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Face à la violence, Martin Luther King, Gandhi et Mandela opposent une politique de l’amour

Par
Nelson Mandela and the Congressional Black Caucus
Nelson Mandela and the Congressional Black Caucus
- Wikimedia Commons

Dans les grands discours et les grandes actions qui ont pour principe un refus radical de la violence, on trouve toujours, comme un fondement ultime de leur refus de la violence, l’appel à un commandement d’amour, à une loi d’amour. Qu'est-ce qui est en jeu dans cette politique de l'amour ?

Qu’est-ce qui fonde un refus inconditionnel et principiel à la violence ? D’où viennent la conviction et la force qui font que nous la condamnons ? Quelles raisons avons-nous de nous opposer à la violence, est-ce l’empathie, la pitié ?

Par politique de l’amour, ce qui m’intéresse c’est ce fondement ultime du refus de la violence. Que ce soit Martin Luther King qui publie en 1963 au plus dur de la lutte pour les Droits civiques un livre intitulé "La force d’aimer", ou Desmond Tutu, archevêque anglican qui rédige une longue introduction pour présenter les travaux de la Commission vérité et réconciliation en proposant de substituer l’amour à l’apartheid. Leur économie de la violence, sinon son refus principiel repose tout entier sur l’invocation ultime d’une loi d’amour. Comme c’était déjà le cas pour Gandhi qui est leur source d’inspiration commune. Et ne pas oublier cette citation de Martin Luther King "La race humaine doit sortir des conflits en rejetant la vengeance, l’agression et l’esprit de revanche. Le moyen d’en sortir est l’amour."

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Une conférence du cycle "Cours méthodiques et populaires" enregistrée en mars 2017.

Marc Crépon, philosophe, directeur de recherche au CNRS, directeur du département de philosophie de l'École normale supérieure.

58 min