Etre mère, c'est quoi pour Simone Veil, Jane Birkin, Marguerite Duras...

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Etre mère, c'est quoi ? pour Simone Veil, Jane Birkin, Marguerite Duras...

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Archives | En plein débat sur l'ouverture de la procréation médicalement assistée (PMA) à toutes les femmes, et sur la possibilité de la GPA, on s'interroge : c'est quoi, être mère ? Simone Veil, Jane Birkin, Marguerite Duras, Niki de Saint Phalle... ont répondu.

C'est quoi, être mère ? Loin d'être "admirable" selon Simone Signoret ; "merveilleux" selon Denise Fabre, en direct de la maternité ; accoucher est un "assassinat" pour Marguerite Duras, alors que Niki de Saint Phalle dit avoir "abandonné ses enfants pour son art". Autant de femmes, autant de visions de ce que c'est qu'être mère. Écoutons-les, à travers les âges, raconter leurs doutes, leur fragilité, questionner "l'instinct maternel", en écho au débat actuel sur l'ouverture de la procréation médicalement assistée (PMA) à toutes les femmes, et sur la possibilité de la gestation pour autrui (GPA). 

Simone Signoret, 1964

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Je ne me suis jamais couronnée du nom de mère admirable.

Denise Fabre, 1980

C’est tellement extraordinaire d’attendre des enfants, d’abord, et puis de les tenir dans ses bras, c’est quelque chose de merveilleux. Je parle des bébés parce que ce sont deux filles que j’ai eues, qui s’appellent Olivia d’une part, et d’autre part… Attendez, vous coupez deux secondes, je ne sais plus où j’en suis…  Je ne me souviens plus du prénom de mes filles ! C’est Elodie ! Elodie. 

Niki de Saint Phalle, 1989

J’ai abandonné mes enfants pour mon art. Et peut-être que ça a été la chose la plus difficile que j’ai faite de ma vie. Et peut-être qu’il y a ce désir encore de les materner, et encore d’être proche d’eux, qui se retrouve dans mon œuvre.

Marguerite Duras, 1976

Je crois qu’il y a une différence essentielle entre une femme qui a eu un enfant et une femme qui n’a pas eu d’enfant. L’accouchement, je le vois comme une culpabilité. Comme si on lâchait l’enfant, qu’on l’abandonne. Ce que j’ai vu de plus proche de l’assassinat, ce sont des accouchements. La sortie de l’enfant qui dort. C’est la vie qui dort complètement dans une béatitude incroyable.

Jane Birkin, 1986

Je peux parler de ma fierté de Charlotte et de ma fierté de Kate. Parce que cette année, il y a eu la performance remarquable de Charlotte dans le film de Miller.                      
Question : Ce que j’ai adoré, c’est quand vous étiez à la remise des César. Pourtant elle a le trac, Charlotte, elle a beaucoup le trac quand elle est en public, mais vous aviez encore plus le trac qu’elle, et ça je trouvais ça formidable.
J’avais un trac terrifiant de mère, parce que je ne savais pas quoi faire si jamais elle ne l’avait pas. Je ne savais pas comment consoler. Et de dire qu’on est aussi bien, même si on ne reçoit pas le prix. Il y a plein de gens bons qui n’ont pas eu le prix. Mais je ne savais pas quoi faire.

Simone Veil, 1988

Même si on a une vie professionnelle qui est très gratifiante, et qu’on aime, et qui est intéressante, ça veut quand même toujours dire qu’on s’occupe un peu moins de ses enfants, qu’on est moins disponible au moment où on souhaiterait l’être. Quand on est à son bureau, que le téléphone sonne et que les enfants vous disent qu’ils se disputent ou qu’ils n’ont pas su faire un devoir ou qu’ils voudraient bien qu’on rentre à la maison, et qu’on est obligé de leur dire “Ah non je ne peux pas, je suis occupée maintenant".

Gisèle Halimi, 2009

Moi je dis, il n’y a pas d’instinct maternel, et je suis bien placée pour le dire parce que ma mère ne m’aimait pas. S’il y avait un instinct maternel, on n’étranglerait pas des mômes dans des caves. 

Françoise Giroud, 1997

Mon fils s’est tué en faisant du ski hors piste à Val d’Isère. Il avait 29 ans. Je pense que c’est toujours épouvantable de perdre un enfant, quelles que soient les circonstances. Que ça s’est accru pour moi du fait que je me sentais coupable. Coupable de n’avoir pas voulu sa naissance. Je ne savais que faire. J’ai tout fait pour qu’il ne naisse pas, mais je n’ai rien pu faire. Et c’est une expérience très très très douloureuse. 

Dalida, 1966

Mais, est-ce que tu as des enfants, toi ?
Non, je n’en ai pas. Je n’ai pas d’enfant. Mais, enfin c’est-à-dire que oui, au fond, j’en ai beaucoup. J’ai plein de petites filles.                      
Plein de petites filles ?
Oui, parce que les chansons sont mes enfants. 

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