Europe : la carte des euroscepticismes

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Europe : la carte des euroscepticismes

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L'Union Jack flotte devant la Commission européenne
L'Union Jack flotte devant la Commission européenne
© Reuters - Francois Lenoir

Carte. Le 23 juin, le Royaume-Uni ne fera peut-être plus partie de l'Union européenne. Un centre de recherche américain vient de mesurer l'euroscepticisme dans les pays de l'Union, et d'en évaluer les raisons. Constat et analyse d'une montée en puissance, en cartes et graphiques.

Les Britanniques ne sont pas les seuls à douter de l'Europe

Le centre de recherche américain " Pew Research Center" a mené une enquête statistique auprès de 10 pays européens, soit 10 491 de personnes interrogées entre le 4 avril et le 12 mai 2016. En voici les principaux résultats. Circulez dans la carte, survolez les pays pour obtenir des précisions relatives aux taux d'opinions très défavorables et défavorables vis-à-vis de l'Europe :

Source : Pew Research Center, " Euroskepticism Beyond Brexit", 2016

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A écouter : " Royaume-Uni. Et si Londres quittait l’Union européenne ?", Les Enjeux internationaux

En France, deux fois plus d'opinions défavorables envers l'Europe en 12 ans

Une opinion défavorable de l'UE renforcée par la crise des migrants et réfugiés

La montée récente des opinions défavorables envers l'Europe est peut être corrélée au **désaveu général en Europe de la façon dont Bruxelles gère la crise des réfugiés et migrants ** - Grèce en tête, avec 94% d'opinions défavorables relatives à la gestion de cet enjeu au niveau communautaire. Circulez dans la carte, survolez ou cliquez sur les pays pour obtenir des précisions quant aux parts d'opinions défavorables dans chaque pays :

Les eurosceptiques : de gauche en Espagne, de droite au Royaume-Uni

L' opinion défavorable envers l'Union européenne recouvre les clivages partisans (droite ou gauche), mais pas de façon unanime en Europe :

  • Les eurosceptiques sont plus à droite au Royaume-Uni, en Italie, aux Pays-Bas_. _
  • Ils sont en revanche plus nombreux à se situer à gauche en Suède ou en Espagne.
  • Ces divergences idéologiques renvoient aux prises de position des partis eurosceptiques en Europe : UKIP au Royaume-Uni, Front national en France, et a contrario Podemos en Espagne.
  • Mais ce n'est pas le cas partout : le parti eurosceptique de droite polonais PiS voit 67% de ses électeurs rester favorables à l'Union européenne, comme le sont 58% des partisans du mouvement cinq étoiles italien.

Malgré ce constat d'une progression globale de l'euroscepticisme, 70% d'Européens en moyenne (résidant dans les pays concernés par l'enquête sauf le Royaume-Uni), considère qu'un Brexit serait une mauvaise chose pour l'Europe (contre 16% selon lesquels ce serait une bonne chose). Cette contradiction n'est qu'apparente : l'étude du Pew Research Center tend à assimiler euroscepticisme et vision critique vis-à-vis de l'Europe. Or on peut être un Européen convaincu, et nuancer son jugement vis-à-vis de la gestion communautaire de certains enjeux, comme l'accueil des réfugiés et migrants, ou la gouvernance économique.

A lire : " Brexit 1 : l'Economie vote contre", Le billet économique