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Festival international du film fantastique de Gérardmer, 21e édition

Festival de Gérardmer
Festival de Gérardmer

La 21e édition du Festival international du film fantastique de Géradmer

commence le 29 janvier... Morceaux choisis avec Grand Écart, le site des étirements cinéphiles.

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Miss Zombie , de Sabu Une cage. A l’intérieur, une jeune femme au corps scarifié et criblé de bleus. Elle s’appelle Sara. Elle est zombie. Tel est l’étrange colis que Teramoto, un docteur argenté, trouve un jour devant sa porte, accompagné d’une note d’instructions – “Ne pas lui donner de viande – peut devenir violente” –, ainsi que d’un revolver. Il décide de l’accueillir au sein de sa famille, auprès de Shizuko, sa femme, et Ken-Ichi, son fils, pour en faire leur servante docile. Quelque part entre l’animal de compagnie et l’objet sexuel, Miss Zombie essuie humiliation sur humiliation. Seuls Shizuko et Ken-Ichi semblent lui témoigner de l’empathie et lui prêter quelques attentions humaines…

Enième variation sur la thématique éculée des morts-vivants, Miss Zombie nous réjouit pourtant par avance tant la perspective narrative et esthétique retenue par le réalisateur semble originale. Après dix années passées à louvoyer entre des commandes de studio à gros budgets, le cinéaste japonais Hiroyuki Tanaka, aka Sabu, renoue avec un projet à taille humaine… Cinq jours de tournage, un noir et blanc mélancolique et une réflexion sensible autour de la précarité des liens familiaux et d’une espèce humaine dégénérée. Déjà encensé en septembre dernier dans le cadre de l’Etrange Festival, Miss Zombie pourrait être l’excellente découverte de ce Festival de Gérardmer.

Dark Touch , de Marina de Van Actrice, scénariste ou réalisatrice, avec François Ozon ou en solo, Marina de Van s’est toujours baladée à la lisière du fantastique – dans la lignée de l’approche rationaliste du cinéma de genre français, souvent peu à son aise avec les postures et les postulats qu’imposent diableries et histoires surnaturelles. Avec Dark Touch , elle ose enfin pénétrer dans les ténèbres en signant un pur film d’épouvante à vocation internationale. Tourné en Irlande avec un casting du cru, il y est question d’une famille massacrée par une maison tueuse et d’une fillette traquée et harcelée par des forces démoniaques qui ont une sainte horreur du travail inachevé. Un canevas et une facture certes classiques qui, s’ils sont maîtrisés dans les règles de l’art, offriront un shoot salutaire de terreur à l’ancienne.

Discopathe , de Renaud Gauthier Et si, contrairement à l’adage, la musique n’adoucissait pas les mœurs ? Et si détester un style musical était lié à une cause physiologique ? Le Canadien Renaud Gauthier répond à ces interrogations existentielles en retraçant l’épopée meurtrière de Duane Lewis, un jeune New-Yorkais des années 1970, viscéralement et dangereusement allergique aux sonorités d’une nouvelle musique à la mode : le disco. On se prend à espérer une mise en scène délicieusement vintage, dopée à la colombienne et bourrée de brushings à la Farah Fawcett, qui se mettrait dans les pas d’un apprenti serial-killer sévèrement fâché contre les clients du Studio 54. Tremblez, étalons moustachus à moule-b*** et dancing queens en shorts satinés ! Duane Lewis a la fièvre… et pas que le samedi soir, apparemment.

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