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"Chagall, Modigliani, Soutine… Paris pour école, 1905-1940" au musée d'Art et d'Histoire du Judaïsme

Du 17 juin au 31 octobre 2021
Exposition "Chagall, Modigliani, Soutine… Paris pour école, 1905-1940"
Exposition "Chagall, Modigliani, Soutine… Paris pour école, 1905-1940"

L'École de Paris désigne la scène artistique constituée par des artistes étrangers provenant de toute l’Europe, mais aussi d’Amérique, d’Asie et d’Afrique. Ce cosmopolitisme est sans précédent dans l’histoire de l’art.

« Peut-on considérer comme indésirable l’artiste pour qui Paris est la Terre promise, la terre bénie des peintres et des sculpteurs ? » C’est ainsi que le critique d’art André Warnod (1885-1960) défendait en 1925 les artistes, marginalisés parce qu’étrangers, au sein du salon des Indépendants.

De cette critique de la xénophobie du milieu de l’art parisien est née l’appellation « École de Paris ». Depuis, la formule désigne paradoxalement la scène constituée dès le début du XXe siècle et jusqu’à la Seconde Guerre mondiale par des artistes venus de toute l’Europe, mais aussi d’Amérique, d’Asie et d’Afrique. Ce cosmopolitisme, qui agite les cafés de Montparnasse et anime les ateliers de la Ruche ou de la cité Falguière, est sans précédent dans l’histoire de l’art.

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Parmi ces hommes et ces femmes, nombreux sont les juifs, issus des métropoles européennes, mais aussi des bourgades juives de l’Empire russe, venus renforcer les rangs des académies de la capitale. Tous sont en quête d’émancipation politique, sociale, religieuse... L’accès aux disciplines artistiques étant souvent limité dans leurs pays d’origine, ils espèrent à Paris se confronter à la modernité et devenir en toute liberté des créateurs à part entière.

Certains sont aujourd’hui célèbres comme Marc Chagall, Chaïm Soutine ou Amedeo Modigliani, d’autres sont moins notoires comme Michel Kikoïne, Jules Pascin, Jacques Lipchitz, Louis Marcoussis, Chana Orloff, Moïse Kisling, Ossip Zadkine, d’autres enfin sont largement oubliés comme Walter Bondy, Henri Epstein, Adolphe Feder, Alice Halicka, Henri Hayden, Léon Indenbaum, Georges Kars, Léopold Lévy, Mela Muter, Simon Mondzain ou Léon Weissberg.

 Chaïm Soutine, La Jeune Anglaise, vers 1934 Huile sur toile Musée de l’Orangerie © RMN-Grand Palais (musée de l'Orangerie) / Hervé Lewandowski
Chaïm Soutine, La Jeune Anglaise, vers 1934 Huile sur toile Musée de l’Orangerie © RMN-Grand Palais (musée de l'Orangerie) / Hervé Lewandowski
14. Chana Orloff, 1916 © Archives Chana Orloff
14. Chana Orloff, 1916 © Archives Chana Orloff
Sonia Delaunay, Philomène,1907 Huile sur toile Centre Pompidou, MNAM-CCI© Pracusa S.A.
Sonia Delaunay, Philomène,1907 Huile sur toile Centre Pompidou, MNAM-CCI© Pracusa S.A.

C’est à cette génération d’artistes arrivés entre 1904 et 1914 et à leurs destins que le musée d’art et d’histoire du Judaïsme consacre une exposition. Elle retracera les raisons de leur installation à Paris, les liens particuliers qui les unissent, le cadre historique et politique de leur œuvre et, bien sûr, leur participation à une scène artistique dans ce qui est alors la capitale de l’art moderne.

À travers plus de 130 œuvres et de nombreux documents inédits, l’exposition « Paris pour école » entend renouveler le regard sur cette génération d’artistes juifs arrivés à Paris entre 1900 et 1914. Leur soudaine apparition, dans un monde où critiques et marchands d’origine juive étaient déjà nombreux, a pu faire croire à l’existence d’une « École juive », et a suscité un antisémitisme virulent dans les années 1920. Mais au-delà d’un même désir de s’affranchir des cadres de la vie juive, de maîtriser leur art et de gagner une certaine reconnaissance, tous se retrouvent dans un refus des systèmes et la volonté de mener l’itinéraire singulier que leur récent statut autorise enfin. Ces personnalités d’exception ne sont en réalité d’aucune « École », mais sont liées par une histoire commune, par un idéal et, pour certaines, par un destin tragique.

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