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Festival Format Court : quand le cinéma court-circuite le Covid

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Images tirées des 25 films en compétition au festival Format Court 2020
Images tirées des 25 films en compétition au festival Format Court 2020
- Format Court

Les cinémas sont toujours fermés mais Format Court a tenu à maintenir son festival de courts-métrages. Confinement oblige, cette deuxième édition se déroule exclusivement en ligne. Et avec enthousiasme !

Elle devait se tenir au Studio des Ursulines, dans le 5e arrondissement de Paris, au mois d'avril. La deuxième édition du festival Format Court se tient finalement en ligne jusqu'à dimanche. Vingt-cinq films - franco belge, suisse, italien ou japonais - en compétition dont vingt-quatre seront visibles gratuitement. La crème de la crème du court-métrage en fiction, documentaire, animation ou expérimental. Gratuits aussi les focus sur les pépites iraniennes d'Ali Asgari et Farnoosh Samadi, sur La Nouvelle Vague roumaine ou sur les oeuvres - certaines signées Buster Keaton et Alice Guy, pionnière du cinéma - restaurées par Lobster Films. 

Des réunions live avec les équipes des films ont lieu. Jurys. Palmarès. Même les internautes peuvent voter. Et avec pour marraine, Maïmouna Doucouré, réalisatrice de Mignonnes primé à Sundance et Berlin. 

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Bref, un vrai et très beau festival de cinéma qui résiste au confinement. L'organisation et les participants espèrent des internautes nombreux. En attendant, ils se réjouissent. 

La preuve avec : Katia Bayer, rédactrice en chef du magazine en ligne Format Court et fondatrice du festival; Alexis Manenti, comédien, César du Meilleur Espoir Masculin 2020 pour son rôle dans Les Misérables et membre du jury professionnel du festival;  comme Benjamin Renner, réalisateur, César du Meilleur film d'Animation à deux reprises.

"J'ai dit OUI tout de suite!"

1 min

Benjamin Renner, réalisateur : " un bol d'air frais"

La programmation du festival est très éclectique, elle s'adresse à tous les publics et j'ai trouvé ça vraiment génial (...) Cela a l'avantage de pouvoir toucher un public non averti, pas forcément cinéphile. Moi, il y a certains films qui m'ont vraiment bouleversé, j'étais en larmes devant, j'ai toujours un peu honte (rires) mais Homesick (du francais Koya Kamura, 2018) m'a vraiment beaucoup touché, c'est une narration qu'on pourrait qualifier d'un peu classique, mais d'une grande efficacité. Ça parle des conséquences de Fukushima. Il y en a d'autres avec lesquels j'ai découvert quelque chose de plus formel, une recherche artistique plus forte. C'est vraiment cet éclectisme qui peut plaire, tout le monde peut y trouver quelque chose. J'ai vraiment été épaté par la dose d'émotion que j'ai eu en pouvant profiter de tous ces films. Là, je parlais de Fukushima mais il y en a d'autres qui parlent des migrants, d'autres abordent des choses beaucoup plus intimes comme l'enfance (...) Il y en a un sur la jeunesse très luxueuse de Genève et à côté de ça on va avoir un deuil musulman. Je trouve que culturellement c'est enrichissant, artistiquement aussi (...) Et puis, ma copine et moi quand on regarde un film aujourd'hui, à chaque fois qu'on voit des gens qui s'embrassent, on se met à hurler "Covid, Covid, Covid !" et tout à coup de revoir un peu la vie... enfin, de revoir un peu des habitudes de vie qui vont certainement être un peu modifiées et de pouvoir voyager aussi... moi ça m'a vraiment fait un bol d'air frais très, très bienvenu !

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Alexis Manenti, comédien : "Le court-métrage, c'est la liberté"

On peut dire que je suis né dans un court métrage ! J'ai commencé avec le collectif Kourtrajmé (ndlr : court-métrage en verlan) et j'espère en faire toute ma carrière de comédien. Ça m'apporte une grande liberté dans le jeu parce que, souvent, on a plus de temps. C'est aussi un exercice plus libre et moins contraignant que le long-métrage (...) parce que c'est généralement la première expression d'un cinéaste, il y a plus de prises de risques quand on est moins expérimenté, peut-être qu'on se prend moins sérieux, on a moins peur de ce qu'on dit ou de ce qu'on fait, il y a moins d'enjeux on va dire, moins de responsabilité pour tout le monde donc du coup j'ai l'impression qu'il y a une énergie différente. Là, j'ai été marqué par le nombre de films qui utilisaient un nouveau système de narration avec parfois de la photo, parfois de l'animation. Les gens se cantonnent moins à faire des films d'images classiques, il y a beaucoup plus de films expérimentaux avec des choix plus osés (...) Il y a ce court-métrage qui est le témoignage d'une jeune femme, Désirée (ndlr : documentaire animé d'Eloïse Guimard) qui est très courageux et qui m'a beaucoup marqué, parce que c'est une parole libre et que ça parle de secrets de famille (...) C'est très important de maintenir ce festival parce qu'en ce moment, il y a beaucoup d'annulation. Le cinéma souffre, moins que le spectacle vivant mais beaucoup quand même et j'espère que les gens montreront de l'intérêt à ce beau festival dont la sélection est brillante. 

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Katia Bayer : "C'est une école le court-métrage"

Ce qui est bien avec le court-métrage c'est qu'avec peu de temps on peut raconter beaucoup de choses. Et puis, il y a de tout et c'est ça qui est beau. On a Les Chiens Savants d'Alice Guy qui fait 3 minutes 13 et qui date de 1902 et à coté  L'Aventure Atomique, (ndlr: 26 minutes de Loïc Barché, 2019) et ça marche ! En fait, les cinéastes font en fonction de ce qu'ils ont raconté. Et puis, ce qui est bien avec le court-métrage, c'est que l'on peut accepter qu'un film ne soit pas parfait. On peut faire des erreurs, ce sont les premiers essais. Quand on on passe au long, c'est plus compliqué, il y a des questions d'argent qui interviennent très vite, il faut un casting aussi. Du coup, vous n'avez pas seulement des réalisateurs qui débutent avec le court-métrage, vous avez aussi des producteurs, des comédiens, des techniciens. C'est une école, le court. Maintenant, le but avec le festival est d'intéresser des gens qui se disent "tiens, mais c'est quoi finalement un court-métrage ? J'en ai déjà vu sur YouTube, c'est du documentaire ?" Eh bien non ! Contrairement à cette idée reçue, ce n'est pas que du documentaire, on propose des choses très différentes. Et après ? Ce sera aux internautes de devenir spectateurs. Peut-être que quelqu'un qui verra un film de Format Court ira en salle l'année prochaine, c'est un défi aussi pour nous.  

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