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Exposition Sammy Baloji aux Beaux-Arts de Paris

Du 10 juin au 18 juillet 2021
Exposition Sammy Baloji
Exposition Sammy Baloji

Figure majeure de l'art contemporain, Sammy Baloji présente sa première exposition personnelle dans une institution parisienne, invité par le Festival d’Automne à Paris et les Beaux-Arts de Paris, dans le cadre de la Saison Africa 2020.

L’exposition met en relation des œuvres repérées à l’issue d’investigations récentes sur l’empire Kongo et d’autres objets qui ont transité entre pays du « Sud » et pays du « Nord » comme les célèbres « Tentures des Indes ».

Résident de la Villa Médicis à Rome en 2019, Sammy Baloji expose ici les résultats des recherches qu’il a poursuivies sur les échanges  politiques, religieux et commerciaux qui se sont établis entre le royaume Kongo, le Portugal et le Vatican dès le XVIe siècle.

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Un ensemble de dessins et une série de transferts sur plaques de cuivre ont été produits à partir du détail de la trame géométrique de  tissages Kongo en fibre de raphia, emblèmes de prestige social. Sammy Baloji s'est particulièrement intéressé au parcours patrimonial de ces  objets : initialement intégrés aux collections des cabinets de curiosité dans les premiers musées romains de la Renaissance, ils ont été  transférés au XIXe siècle dans des musées d'ethnographie. Sous la forme d’un groupe de panneaux en bois gravés et peints, il revient par ailleurs sur l’usage de ces mêmes motifs par le musée colonial de Tervuren - fondé à la toute fin du XIXe siècle à proximité de Bruxelles - où ils servaient d’éléments de décor au sein d’une architecture art nouveau.

Par ailleurs, les Tentures des Indes, tissées dès la fin du XVIIe  siècle par la Manufacture Royale des Gobelins, ont pour modèles les œuvres de deux peintres ayant vécu dans les Indes de l’Ouest au temps de la colonisation hollandaise du Nord-Est du Brésil. Elles décrivent des  paysages exotiques où sont représentés, au milieu d'une faune abondante, le quotidien des Indiens et des esclaves noirs ou encore des événements diplomatiques locaux.

Qu’elles soient de la main de l’artiste ou simplement empruntées, ces œuvres témoignent de la complexité d’une histoire d’échanges, de  transactions et d’exploitation. Elles donnent à voir les effets contextuels et institutionnels d’un récit écrit par l’Europe et qui les a tour à tour traitées en outils de diplomatie, œuvres d’art, artefacts ethnographiques ou simples éléments de décor.

Ce projet est le résultat d'un travail collectif auquel ont participé : 

Lucrezia Cippitelli, historienne de l'art, pour les recherches documentaires sur les collections italiennes.
Anne Lafont, historienne de l'art, auteur d'un essai sur la contextualisation de ces tapisseries.
Jean-Christophe Lanquetin, scénographe, pour un travail de recherche et de développement autour de la mise en scène de l'exposition.
Yannick Luzuaki, peintre, pour l'interprétation des tissus Kongo sur toiles.

L'émission LE RÉVEIL CULTUREL parle de l'exposition : Comment la pandémie redéfinit les rôles des musées et des galeries d'art