Erri de Luca, un écrivain au tribunal

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Erri de Luca, un écrivain au tribunal

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Poursuivi pour "incitation à la délinquance" après des propos durs contre la ligne de TGV Lyon-Turin, l'Italien défend une parole libre dans un entretien à France Culture.

C'est un procès emblématique de la liberté d'expression qui a débuté cette semaine à Turin. L'écrivain italien Erri de Luca, dont l'interview est à écouter ci-dessous, est poursuivi pour "incitation à la délinquance" après une déclaration faite contre le monumental chantier du TGV Lyon-Turin, dont il est l'un des opposants depuis une dizaine d'années. "Les sabotages sont nécessaires pour faire comprendre que le TGV est une œuvre nuisible et inutile", a-t-il dit dans la version italienne du *Huffington Post, * ce qui lui a valu une plainte déposée par la société franco-italienne Lyon Turin Ferroviaires (LTF).

Nous retrouvons Erri de Luca ce vendredi 20 mars à son arrivée à Paris, en France où il a reçu de nombreux soutiens au nom de la liberté d’expression. "Le verbe saboter a un sens très large de résistance (...) et il a une implication juste et nécessaire en démocratie", dit-il, en plaidant pour une parole libre. "Je me sens dans l’obligation de porter une parole contraire. Car si je censure ma parole, je censure mon vocabulaire, je gâche ma meilleure façon de me tenir compagnie qui est l’écriture." Un credo affirmé dans La Parole Contraire , un petit livre publié aux éditions Gallimard. Pour lui, les mots sont "menottés" dans une salle d’audience, et sa défense se fait par la littérature :

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