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Etat d'urgence pour les forces de l'ordre en France

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Depuis 2002, les effectifs de l'armée ont diminué de 19%
Depuis 2002, les effectifs de l'armée ont diminué de 19%
© Maxppp - LEFEBVRE

CARTE. Suite à l'instauration de l’État d'urgence en France, en novembre dernier, les forces de l'ordre sont surmenées. Baisse des effectifs au sein de l'armée et de la police depuis de nombreuses années, les annonces des hausses d'effectifs au sein de la police et l'appel aux réservistes semblent vaines.

Après l'agression violente de deux policiers dans le quartier de la Grande-Borne, à Viry-Châtillon ce week-end, en banlieue parisienne, Manuel Valls a annoncé de nouvelles mesures de protection pour les policiers intervenant en zones sensibles. Une annonce que le Premier ministre a mis en relation avec la hausse de 15% des crédits consacrés notamment à la construction et à la rénovation de commissariats, dont celui du quartier de la Grande-Borne présent dans le projet de loi de finances pour 2017. Cette annonce s’inscrit dans un contexte général plus que tendu au sein des forces de sécurité dans l'Hexagone.

A écouter : les policiers veulent plus de moyens

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Dans le cadre de la RGPP (la révision générale des politiques publiques), entre 2007 et 2012, 12 500 postes de policiers ont été supprimés sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy, avec le non-remplacement d'un fonctionnaire sur 2 partant à la retraite. Pour faire face à ces baisses d'effectifs, le gouvernement a promis de créer en tout 9 000 postes de policiers et gendarmes sur l'ensemble du quinquennat de François Hollande.

Cependant, le gouvernement reconnaît lui-même que ce chiffre est loin d'être atteint, malgré la hausse du nombre de sessions de recrutement après les attentats de Charlie hebdo, de l'Hyper Cacher, du 13 novembre et de Nice. A titre d'exemple, deux concours ont eu lieu l'an dernier, dont une session extraordinaire en mars dernier. Au niveau national, on atteint près de 900 policiers supplémentaires, auxquels s'ajoutent plus de 2 000 agents recrutés pour la région Île-de-France. Sans oublier 20 à 30 commissaires recrutés chaque année et une soixante d'officiers. Soit plus de 3 000 policiers sur la période novembre 2015 à mars 2016.

Les adjoints de sécurités (ADS) viennent également renforcer les effectifs sans pour autant avoir le statut de fonctionnaire. C'est le cas de l'agent qui a été grièvement blessé à la Grande-Borne. Leur formation a une durée de seulement 3 mois avant leur prise de poste, pour un contrat de 5 ans. Aujourd'hui, les adjoints de sécurités sont 11 000 en France sur un effectif total de près de 145 000 policiers. Soit plus de 7% des effectifs.

En 2012, la France a 3,2 policiers pour 1 000 habitants

Source : Eurostat

La garde nationale à la rescousse des baisses d'effectifs

Dans la situation actuelle, la police n'est pas la seule unité de sécurité à être sollicitée. L'armée est également la grande perdante depuis le début des années 2000. Baisse de son budget, de ses effectifs, la grande muette a été fortement délaissée par le pouvoir durant ces années.

A écouter : France : une armée en déroute

Cependant, suite aux attentats du 13 novembre, les volontaires affluent pour entrer dans l'armée, comme le souligne le Colonel Bert, commandant du groupement de recrutement et de sélection d’Île-de-France :

Nous offrons 15 000 postes par an pour pouvoir augmenter les effectifs de la force terrestre pour faire face aux menaces actuelles. Nous recrutons aussi bien des officiers, des sous officiers, que des militaires du rang. Nous recrutons aussi bien des fantassins que des informaticiens. L'augmentation des candidatures concernent également la réserve.

 Au centre d'information et de recrutement des forces armées de Vincennes
Au centre d'information et de recrutement des forces armées de Vincennes
© Radio France - Valérie Crova

A écouter : Les volontaires affluent pour entrer dans l'armée

Pour soulager les militaires professionnels sous pression depuis les attentats de 2015, le gouvernement veut augmenter les effectifs de la réserve opérationnelle, rebaptisée "garde nationale". L'objectif est de passer de 63 000 réservistes (police, gendarmerie et armée) aujourd'hui à 85 000 d'ici 2018.

Pour mener à bien ce projet, 311 millions d'euros seront engagés l'année prochaine, soit un tiers de plus que ce qui était initialement prévu pour la réserve opérationnelle. Une somme qui couvrira la formation et l'achat d'équipement pour les nouveaux réservistes. Et qui financera également des mesures d'incitation. Par exemple, pour les moins de 25 ans qui s'engagent, l'Etat les aidera à hauteur de 1.000 euros pour leur permis de conduire. Il y aura aussi une allocation mensuelle pour les étudiants qui signent pour au moins cinq ans. Précisions de Louis Belenfant :

La garde nationale est avant tout un outil de communication

1 min

Un outil de communication qui ne saurait cacher les coupes engagées dans l'armée depuis des années, malgré un positionnement dans le monde qui reste important.

La France : 4ème armée de l'Otan

Source : "l'Etat du monde 2008"