivence entre Draghi et Scholz ?
Un regard de connivence entre Draghi et Scholz ?
© AFP - Ludovic Marin

Si l’on y regarde de plus près, "on voit que Draghi et Scholz se regardent en souriant, excluant Macron de leur complicité. Très symbolique d’une solidarité européenne… affichée", commente le galeriste spécialisé dans la photo documentaire. Un simple instant suspendu, explique Ludovic Marin. "La discussion à trois va vite s’engager, comme en témoignent les autres photos du reportage."

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Les trois dirigeants sont au travail, en pleine nuit. Pour préparer leur premier déplacement à Kiev, "dans un décor qui renvoie à la signature des armistices du XXe siècle", note Yann Di Meglio. Après un bref repos, ils arriveront en gare de Kiev jeudi 16 juin vers 9 h du matin heure française. Avec devant eux un agenda bien rempli avec la présidence ukrainienne.

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