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États-Unis : des scientifiques se mobilisent face à Trump

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Le logo et l'image de profil du compte Twitter de cette initiative
Le logo et l'image de profil du compte Twitter de cette initiative

Une centaine de personnes, essentiellement des chercheurs, ont d'abord voulu protéger du scepticisme actif de Donald Trump des données sur l'évolution du climat. Et la mobilisation touche désormais au moins une douzaine d'agences gouvernementales. Avec aussi des marches de la science en préparation.

Ils ont déjà sauvegardé plus d'1,5 téraoctet de données, unis sous le mot-dièse #datarefuge. Une centaine de personnes, essentiellement des chercheurs, des activistes et des bibliothécaires, aux États-Unis, mais aussi au Canada, se mobilisent depuis des semaines pour protéger de Donald Trump et de sa nouvelle administration des informations sur l'évolution du climat. Déjà en campagne, le nouveau président avait clairement affiché son hostilité à l’accord de Paris sur le climat. Le 26 mai dernier, dans le Dakota du Nord, il affirmait ainsi que les règles visant à limiter le réchauffement climatique adoptées lors de la COP21 vont "tuer l’emploi et le commerce" aux États-Unis :

"Cet accord donne à des bureaucrates étrangers le contrôle sur la façon et la quantité d’énergie que nous pouvons consommer dans notre pays. Pas question !"

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Quelques heures seulement après l'investiture de Donald Trump, ses mots se sont traduits par la disparition sur le nouveau site de la Maison-Blanche du plan d'action de lutte contre le changement climatique mis en place par Barack Obama.

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L'administration du nouveau président a aussi retiré une page consacrée au changement climatique du site web de l'Agence de protection de l'environnement (EPA). L'EPA désormais dirigée par Scott Pruitt, un proche de l'industrie des énergies fossiles et climatosceptique assumé.

Et ce mercredi, Donald Trump a ordonné un black-out médiatique et un contrôle politique à cette Agence obligeant les chercheurs à soumettre leurs travaux à une équipe politique avant toute publication. Cette censure a également été imposée aux employés du Service de recherche agricole de l'USDA, agence de recherche du ministère de l'Agriculture : fini les communiqués de presse, photos et autres documents destinés au public.

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Étudiante à l'Université de Pennsylvanie, Patricia Kim est l’une des organisatrices de #datarefuge. Elle nous a expliqué comment les chercheurs allaient devoir maintenant demander des autorisations administratives pour accéder à des données climatiques. D'où l'intérêt d'en sauvegarder un maximum avec l'aide d'informaticiens, pour très vite les publier en ligne gratuitement sur un site sécurisé. Cette initiative se fait en partenariat avec The Internet Archive, qui travaille déjà depuis trois mandats sur un projet baptisé « The End of Term Harvest », qui consiste à archiver les sites web fédéraux lors des transitions présidentielles :

"Je m'inquiète parce que c'est légal. Nous avons construit un réseau robuste, je crois, et nous ne sommes pas paranoïaques."

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Dans un entretien publié sur Reporterre, Bethany Wiggin, la directrice du Penn EHLab (Penn Program in Environmental Humanities) de l’Université de Pennsylvanie, à l’origine de #DataRefuge, dit ne pas craindre de répercussions :

"L''université de Pennsylvanie est privée, donc nous sommes plutôt confiants. Nous pensons que c’est le rôle fondamental d’une université que de préserver les données et les preuves nécessaires au travail des chercheurs. Nous ne nous arrêterons pas."

Image du profil Twitter de Bethany Wiggin, la coordinatrice de #DataRefuge
Image du profil Twitter de Bethany Wiggin, la coordinatrice de #DataRefuge

Elle annonce aussi "un rapport après 100 jours [d'administration Trump] où nous désignerons les programmes auxquels on aura coupé les vivres et qui ne pourront plus entretenir leur site internet". Et elle souligne sa très grande inquiétude "à cause des propos du futur chef de la Nasa. Il a affirmé que la mission Terre de cette agence, qui rassemble des données sur le climat, était un exemple de 'science politisée'. Il souhaite rediriger les fonds vers des programmes de recherche spatiale."

Des "marches de la science" à venir

Des scientifiques de l'Agence spatiale des États-Unis n'ont pas tardé à réagir justement, également via un compte Twitter. L'équipe officieuse de la NASA, baptisée "Resistance", a lancé @RogueNASA.

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Plusieurs autres comptes de ce type sont apparus, en marge d'au moins une douzaine d'agences fédérales, et une marche pour défendre la science est désormais prévue à Washington dans les prochains jours. Les organisateurs, qui ont déjà fédéré près de 300 000 abonnés à leur compte Twitter, doivent déterminer les modalités de cette #ScienceMarch. Ce mouvement est notamment porté par Caroline Weinberg, scientifique spécialiste des questions de santé publique : "Nous avons été inspirés par les récentes attaques contre la science menée par la nouvelle administration", écrit-elle dans un courriel au Washington post. Et d'ajouter :

Réduire les financements et empêcher les scientifiques de communiquer au public leurs travaux de recherche (financée par les impôts !) est absurde et ça ne peut pas faire office de politique.

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Et cette marche serait relayée dans de nombreuses villes aux États-Unis, et à l'étranger, par exemple en France, avec cet appel qui date de vendredi :