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Et maintenant, reconstruire Palmyre

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A l'image de ce palace, la cité antique n'est pas entièrement détruite
A l'image de ce palace, la cité antique n'est pas entièrement détruite
© Reuters

L'état des lieux de la cité antique de Palmyre en Syrie a commencé, maintenant que le site a été libéré des djihadistes de l'Etat islamique. Il s'agit de voir ce qui a été détruit et ce qui est resté intact. A première vue, les dégâts semblent moins importants que prévu.

Cela faisait presque un an que la ville antique de Palmyre se trouvait aux mains du groupe Etat islamique. Dix mois précisément. Dimanche, l’armée syrienne a fini par en reprendre le contrôle, bien aidée par l’aviation russe.  L'offensive aura duré une vingtaine de jours en tout, non sans faire des dégâts, qui s'ajoutent à ceux commis par les terroristes. Un premier état des lieux de ce joyau antique, vieux de 2000 ans et classé au patrimoine mondial de l’humanité, a été fait. Une partie seulement des ruines antiques semble détruite.

Un drone a filmé les toutes premières images de Palmyre libérée :

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Que reste-t-il alors de cette perle de l'antiquité romaine ? Le fameux Arc de Triomphe n'existe plus. L’organisation djihadiste l'a fait exploser le 4 octobre 2015. Les images avaient fait le tour du monde, et provoqué la désolation et la colère des archéologues. Cet emblème de Palmyre, qui datait de l'empereur Septime Sevère (193 à 211), ouvrait la célèbre rue à colonnades du site. Sa destruction était intervenue après celle de deux temples, notamment celui de Bêl, au mois d'août, et de trois des plus belles tours funéraires, en septembre. Aujourd'hui, des statues déchues et des restes de colonnes romaines jonchent le sol un peu partout dans la cité.

Un journaliste de l'AFP, Maher Al Mounes, a pu entrer sur le site. Il a tourné cette vidéo qui montre ce qu'il reste de l'Arc de Triomphe :

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5 ans de travail

Le directeur des antiquités syriennes, Maamoun Abdelkarim, explique à l'AFP qu'il s'attendait au pire après les combats pour la libération de la ville. Il estime que 80 % des ruines antiques sont en bon état.

Les destructions de Daech à Palmyre
Les destructions de Daech à Palmyre
© Radio France - Idé

« Si nous avons l’approbation de l’Unesco, il nous faut cinq ans pour restaurer les bâtiments détruits et endommagés par Daech. Nous avons le personnel qualifié, nous avons le savoir-faire et nous avons les études, il faut bien sûr l’agrément de l’Unesco et nous pourrons commencer les travaux dans un an. » Il dit espérer que Palmyre redevienne comme avant. De nombreux vestiges comme l'Agora, les bains, le théâtre romain ou encore les murailles de la cité, n'ont presque pas été touchées, ou sont légèrement endommagées. Un soldat syrien a aussi fait part à l'AFP de son soulagement : « Nous étions si effrayés à l'idée d'entrer sur le site antique et de le trouver complètement détruit. Nous avions peur de regarder. Mais quand nous sommes entrés, nous avons été soulagés. »

Impossible de tout reconstruire

Le château de Palmyre, photographié le 24 mars par la télévision d'Etat syrienne
Le château de Palmyre, photographié le 24 mars par la télévision d'Etat syrienne
© Reuters

Annie Sartre-Fauriat, spécialiste de Palmyre et membre du groupe d’experts de l’Unesco pour le patrimoine syrien, se veut beaucoup moins sereine sur la capacité de reconstruire Palmyre, vu les destructions considérables et les pillages commis sur le site et dans le musée. « Tout le monde s’enflamme parce que Palmyre est libérée. Je suis très perplexe sur la capacité, même avec l’aide internationale, de rebâtir le site », regrette cette historienne spécialiste du Moyen-Orient. « Quand j’entends dire qu’on va reconstruire le temple de Bêl, ça me paraît illusoire. On ne va pas reconstruire quelque chose qui est à l’état de gravats et de poussière. Construire quoi ? Un temple neuf ? Il y aura peut-être d’autres priorités en Syrie avant de reconstruire des ruines. »

Annie Sartre-Fauriat, spécialiste de Palmyre :

"Faire un état des lieux précis"

1 min

Les terroristes de l''Etat islamique s'étaient emparés le 21 mai 2015 de cette ville située à 205 kilomètres à l'est de Damas. En plus des destructions, ils avaient décapité en public l'ancien chef des Antiquités de Palmyre, Khaled al-Asaad. Ce spécialiste, âgé de 82 ans, était reconnu internationalement. Selon un correspondant de l'AFP sur place, Palmyre ressemble depuis dimanche à une ville fantôme, la quasi-totalité des habitants a fui les bombardements. Il s'agit de la victoire la plus importante du régime face à l'Etat iIslamique depuis l'intervention militaire dans le conflit syrien, fin septembre 2015, de la Russie, allié indéfectible du président Bachar al-Assad. Après avoir reconquis Palmyre, les forces du régime n'auront qu'à déloger l'Etat islamique de la localité d'Al-Alianiyé, à 60 km plus au sud, pour reprendre le contrôle du désert syrien et avancer vers la frontière avec l'Irak.

Retrouvez notre dossier réalisé sur l'importance de la ville de Palmyre

Et écoutez le Journal de la Culture de ce lundi au sujet de Palmyre