Ferrand - Fillon : deux affaires, une même défense

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Ferrand - Fillon : deux affaires, une même défense

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© AFP - Quentin Veuillet / Serge Tenani / Citizenside

La parole est à la défense dans l'affaire Richard Ferrand. Affaire qui n'en est toujours pas une d'un point de vue juridique. Les arguments du ministre de la Cohésion des territoires rappellent ceux de François Fillon dans l'affaire Penelope Fillon. Comparaison terme à terme et analyse politique.

Le ministre de la Cohésion des territoires, Richard Ferrand, a choisi de se défendre lui-même des accusations qui se multiplient et entachent le début de quinquennat d'Emmanuel Macron. L'élu socialiste du Finistère est soupçonné d'avoir favorisé son ex-compagne dans l'acquisition d'un immeuble en 2011. Immeuble que l'ancien secrétaire général d'"En Marche !" a fait rénover et louer par les Mutuelles de Bretagne qu'il dirigeait à l'époque. Le Parisien et le Canard Enchaîné ont apporté les preuves de son implication personnelle dans la transaction.

Mais dans la foulée de ce qu'a redit le Premier ministre Edouard Philippe hier soir sur France 2, Richard Ferrand a exclu de démissionner de son poste de ministre de la Cohésion des territoires. Invité ce matin par France Inter, il a d'abord expliqué pourquoi il venait s'expliquer :

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"Je suis venu vous répondre parce que je comprends que, petit à petit, le doute a été créé. Et le doute est un poison."

6 sec

Étrangement, ce préambule en rappelle un autre. Souvenez-vous, c'était le 6 février de cette année, lors d'une conférence de presse :

"Je comprends que ces accusations troublent certains d'entre vous."

3 sec

Si vous ne l'avez pas reconnu, c'était François Fillon, quelques jours après les premières révélations du Canard Enchaîné sur son épouse Penelope.

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Un parallèle frappant

Et s'il on reprend la défense adoptée ce matin par Richard Ferrand, on peut poursuivre le parallèle. De façon même surprenante.

D'abord, à propos de faits qui se sont déroulés il y a quelques années. Voici Richard Ferrand ce matin :

"On essaye en quelque sorte de mettre en contradiction des faits et une époque avec d'autres fonctions et d'une certaine manière une autre époque."

7 sec

Et maintenant François Fillon, début février :

"Ce qui était acceptable hier, à défaut d'être accepté, ne l'est plus aujourd'hui."

5 sec

Ensuite, sur le point selon lequel ni l'un ni l'autre n'envisagent une seconde de se retirer. Richard Ferrand ce matin :

"Tout ce que j'ai fait dans ma vie professionnelle est légal, public, transparent."

5 sec

Et François Fillon au début du mois de février :

"Tous les faits évoqués sont légaux et transparents."

4 sec

De la même manière, c'est une éventuelle mise en cause judiciaire qui pourrait les amener à reconsidérer la question. Richard Ferrand ce matin :

"Je considère être au-dessus de tout soupçon. Parce que je vous rappelle que dans notre pays c'est encore la justice qui est souveraine."

10 sec

François Fillon, le 26 janvier cette fois, dans le Journal de 20 heures de TF1 :

"Il n'y a qu'une seule chose qui m'empêcherait d'être candidat, c'est si j'étais mis en examen."

4 sec

Le parallèle que l'on peut établir entre la défense adoptée par chacun est assez saillant. Ils comprennent le trouble, mais ils n'ont rien à se reprocher. Et ils s'en remettent à la justice pour trancher.

Il est assez surprenant qu'un président fraîchement élu et son gouvernement, qui, comme François Fillon lors de la primaire à droite, ont mis en avant la nécessité d'une morale et d'une éthique irréprochable en politique, et préparent même un projet de loi en la matière, laissent un de leur ministre s'enferrer dans une défense qui a conduit François Fillon dans l'impasse que l'on connaît aujourd'hui.

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