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Séance d’écoute en avant-première à l’Ircam : Solaris, une fiction France Culture-réalisation Christophe Hocké

Le vendredi 13 janvier 2023
photogramme du film Solaris d’Andreï Tarkovski
photogramme du film Solaris d’Andreï Tarkovski

Découvrez la nouvelle fiction de France Culture dans le cadre de la manifestation, L'Ircam en Fête du 12 au 17 janvier. Une séance d’écoute suivie d'une rencontre avec le réalisateur Christophe Hocké.

Vendredi 13 janvier de 20h30 à 22h30 - Salle Stravinsky à l'Ircam Séance d'écoute en avant-première dans le cadre de la manifestation, L'Ircam en Fête
Suivie d'une rencontre avec le réalisateur Christophe Hocké

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« Format atypique, changeant et poétique, la fiction « Solaris » est à écouter comme un chant tout autant qu’une poignante histoire d’amour. »
Le psychologue Kris Kelvin est envoyé sur la station en orbite autour de la mystérieuse planète Solaris. Au contact de l’Océan vivant qui recouvre la planète, les humains sont soumis à d’étranges phénomènes : délires, hallucinations, suicides. Très peu de temps après son arrivée, Kelvin se réveille aux côtés de son épouse, morte pourtant dix ans plus tôt…
Cette nouvelle adaptation pour France Culture laisse une grande place au travail sonore, associé à la musique et aux voix.

SOLARIS d'après le scénario d'Andreï Tarkovski et le roman de Stanislas Lem

> à écouter ici <
Réalisation : Christophe Hocké
Adaptation : Camille Azaïs
Musique originale : Nicolas Worms
Design sonore : Christophe Hocké et Djaïsan Taouss
Bruitages : Sophie Bissantz 
Avec Audrey Bonnet : Harey
Vladislav Galard : Chris Kelvin
Clément Bresson : Snaut
Adama Diop : Sartorius
Daniel Kenigsberg : Le père
et Andréa Brusque
avec le Chœur accentus, Laurence Equilbey Directrice artistique et musicale,
Cheffe de chœur Guillemette Daboval
Chef de chant : Benjamin Laurent
Chanteurs : Marie Picaut, Emilie Husson, Mathieu Montagne, Alexandre Jamar, Marion Vergez-Pascal, Saskia Salembier, Pierre Corbel, Matthieu Heim
Assistant à la réalisation : Pablo Valero
Prise de son, montage et mixage : Djaïsan Taouss et Etienne Colin

Solaris, sorti en 1972, est le troisième film du réalisateur Andreï Tarkovski : il fait suite à Andréï Roublev, long-métrage qui avait acquis à son réalisateur une première reconnaissance internationale. Le psychologue Kris Kelvin, interprété par Donatas Banionis, est envoyé sur la station en orbite autour de la mystérieuse planète Solaris. Là, au contact de l’Océan vivant qui recouvre la planète, les humains sont soumis à d’étranges phénomènes : délires, hallucinations, suicides. Très peu de temps après son arrivée, Kelvin se réveille aux côtés de son épouse Harey, morte dix ans plus tôt. Tarkovski emmène cette situation, qu’il emprunte au roman Solaris de l’auteur de science-fiction polonais Stanislas Lem, dans toutes ses dimensions philosophiques et spirituelles. Le retour de Harey d’entre les morts est une manière pour Tarkovski de matérialiser l’idée selon laquelle le temps est réversible, ou « en tout cas, qu’il ne se déroule pas en ligne droite ». Kris Kelvin, au prix d’une suspension de son esprit scientifique et rationnel, parvient à accepter son passé, à retrouver ses souvenirs et à vivre avec eux, comme si le temps était aboli.
Solaris remporte le grand prix du festival de Cannes en 1972 et est nommé pour la Palme d’or. Il est bientôt suivi par le chef d’œuvre Stalker, dans lequel Tarkovski développe une partie des thèmes abordés dans Solaris.

Adaptation et réalisation
Nous ne sommes pas les premiers à proposer une réinterprétation de Solaris, ce chef-d’œuvre de Tarkovski. Peut-être parce que l’histoire de Kris et Harey a été élevée par le cinéaste au rang de mythe universel : l’histoire d’un être hanté par la mort d’une personne aimée, et qui semble avoir emporté avec elle dans la mort toute la capacité sensible de Kris, aux autres, à la nature, à lui-même.
À la radio, le travail sonore, associé à la musique et aux voix, permet de faire naître une matière onirique, de sonder les souvenirs, d’évoluer librement dans l’inconscient - comme le fait magistralement Tarkovski dans ses films. Notre adaptation part du désir de Tarkovski d’épurer à l’extrême la trame narrative de Solaris pour en faire un poème. Pour France Culture, nous ne conservons que quelques scènes portées par une distribution minimale, et nous laissons une grande place à la matière sonore. Dès l’origine du projet, il a semblé évident à Christophe Hocké que l’Océan était un des personnages principaux de l’histoire, et devait « prendre corps ». Incarné par huit choristes, cet être mystérieux qui sait faire renaître des fantômes se mue ici en un ensemble de voix spectrales sur des fragments de textes empruntés à Stanislas Lem.
Notre fiction Solaris est ainsi un format atypique, changeant et poétique, à écouter comme un chant tout autant qu’une poignante histoire d’amour. Camille Azaïs et Christophe Hocké

La musique
Il a été passionnant de transformer avec Christophe Hocké ce long poème métaphysique en une sorte de symphonie synthétique avec chœurs, ou encore d’oratorio spatial. La composition fait intervenir deux masses sonores qui s’accompagnent et se complètent : d’une part, un « orchestre » composé de divers claviers électriques, synthétiseurs, effets, samples, enregistrés en studio et superposés les uns aux autres, avec tout ce que permettent les techniques de composition assistée par ordinateur. D’autre part, un ensemble de huit chanteurs et chanteuses lyriques solistes, sans hiérarchie ni distinction autre que la tessiture, prenant en charge le rôle de l’Océan de la planète Solaris.
L’écriture du chœur cherche à reconstituer l’image très présente dans Solaris des connexions invisibles entre les êtres que l’on a connus, dispersés dans le magma du cerveau humain, dont une figure se détache de temps à autre mais dont la netteté, la présence, n’est jamais complètement assurée. J’ai voulu composer une musique qui ne soit pas intacte, car les personnages du film et du roman de Stanislas Lem ne le sont pas. Les textures sonores vocales que nous avons cherchées, avec la cheffe de chœur Guillemette Daboval et les artistes du chœur Accentus, sont donc plus proches du flou, de la texture, que de la netteté et du tranchant, comme si leurs voix venaient du fond de l’inconscient, ou d’un futur à peine pressenti.
Les voix humaines et les oscillateurs se rejoignent ainsi dans un souffle musical que j’ai également voulu profondément expressif et épique, rappelant le mouvement de l’Océan et de la Psyché, insaisissable, douloureux et magnétique. Nicolas Worms

Andreï Tarkovski, fils du poète Arséni Tarkovski, est né le 4 avril 1932 à Zavraje en URSS.
Sa première œuvre, L'Enfance d'Ivan, reçoit le Lion d’or en 1962 au Festival de Venise. Il tourne ensuite Andreï Roublev, achevé en 1966 mais projeté seulement cinq ans plus tard, après de très longues péripéties avec la censure soviétique. Pendant le tournage de ce film, il rencontre l’actrice Larissa Pavlovna Igorkina, qu’il épouse en secondes noces et avec laquelle il aura un fils en 1970, Andreï. Il recommence ensuite à tourner et réalise, avec des difficultés de plus en plus grandes, Solaris en 1972, Le Miroir en 1974 et Stalker en 1979. En Italie, il tourne Temps de voyage et Nostalghia en 1983, qui reçoit un prix au Festival de Cannes.
Sa dernière œuvre est le film Sacrifice, tourné en Suède pendant l’été 1985 et monté pendant la maladie subite qui l’assaille peu après. Au cours de la dernière année de sa vie, il parvient à achever le livre Le Temps scellé. Il meurt à Paris le 29 décembre en 1986.

Christophe Hocké met en scène des projets mêlant théâtre, documentaire et musique. Il est réalisateur de fictions radiophoniques à Radio France depuis 2015.
Son travail à la radio se concentre essentiellement sur la création de fictions musicales où la musique est un élément constitutif de la narration.
Il propose et expérimente différentes formes avec des ensembles et des styles musicaux variés.
Il a réalisé plusieurs concerts-fictions en public pour France Culture avec l’Orchestre Philharmonique de Radio France : Le Dernier Livre de la jungle de Yann Apperry, Ça va ! Poèmes d’Octobre de Vladimir Maïakovski, Apollinaire - Poèmes de la paix et de la guerre, La Fontaine - Fables. Et avec l’Orchestre National de France : Peter Pan ou le garçon qui ne grandissait pas.
Il a également réalisé notamment Tram 83 de Fiston Muanza Mujila avec Adama Diop et le compositeur et musicien Mocke, Michael Jackson - Man in the mirror de Camille Azaïs, série musicale diffusée en direct, La Métamorphose de Franz Kafka avec Micha Lescot et le groupe Syd Matters.

Camille Azaïs, née en 1984, est auteure et critique d’art. Ancienne élève de l’Ecole normale supérieure de Lyon, elle écrit sur l’art contemporain pour des revues spécialisées, des catalogues, des institutions. Elle est également l'auteure en 2019 du feuilleton The Man in the Mirror pour France Culture, réalisé par Christophe Hocké. En 2020, elle est lauréate des Encouragements de la commission pour l'Aide à la Création d'ArtCena, pour Minimal, premier texte dramatique centré sur la figure de la fondatrice d'un mouvement écologique radical. En 2022 est paru son premier livre chez Tombolo Presses, un essai fictionnel intitulé Homemakers. Elle mène également une recherche de long cours soutenue en 2022 par le Centre national des arts plastiques sur l'art contemporain en contexte rural. Les choix de vie, la radicalité, la condition des femmes face au désastre écologique sont les thèmes qui traversent son travail et sont au centre du roman Triticum, en cours d’écriture. Elle enseigne à l’Ecole supérieure d’arts et médias de Caen depuis 2019.

Nicolas Worms vit et travaille à Paris, où il est né en 1993. Formé au Conservatoire National, il reçoit depuis 2012 des commandes d’institutions comme le Théâtre du Châtelet, l’Opéra National de Paris, l’Opéra du Rhin, France Culture, et a été interprété par de nombreux orchestres symphoniques, ensembles de chambre et solistes. Dans le même temps, il collabore avec de nombreux groupes et artistes de la scène pop/rock parisienne et internationale : Moonsters, UTO, Mocke, Benjamin Clementine, Yael Naim... Il participe aux bandes originales de films de Quentin Dupieux, Christophe Honoré, Eric Judor, compose et performe au piano pour les pièces chorégraphiques de Radhouane El Meddeb et Bruno Bouché, signe la musique de plusieurs fictions radiophoniques de France Culture, ainsi que de nombreux ciné-concerts et performances.
Depuis 2016, il confie ses compositions à des interprètes d’horizons divers, rassemblés par le désir de décloisonner les styles et les pratiques musicales, et explore dès lors en liberté les intersections provoquées par son écriture. Émerge l’idée de « musique- fiction », et d’une création musicale inventant ses propres formats et modes de représentation.
Il travaille actuellement à différentes réalisations incarnant cette vision : le spectacle L’île Fantôme, la série musicale Flot, et Numin, un opéra de l’espace en collaboration avec l’artiste Eden Tinto Collins.

accentus est un chœur de chambre fondé par Laurence Equilbey il y a 30 ans, très investi dans le répertoire a cappella, la création contemporaine, l'oratorio et l'opéra. accentus se produit dans les plus grandes salles de concerts et festivals français et internationaux et collabore avec des chefs, solistes et orchestres prestigieux. Véritable référence dans l’univers de la musique vocale, accentus devient en 2018 le premier Centre national d’art vocal (Paris Île-de-France, Normandie), nommé par le Ministère de la Culture.
accentus, centre national d’art vocal Paris Île-de-France – Normandie, bénéficie du soutien de la Direction régionale des affaires culturelles d’Île-de-France, du Ministère de la culture et est subventionné par la Ville de Paris, la Région Île-de-France et la Région Normandie. Il reçoit également le soutien de la SACEM. Le chœur est en résidence à l’Opéra de Rouen Normandie. Les activités de diffusion et d'actions culturelles d'accentus dans le département bénéficient du soutien du Département des Hauts-de-Seine. La Fondation Bettencourt Schueller est son mécène principal. accio réunit individuels et entreprises autour des actions artistiques et pédagogiques initiées par Laurence Equilbey.

Solaris sera diffusé le dimanche 22 janvier à 20h sur France Culture dans Théâtre et Cie