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Feuilletez "Mathias et la Révolution" de Leslie Kaplan avec les oreilles

La Liberté guidant le peuple  d'Eugène Delacroix. (1830)
La Liberté guidant le peuple d'Eugène Delacroix. (1830)
- Dennis Jarvis. C.C

Au gré des déambulations de Mathias dans le centre de Paris et sous fond d'insurrection dans les banlieues, Leslie Kaplan dans "Mathias et la Révolution" nous entraîne dans une effervescence de rencontres et de discussions autour de Thermidor, de l'égalité, de la consommation ou encore des hôpitaux.

>>> Retrouvez ici tous les autres romans de la collection "Feuilletez avec les oreilles"

Découvrez ou redécouvrez le roman de Leslie Kaplan paru en 2016 Mathias et la Révolution. Se déroulant sur une seule journée, un 20 mai, ce roman fait référence à la Révolution française et aussi à mai 68. C'est une journée où la parole se délie, se libère. Les personnages, de toutes classes sociales et de tous âges, se croisent dans les rues de Paris, discutent et argumentent, qui sur le temps oppressant, qui sur ce qu'est la vraie égalité, qui d'autre sur les femmes révolutionnaires ou encore sur les disparus de la dictature argentine. "On est dans un trou de l’histoire" dit à Mathias un jeune homme. Leslie Kaplan imagine alors comment faire pour sortir de ce "trou". C'est par la révolution, mais "la révolution n’a jamais lieu une fois pour toutes" explique t-elle. Ça tombe bien car Mathias est un "chercheur en Révolution" et d'ailleurs dans les rues de Paris en ce 20 mai, "on l'est tous".

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La balade sonore et littéraire commence à travers dix extraits d'émissions sélectionnées dans les archives de France Culture.

Gaspard Monge (1746-1818), Comte de Péluse. Lithographie  de H. J. Hesse.
Gaspard Monge (1746-1818), Comte de Péluse. Lithographie de H. J. Hesse.
- Wellcome Library. C.C

Inventeur et révolutionnaire

Mathias avançait dans la rue Monge et il pensait à Monge, Gaspard Monge, né en 1746, fils d’un marchand forain, à quatorze ans il inventait la pompe à incendie.

Mathias s’arrêta et leva les yeux. Le ciel se déployait toujours parfait, bleu léger, attirant. Les inventions humaines, dit Mathias, pas fort mais à voix haute. Toutes les inventions humaines.

Une vitre, inventée. Le commerce, inventé. La peinture, les couleurs, inventées. Le béton, il passait la main sur le mur, inventé. La roue, le caoutchouc, tous les moteurs – un autobus le dépassait bruyamment sans l’interrompre –, inventés, inventés.

Comment ne pas croire à la Révolution, dit Mathias, il s’adressait à un passant, pressé, qui fronça les sourcils.

(Mathias et la Révolution, p.17)

Découvrez le rôle de premier plan que Gaspard Monge a joué dans la création de l'Ecole Centrale des Travaux Publics en 1794 devenue l'année suivante l'Ecole Polytechnique. Au micro de Jacques Munier, deux historiens racontent en quoi Gaspard Monge s'est inspiré des Lumières pour fonder cette école de formation d'ingénieurs et d'enseignement des sciences. Une archive sonore de Gaston Bachelard lui rend hommage, "les mathématiciens peuvent être des réalisateurs".

Les ingénieurs de la Révolution : grandes écoles et esprit de corps dans l’émission « Le cabinet de curiosités » diffusée sur France Culture le 29/04/1999.

23 min

Boissy d'Anglas saluant la tête du député Féraud, 1er prairal An III (20 mai 1795) par Alexandre-Évariste Fragonard (1831).
Boissy d'Anglas saluant la tête du député Féraud, 1er prairal An III (20 mai 1795) par Alexandre-Évariste Fragonard (1831).
- Rama. C.C.

"Du pain et la Constitution de l’an I"

Le 20 mai 1795, c’est le 1er prairial. La réaction thermidorienne. Il y a la disette, rien à manger à Paris, le pain trop cher. Des femmes, des hommes envahissent l’Assemblée en demandant, c’est leur mot d’ordre, du pain et la Constitution de 1793. Un manifestant est tué. Des émeutiers présentent au président de l’Assemblée, Boissy d’Anglas, la tête d’un député de droite au bout d’une pique. Boissy d’Anglas se lève, retire son chapeau et le salue.

Il y aura quatre jours d’émeutes. Mais l’Assemblée utilise l’armée, menace d’affamer les faubourgs, fait des promesses qu’elle ne tiendra pas, l’insurrection est arrêtée, le peuple rend les armes, les canons.

Ensuite, c’est le Directoire, Bonaparte…

(Mathias et la Révolution, p.26)

Ecoutez le récit palpitant que propose l'historien Henri Guillemin sur la série d'événements qui a abouti aux journées sanglantes d’avril et mai 1795. Il raconte comment le peuple affamé et insurgé envahit la Convention au cri de « du pain et la Constitution de l'an I».

Récit de «L’après Thermidor : La Convention révèle sa vraie nature» par Henri Guillemin dans l’émission «Les historiens racontent» diffusée sur France Culture le 11/02/1990.

58 min

 Michèle Morgan dans son appartement parisien en 1953.
Michèle Morgan dans son appartement parisien en 1953.
© AFP - Georges Rétif de la Bretonne

Tic-tac Tic-tac...

- C’est partout et toujours mon heure, dit Anna. Et surtout pas la tienne.

- Je rêve ma montre, dit Anaïs. Je cherche ma montre, ah quelle aventure, excitante, fabuleuse, merveilleuse. Ah.

- Je suis très montre, dit Sibylle. Très très montre.

- Le monde est une montre, tout se mesure, dit Rachel.

- Le temps c’est de l’argent, dit Anna.

- Le temps ne passe pas, il se compte, dit Anaïs.

- Rien ne compte sauf ce qui se compte, dit Anna.

- Et plus vite mieux c’est, dit Sibylle. Elle ajouta : ça suffit avec les montres, ça m’angoisse. Et je déteste la Suisse.

- N’importe quoi, dit Anaïs, moi j’aime beaucoup la Suisse, c’est à Genève qu’est né Jean-Jacques Rousseau. D’ailleurs son père était horloger, et son grand-père aussi.

(Mathias et la Révolution, p.68)

Comment vivait-on sans montre ni horloge? Mehdi El Hadj et Jean-Pierre Milovanoff ont consacré des "Nuits magnétiques" à la question de la fabrique du temps. Dans ce troisième volet, on y apprend comment le temps est devenu un instrument de coercition contre les hommes.

Extrait des «Nuits magnétiques» du 08/02/1990 avec comme sujet «Les horloges : la fabrique de l’heure».

9 min

Photo prise dans le Jardin du Luxembourg le 14/08/2009.
Photo prise dans le Jardin du Luxembourg le 14/08/2009.
- Alessandro Prada via Flickr

Il regardait passer le monde

Ernest était dans le jardin du Luxembourg, maintenant il était assis devant le potager, pas loin des ruches, et il regardait le monde passer. Il avait chaud, son manteau trop épais lui pesait un peu, mais pas question de l’enlever, il se sentait protégé. De quoi ? Il se sentait protégé, voilà, du monde, du dehors, de l’extérieur, de toutes les menaces possibles, et là, en ce moment précis, des émeutes. J’ai peur mais je ne crains rien, se répétait Ernest et il se sentait enveloppé. Il n’était pas loin de la petite maison d’apiculture si jolie, avec ses briques et ses tuiles, ses frises décorées, et ça le rassurait aussi. La maison était à lui, bien sûr, mais il y avait longtemps qu’il avait décidé de la prêter aux élèves et professeurs d’apiculteurs. Il y allait régulièrement, il connaissait chaque coin et chaque recoin, il gardait les images dans sa tête et il les regardait quand il voulait, mais comme il se le répétait, pour le moment je n’ai pas besoin de tout ça, moi, d’ailleurs j’ai mon manteau, et eux, pour leurs cours, c’est pratique…

Et donc assis sur sa chaise, son transistor collé à l’oreille, il regardait passer le monde, les coureurs et les coureuses.

(Mathias et la Révolution, p.76)

Dans "Lieux de mémoire" suivez Pascale Lismonde dans une promenade d'une heure à travers le jardin du Luxembourg, son verger et l'école d'apiculture, les serres aux plantes exotiques et le théâtre de marionnettes. Où l'on croise aussi le professeur Jean Bernard et Robert Badinter, habitués du lieu.

« Lieux de mémoire » de Pascale Lismonde consacré au jardin du Luxembourg et diffusé sur France Culture le 22/07/1999.

57 min

Portrait de Gaston Monnerville, dans son bureau à la Présidence du Sénat le 30 mai 1968.
Portrait de Gaston Monnerville, dans son bureau à la Présidence du Sénat le 30 mai 1968.
© Getty - Bettmann

Un Noir à la tête du Sénat

L’académicien traversa le jardin Gaston-Monnerville et se dit, ce qu’il faisait toujours, « Gaston Monnerville, de petit-fils d’esclave à la présidence du Sénat, voilà la France », avec un intense plaisir, et même, il s’adressait mentalement à cet Américain, Monnerville aurait pu être président de la République par intérim, le premier président noir…

Tout en buvant de l’eau l’académicien continuait sa méditation, Le colonialisme, un crime ? voire un crime contre l’humanité ? quelle absurdité, quel manque de perspective, quelle confusion, il faut de même se placer du point de vue de l’Histoire, du Progrès, de la civilisation… incroyable ce que les gens peuvent être mesquins, nombrilistes…

(Mathias et la Révolution, p.84)

Gaston Monnerville fut le premier président noir du Sénat qu'il dirigea entre 1947 et 1968. Originaire de Cayenne en Guyane française, son parcours est un symbole de la réussite républicaine. Dans cette autobiophonie d'une heure, écoutez la vie de cette figure politique à la riche carrière commencée en tant que député en 1932 et qui dura jusqu'en 1983 lorsqu'il quitte le Conseil Constitutionnel.

Gaston Monnerville se raconte dans «Mémoires du siècle» , entretien diffusé sur France Culture le 11/08/1986.

56 min

Marianne par Marko 93, Saint-Denis, 2007.
Marianne par Marko 93, Saint-Denis, 2007.
- Marko 93

Tous égaux ?

Egalité, familiarité, intimité.

Egalité de quoi ? de fortune ? de jouissance ? d’opportunités ?

L’égalité des droits ? Après le 10 août 1792 la constitution de 1793 avait supprimé le suffrage censitaire, les députés étaient élus à la majorité absolue et au suffrage universel.

Mais les femmes ne votaient pas.

L’égalité, c’est être pareil ?

Pareil ?

L’égalité contre « se distinguer » ? Mais la singularité de chacun, alors ?

L’égalité, c’est partager ?

Partager quoi ?

L’égalité, forme cachée de l’envie ?

« Moi », à mes yeux, c’est toujours mieux que « toi » ?

(Mathias et la Révolution, p.92)

Jacques Munier a consacré une semaine des "Chemins de la connaissance" à la Passion de l'Egalité. L'occasion d'en écouter le deuxième volet en compagnie de Jean-Fabien Spitz, professeur de philosophie politique à l'Université Paris I.

«L’égalitarisme républicain» dans l’émission «Les chemins de la connaissance» du 20/02/2007 avec le professeur de philosophie Jean-Fabien Spitz.

29 min

Graffiti, Paris XIII.
Graffiti, Paris XIII.
- via perezartsplastiques.com

J’achète donc je suis

Et alors… et alors… il y a eu la jupe. Une jupe bleue, dans une vitrine, sur un mannequin. Tout le monde portait du bleu à ce moment-là. Un beau bleu, profond. Bleu pétrole. Moi je la regardais, la jupe, et elle s’est mise à me parler. Elle me disait, Tout le monde me porte, tu vas me porter aussi. Moi je lui disais, Mais je ne suis pas tout le monde, je suis moi, je t’emmerde.

Eh bien, elle insistait. Sans vergogne.

Si si si tu vas me porter, sinon…

Sinon quoi, je lui demandais. Sinon, tu n’existes pas. Tu n’es pas là, avec les autres, dans la vie, dans le monde. Tu disparais.

Et merde.

Je l’ai achetée.

Mais ça n’a pas suffi.

Après, elle me disait, Les chaussures, les belles chaussures.

Après, c’était les dessous. Les dentelles.

Après…

(Mathias et la Révolution, p.157)

En 1986, France Culture rediffusait un documentaire qui reçut le Prix Italia en 1971. Dans cette création radiophonique, l'auteur René Farabet fait entendre les réactions à l'inauguration d'un centre commercial en banlieue parisienne. On y apprend ainsi que "le commerce c'est la participation au mieux-être des hommes" ou encore que la galerie marchande est un "lieu privilégié de rencontres".

"Comment vous la trouvez ma salade ?" de René Farabet, un documentaire de l’Atelier de création radiophonique datant de 1970 et rediffusé sur France Culture le 31/01/1986.

57 min

Portrait de Théroigne de Méricourt attribué à Antoine Vestier (1788 ou 1789).
Portrait de Théroigne de Méricourt attribué à Antoine Vestier (1788 ou 1789).
- C.C

L’Amazone de la Révolution

Oui, ils ont raison, l’ordre, la famille, on ne peut pas s’en passer, alors là c’était trop, Dites donc, l’ordre, c’est quoi ? et la famille normale, c’est quoi ? et la place de la femme c’est à la maison ? on n’a pas fait la Révolution pour ça, vous connaissez Théroigne de Méricourt ? Je connais, je connais, il me répond, une libertine et une massacreuse, Calomnies, je lui dis, calomnies, vous savez bien que c’est faux, une fille de paysans devenue une femme entretenue, la Révolution l’a sauvée, elle a participé à la prise de la Bastille, ramené le roi de Versailles à Paris, fondé un club, on l’appelait la Belle Liégeoise, l’Amazone rouge, elle portait des pistolets et un sabre, le sabre on lui a donné après la prise de la Bastille, c’est une des premières féministes…

(Mathias et la Révolution, p.179)

Auteure de l'essai "Théroigne de Méricourt: une femme mélancolique sous la Révolution", Elisabeth Roudinesco anime un débat autour de cette femme libre dont on sait finalement peu de choses et dont l'image a été tronquée au fil du temps par beaucoup d'historiens. Il est temps en 1989, de rendre hommage à cette pionnière du féminisme qui mourut internée en 1817.

« Figures de la Révolution » d’Elisabeth Roudinesco autour de Théroigne de Méricourt avec comme invités Elisabeth Badinter, le psychanalyste Michel Plon et l’écrivain Christian Jambet. Emission diffusée le 26/11/1989 sur France Culture.

44 min

"Les folles de la Place de Mai" se réunissent le 25 mai 1978 à Buenos Aires, le jour de la fête nationale en Argentine, pour réclamer des nouvelles de leurs enfants disparus sous la dictature.
"Les folles de la Place de Mai" se réunissent le 25 mai 1978 à Buenos Aires, le jour de la fête nationale en Argentine, pour réclamer des nouvelles de leurs enfants disparus sous la dictature.
© AFP - TT News Agency

Les « folles » de la Plaza de Mayo

Pour les « démocraties occidentales » comme on dit, la violence doit rester hors de leurs frontières… le reste du monde, elles s’en foutent… « les droits de l’homme », « l’humain au centre », oui, mais où ? seulement en Europe et en Amérique du Nord ? ou ailleurs aussi ?

En Argentine c’était très difficile de résister à la dictature. Il y a eu des mouvements clandestins. Les femmes ont joué un rôle important. Les mères et grands-mères de disparus, les « folles » comme on les appelait. Elles étaient folles en effet, elles venaient toutes les semaines place de Mai à Buenos Aires et elles réclamaient leurs enfants, dans l’état où ils avaient soi-disant disparu, « tuer la mort » elles refusaient ça, elles créaient de l’air, de l’espace, elles mettaient en mouvement…

Le garçon parlait avec passion, il avait les yeux brillants et noirs, cet accent espagnol musical et glissant. Sylvie qui au début écoutait de loin eut tout d’un coup très envie de connaître l’Argentine.

(Mathias et la Révolution, p.227)

Retrouvez des témoignages de grand-mères de la Place de Mai dans cet extrait du documentaire d'Andrea Cohen diffusé en 1997 dans les "Nuits magnétiques". Entendez-les raconter leurs récits bouleversants d'enfants adoptés par des militaires pendant la dictature et les recherches incessantes des mères et maintenant des grand-mères pour les retrouver.

Les témoignages des grand-mères de la Place de Mai entendus dans le documentaire « Automne à Buenos Aires : la ville et la mémoire » diffusé le 16/10/1997 dans les Nuits magnétiques sur France Culture.

15 min

Manifestation d'infirmiers anesthésistes à Paris le 1er octobre 2010.
Manifestation d'infirmiers anesthésistes à Paris le 1er octobre 2010.
© AFP - Fred Dufour

"Le blues sous la blouse"

Tout d’un coup un infirmier vint expliquer qu’on avait supprimé le service des urgences dans d’autres hôpitaux, qu’on supprimait des postes partout, et l’équipe même au complet ne pouvait pas assurer, ils n’étaient pas suffisamment nombreux.

On allait vers des actions, on n’allait pas attendre sans rien faire que l’hôpital public soit détruit.

Il parlait fort, il avait l’air convaincu de ce qu’il disait, et en même temps, épouvanté.

Mathias s’approcha, voulut lui parler, lui poser des questions, mais il partit ailleurs à toute allure.

Mathias se rappela les banderoles posées sur l’Hôtel-Dieu, Non à la fermeture des urgences, Non au démantèlement de l’hôpital public.

Pendant une seconde, à la vitesse de la lumière, il vit défiler devant lui les progrès de la médecine, Pasteur, les vaccins, la lutte contre la tuberculose, contre la syphilis, contre la polio, contre le VIH, la découverte de la pénicilline, les antibiotiques, les avancées de la chirurgie…

(Mathias et la Révolution, p.247)

Le malaise infirmier n'est pas récent. En octobre 1987 soit un an avant le mouvement de protestation lancé par la Coordination infirmière, on pouvait entendre dans un documentaire d'Hélène Pommier et Maurice Lemoine diffusé dans les "Nuits magnétiques", des paroles d'infirmières qui laissaient entendre leur mécontentement, "le blues sous la blouse".

Extrait de "Conversations d’infirmiers 2/2" dans les "Nuits magnétiques" du 14/10/1987 sur France Culture.

6 min

Et pour continuer cette balade sonore, quelques titres musicaux à travers cette playlist inspirée par Mathias et la Révolution :

Choix des extraits littéraires et des titres musicaux : Annelise Signoret, de la Documentation de Radio France, avec la complicité de Mickaël Simon, à la discothèque.

Sélection d'archives radiophoniques : Odile Dereuddre, de la Documentation de Radio France.

Archives INA - Radio France