Facebook commence à lasser les jeunes Occidentaux

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Facebook commence à lasser les jeunes Occidentaux

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Le réseau social viendrait de perdre 9 millions de ses visiteurs américains en six mois. La chute est aussi rapide en Grande Bretagne, avec 4% d’usagers en mois seulement pour le mois de mars. C’est ce que révèlent les estimations d’un cabinet d’étude britannique. Des chiffres qui traduisent une certaine lassitude, notamment parmi les plus jeunes utilisateurs. Mais Facebook est loin d’être déserté pour autant.

Marc Zuckerberg, le fondateur de l'entreprise, lors de l'annonce d'une nouvelle "suite" Facebook pour Android, début avril
Marc Zuckerberg, le fondateur de l'entreprise, lors de l'annonce d'une nouvelle "suite" Facebook pour Android, début avril
© Reuters - Robert Galbraith

Il ne s’agit pas de chiffres de trafic, mais d’estimations mensuelles destinées à l’origine aux annonceurs. Selon ces données collectées par le cabinet Social Bakers, Facebook marque donc le pas en Amérique du Nord et en Europe :

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  • le réseau a perdu en moins d’un mois 4 % de ses visiteurs aux Etats-Unis en mars, la tendance est sensiblement la même en Grande Bretagne. Sur 6 mois, la perte s’élèverait à environ 9 millions de visiteurs américains. Les chiffres sont aussi à la baisse au Canada, en Espagne ou encore en France.
  • le temps de consultation des pages Facebook baisse également: 7 minutes en moins depuis 3 mois, de 121 à 115 minutes aux Etats-Unis.

Ces chiffres tombent plutôt mal alors que l'entreprise doit annoncer mercredi ses résultats pour le premier trimestre 2013. Depuis son introduction en bourse, l'action Facebook a perdu 30% de sa valeur.

**Ecoutez les précisions données dans le journal de 12h30 de France Culture. **

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Cette tendance à la baisse en Occident rejoint les conclusions d'un sondage réalisé le mois dernier par nos confrères de Numérama: 34% des internautes français inscrits sur Facebook ont déjà envisagé de fermer leur compte, et 22% indiquent qu'ils utilisent moins Facebook qu'il y a six mois (sondage Mingle-Respondi pour Numérama ).

Inquiétude sur l'utilisation des données personnelles
Au-delà de la lassitude des plus jeunes utilisateurs, plusieurs spécialistes des réseaux sociaux expliquent aussi une part de cette désaffection par la méfiance vis à vis de l'utilisation des données personnelles. Les internautes ont vu progressivement apparaître de plus en plus de publicités dans leur "fil d'actualité", des publicités ciblées pour la plupart. Plusieurs problèmes de confidentialité ont eu aussi récemment un écho très large dans les médias. De réseau "interpersonnel", Facebook est ainsi devenu une plateforme pour les annonceurs, peut être au mépris de la confiance que lui accordaient ses usagers.

**Damien Douani est expert en médias sociaux, cofondateur de l'agence digitale " Fada". **

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Des chiffres à relativiser
Face au brouhaha médiatique suscité par l'annonce de ces tendances en berne pour Facebook, le cabinet Social Bakers a lui-même a tenu à nuancer ses chiffres hier tard dans la soirée, en rappelant qu'il ne s'agissait que d'estimations qui n’étaient pas destinées aux journalistes, mais aux annonceurs. Ce qui n’a pas empêché Facebook de réagir assez rapidement, par la voix de son directeur de la communication, Iain Mackenzie. Et c’est avec ironie qu’il s’est exprimé sur sa propre page, en faisant la liste des articles de presse prévoyant la fin du réseau social depuis des années. Certains datent d’ailleurs de 2007. De quoi relativiser...

Capture d'écran de la page Facebook de Iain Mackenzie
Capture d'écran de la page Facebook de Iain Mackenzie

Facebook est donc loin d’avoir dit son dernier mot. Il reste le deuxième site le plus consulté dans le monde derrière Google. Il gagne aussi de très nombreux visiteurs sur les marchés émergents : +6% d'utilisateurs au Brésil, +4% en Inde au mois de mars. En prenant l'exemple de la Grande-Bretagne, Social Bakers rappelle aussi que la couverture du réseau est impressionnante dans la population générale: plus d'un Britannique sur deux est inscrit sur Facebook.

Toujours selon Damien Douani , Facebook ne disparaîtra pas du jour au lendemain, d'abord parce qu'une grand part du web est dépendante de la plateforme.

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Ceux qui en profitent
Parallèlement à ce relatif déclin, d'autres applications concurrentes, basées elles aussi sur l'échange interpersonnel, connaissent un beau succès ces derniers mois. C'est le cas d' Instagram, une plateforme de partage de photos (rachetée d'ailleurs par Facebook en août 2012), mais aussi de Path. Cette dernière, qui limite les "amis" à 150 individus maximum, grignote des parts de marché grâce à son format plus intimiste. Disponible sur les smartphones, elle vient de franchir les dix millions d'utilisateurs. C'est encore un grain de sable comparé au milliard d'utilisateurs de l'entreprise de Zuckerberg, mais c'est tout de même cinq fois plus qu'il y a un an. Son fondateur, Dave Morin, est d'ailleurs un ancien de... Facebook.
L'article du Guardian consacré à l'étude de Social Bakers

Le journal britannique donne la parole à ses lecteurs: pourquoi quittez-vous Facebook pour d'autres plateformes? (en anglais)

L'article de Numérama consacré aux usages de Facebook en France

Le site spécialisé dans l'actualité numérique a publié un sondage le mois dernier selon lequel 34% des Français ont déjà envisagé de fermer leur compte Facebook.