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"Florentin", "ami total", homme des "justes causes"... 5 visages de Mitterrand à travers sa bibliothèque

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François Mitterrand dans les années 60.
François Mitterrand dans les années 60.
© Getty - Ullstein bild

Collectionneur de belles éditions et lecteur assidu toute sa vie, François Mitterrand était proche d'écrivaines et d'écrivains. A l'occasion de la vente d'une partie de sa bibliothèque aux enchères, cinq dédicaces racontent son lien à leurs auteurs.

L’invité de l’émission “Apostrophes” le 15 septembre 1978 s’appelait François Mitterrand. C’était la deuxième fois que le Premier secrétaire du Parti socialiste venait chez Bernard Pivot, cette fois pour L'abeille et l'architecte qui venait de paraître. Pivot avait proposé une liste de quinze auteurs, parmi lesquels Mitterrand pouvait choisir d’inviter quatre écrivains en plateau. Ce soir-là, il rendra hommage à Michel Tournier, Patrick Modiano (qui en est alors à son sixième roman sorti cette semaine-là, Rue des boutiques obscures), Paul Guimard (son ami) et enfin, l’historien, Professeur au Collège de France, Emmanuel Leroy Ladurie.

François Mitterrand était un lecteur et conservera, une fois élu Président de la république, le souci d’apparaître comme tel. Venue la période de cohabitation, François Léotard, ministre de la Culture, racontera le mépris avec lequel François Mitterrand pouvait considérer ceux qui, notamment à droite, ne lisaient rien, lui qui, en Conseil des ministres, feuilletait parfois discrètement le catalogue de la librairie des Arcades glissé sous le parapheur.

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Car Mitterrand n’était pas seulement lecteur mais aussi collectionneur. On connaît maintenant son goût pour les belles éditions et les tirages de luxe. Les anecdotes sur Roger-Patrice Pelat l’accompagnant chez le gratin des libraires d’éditions de prestige, pour payer en liquide un volume convoité, circulent désormais. A la mort de François Mitterrand, en 1996, ses héritiers se trouvèrent ainsi à la tête d’une petite fortune. Une partie a été offerte à la bibliothèque de Nevers, les livres du XIXe siècle conservés par Anne Pingeot, sa compagne. Un petit millier d’autres est mis aux enchères par Gilbert Mitterrand cette semaine, chez Piasa.

Parmi ces volumes, quelques titres signés de la fine fleur des lettres réactionnaires dans l'entre-deux guerres (y compris des bréviaires atrocement antisémites), et un certain nombre d'exemplaires dédicacés. A travers cinq de ces dédicaces, redécouvrez le lien privilégié que Mitterrand entretenait avec cinq auteurs de sa bibliothèque.

François Mitterrand sur le plateau 'Apostrophes' le 15 septembre 1978 à Paris, France.
François Mitterrand sur le plateau 'Apostrophes' le 15 septembre 1978 à Paris, France.
© Getty - Alain Mingam/Gamma-Rapho

1. Gabriel Garcia Marquez et les valises sud-américaines

François Mitterrand possédait plusieurs livres de Garcia Marquez, dont la toute première édition, en français, de C_ent ans de solitude_. Le livre est sorti au Seuil treize ans plus tôt mais la dédicace date de 1981. L’année où Mitterrand accédera à l’Elysée… justement avec l’écrivain colombien à ses côtés. Gabriel Garcia Marquez, qui signe “Para François Mitterrand, de son ami, Gabriel”  était en effet de la fête le 21 mai 1981, dans la foulée de l'investiture et de la cérémonie au Panthéon. Il n’était pas le seul écrivain : on se souvient encore de la présence à dîner d’Elie Wiesel, Octavio Paz, Carlos Fuentes ou William Styron.

Dédicace de Gabriel Garcia Marquez à François Mitterrand, 1981
Dédicace de Gabriel Garcia Marquez à François Mitterrand, 1981
- Piasa

L’amitié entre Mitterrand et “Gabo” est bien antérieure à l’élection de Mitterrand. Leur première rencontre remonte à 1956, du temps où François Mitterrand était ministre de l’Intérieur de Pierre Mendès France et Garcia Marquez, à Paris pour le journal El Independiente. Plus tard, Pablo Neruda conseillera à Mitterrand de lire Garcia Marquez, et les deux hommes sympathiseront. L’ancien président bolivien Jaime Paz Zamora raconte même (dans El Pais, en 2017) que Garcia Marquez aurait fait la tournée des chefs d’Etat latino-américains, à la fin des années 1970, pour financer la campagne du candidat socialiste. Car leur relation raconte surtout les liens que le chef de file de la gauche socialiste entretenait avec les milieux intellectuels sud-américains et l'influence de Régis Debray, qui fera vivre le lien entre Mitterrand et Garcia Marquez, qu’on pouvait apercevoir, franchissant le perron de Solférino, avant l’élection de Mitterrand.

Le 21 octobre 1982, lorsque Gabriel Garcia Marquez obtiendra le prix Nobel de littérature, Mitterrand devenu Président de la République lui écrira ceci : “Je salue avec émotion l’ami personnel. Je salue avec respect le romancier qui s’est inscrit dans l’imaginaire des peuples du monde. Je salue avec fierté l’homme d’action auquel mon gouvernement a confié la présidence du conseil des peuples d’expression latine. Votre consécration réjouira tous les Français.” 

Garcia Marquez et François Mitterrand à Paris en décembre 1981.
Garcia Marquez et François Mitterrand à Paris en décembre 1981.
© AFP - Stéphane Tavoularis

Le jour où Garcia Marquez recevra son prix, Régis Debray et Danielle Mitterrand feront le voyage jusqu’à Stockholm, tandis que l’homme politique et l’écrivain resteront proches. Un jour qu’on disait de Garcia Marquez qu’il était le conseiller de l’ombre de Mitterrand sur les questions latino-américaines, l’écrivain colombien fera cette réponse : "Le président Mitterrand n'a pas besoin de conseils sur l'Amérique latine. Parfois il a besoin d'informations, alors nous parlons.» François Mitterrand le fera commandeur de la Légion d’honneur.

58 min

2. Milan Kundera, et sa patrie française

Parmi les livres mis au enchères chez Piasa, un exemplaire de L’Immortalité, que Milan Kundera envoya en personne, dédicacé, à François Mittterand. Paru en 1990, L’Immortalité est le sixième roman de l’écrivain tchèque installé en France, à Rennes. Lui aussi est lié aux premières pages du premier septennat de François Mitterrand. 

Dédicace de Milan Kundera à François Mitterrand dans "L'Immortalité"
Dédicace de Milan Kundera à François Mitterrand dans "L'Immortalité"
- Piasa

En juillet 1981, moins de deux mois après son élection à la Présidence de la République, Mitterrand accordera en effet la nationalité à Milan Kundera, en exil depuis 1975. Julio Cortazar sera naturalisé le même jour que Kundera. Le jour de la réception sous les ors de la République et à côté de la veste rose layette de Jack Lang, les yeux au plafond doré, l’écrivain qui détestait l’idée “d’Europe de l’Est” et se disait “cosmopolite” et “mitteleuropäisch” (littéralement : "de l'Europe du milieu"), dira : “La France était toujours pour moi… disons… ma deuxième patrie : ma patrie spirituelle. Si elle est devenue aujourd’hui ma première patrie, je suis vraiment très heureux.”

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Milan Kundera est déjà un écrivain reconnu lorsque François Mitterrand le rencontre : en 1973, il a reçu le Prix Médicis étranger pour La Vie est ailleurs. Trois ans après que Kundera lui envoie son exemplaire dédicacé, Mitterrand citera l’écrivain franco-tchèque lors d’un voyage à l’Est. C’était le 21 septembre 1993, à Gdansk, en Pologne, où Mitterrand dira ceci :  

Milan Kundera, cet autre Européen, ouvre un de ses beaux textes par ces mots : "En 1956, au mois de septembre, le directeur de l'agence de presse de Hongrie, quelques minutes avant que son bureau fût écrasé par l'artillerie, envoya par télex, dans le monde entier, un message désespéré sur l'offensive soviétique, déclenchée le matin contre Budapest. La dépêche s'achevait ainsi : "Nous mourrons pour la Hongrie et pour l'Europe". J'ai lu cela dans Kundera mais moi, j'ai entendu ces mots.

3. Marguerite Duras, de la Résistance au mitterrandisme

“Toujours avec la même amitié totale, pareille, vous le savez”, avait inscrit Marguerite Duras en juin 1991 sur l’exemplaire de L’Amant de la Chine du Nord qu’elle envoyait au couple Mitterrand. François et Danielle sont mentionnés sous la plume de Duras, qui a connu François Mitterrand durant la guerre, en 1943. A cette époque-là, il est “Morland”. Ensemble, il participeront au même réseau de Résistance et se croiseront rue Dupin aux côtés de Robert Antelme, le mari de Duras, de Dionys Mascolo et d’autres. Et c’est François Mitterrand qui retrouvera Antelme, à Dachau. 

Dédicace de Marguerite Duras à Danielle et François Mitterrand, 1991
Dédicace de Marguerite Duras à Danielle et François Mitterrand, 1991
- Piasa

Duras prendra sa carte au Parti communiste à la Libération, et ses relations avec François Mitterrand s’émousseront. Mais ils ne se fâcheront pas. Une fois Mitterrand élu, en 1981, Marguerite Duras s’inscrira parmi les personnalités du monde de la culture qui soutiennent explicitement le Président socialiste. D’elle-même, l’écrivaine ne dira cependant pas qu’elle est “socialiste” mais bien plus volontiers “mitterrandienne”.

Dix ans après la mort de l’écrivain, France Culture diffusera dans “Radio libre” un document exceptionnel : une conversation à bâtons rompus entre Duras et Mitterrand, qui avait eu lieu dix autres années plus tôt, à cheval entre 1985 et 1986, sous la houlette de Michel Butel. Ces échanges étaient parus dans L’Autre journal, qu’il diffusait, mais écouter l’écrivaine et le politique deviser avec ironie et détachement rouvre une page d’histoire d’un siècle qui se terminait - et sans doute aussi une page d’histoire de la gauche en France :

Dialogue Marguerite Duras / François Mitterrand présenté par Michel Butel

56 min

François Mitterrand à son bureau de Chateau-Chinon, en1974.
François Mitterrand à son bureau de Chateau-Chinon, en1974.
© Getty - Jean-Claude Francolon (Gamma/Rapho)

4. Albert Camus malgré l'affaire Iveton et la guillotine

Camus aussi fait référence à la Résistance lorsqu’il adresse Les Justes à France Mitterrand “entre l’année 1954 et 1955”, estime Piasa. Sur cet exemplaire, Camus a rayé le titre pour inscrire : "A Monsieur le Ministre de l'Intérieur, en souvenir d'une JUSTE cause, et avec l'hommage déférent d'Albert Camus." A l’époque, Mitterrand était membre du gouvernement de Pierre Mendès France et la guerre d’Algérie éclatait tout juste.

Dédicace d'Albert Camus à François Mitterrand, 1954/1955.
Dédicace d'Albert Camus à François Mitterrand, 1954/1955.
- Piasa

Camus aurait-il pu envoyer la même dédicace à François Mitterrand seulement six ou sept ans plus tard ? En 1954, les deux hommes n’étaient pas intimes. Mais on apprendra plus tard, une fois achevée la Guerre d’Algérie, que Camus avait tenté, en vain, de plaider la cause du seul condamné à mort français liquidé pour son soutien au FLN et à la cause de l’indépendance algérienne : le Français Iveton (souvent mal orthographié, avec un Y).

Iveton sera guillotiné le 11 février 1957, sur le sol algérien, dans la cour de la prison Barberousse d’Alger. Militant communiste, il s’était chargé d’abandonner une bombe dans un appentis de son usine de gaz, en novembre 1956. La bombe était prévue pour ne faire que des dégâts matériels et Iveton avait été confondu. Les autorités s’étaient affichées inflexibles. Pas la moindre instruction de l’affaire et un procès bâclé en dix jours devant un tribunal militaire présidé par un magistrat volontaire : au terme de deux jours d’audience ponctués tant par les hurlements de haine des badauds que par un grand silence des cadres du parti communiste.

Le PCF, qui alors n’avait pas renoncé à l’Algérie française, n’avait pas levé le petit doigt pour défendre l’un des siens et Iveton était mort à 31 ans. Soixante ans plus tard, le journal L'Humanité y reviendra en écrivant ceci (sous la plume de l'historien Alain Ruscio) : "Aucune campagne de défense d’Iveton n’est menée. Bien plus, la direction du PCF, dans un premier temps, interdit à l’avocat communiste Gaston Amblard de défendre Iveton. L’Humanité choisit durant deux semaines le silence [...] La peine de mort est prononcée le 25 [novembre], soit onze jours après les faits. Alertés par l’importance de l’affaire, les communistes français changent alors d’attitude. L’Humanité proteste contre le verdict et demande la grâce du condamné."

Jusqu'au bout, les soutiens publics à Iveton se révéleront modestes de son vivant,, (re)découvre-t-on à la lecture de De nos frères blessés, le très beau récit aiguisé que fit récemment Joseph Andras de cette affaire (chez Actes Sud). Pas de quoi, en tout cas, infléchir l’exécutif. Quand Iveton tombera sous la guillotine, le ministre de la Justice s’appelait François Mitterrand. C'est lui qui a refusé d'intercédé en faveur du seul condamné à mort à n'avoir pourtant fait aucune victime.

Quelques mois plus tard, on découvrira qu’au moment-même où Iveton était condamné à mort, Albert Camus était en train d’écrire un texte contre la peine de mort. Cet essai intitulé Réflexions sur la guillotine sera publié dans La Nouvelle Revue française en juin/juillet 1957. Paru seulement une poignée de semaines après la mort d’Iveton, le texte de Camus n’est pas complètement explicite. Celui qui se verra attribuer le Nobel de littérature à la fin de cette même année mentionne bien le cas Iveton, mais sans donner son nom et un peu à bas bruit : “Mais il est trop tard et il ne reste plus qu’à se repentir ou à oublier. Bien entendu, on oublie. La société, cependant, n’en est pas moins atteinte. Le crime impuni, selon les Grecs, infectait la cité.” 

5 min

Cet essai contre la peine de mort sera republié, la même année, sous forme d’un petit recueil, aux côtés de deux autres textes sur la peine capitale, signés Arthur Koestler et Jean Bloch - Michel. Aucun exemplaire dédicacé de l’essai ne figure au catalogue Mitterrand mis en vente chez Piasa. Ironie de l’histoire, Gallimard, l’éditeur de Camus, ressortira bien plus tard (en 2011) une sélection de textes de Camus sur la peine de mort, publiés sous forme de “Hors série littérature”. Et c’est à Robert Badinter, le ministre de la Justice de François Mitterrand et l’homme de l’abolition de la peine de mort, que l’éditeur confiera la préface. 

5. François Mauriac, celui qui inventa "Mitterrand le Florentin"

De François Mauriac, le Premier secrétaire du PS avait dit un jour qu'il était un ”écrivain régional”. Mauriac n’avait pas apprécié, même si Mitterrand a longtemps affirmé qu’il avait pour le journaliste du Figaro, proche du Général de Gaulle, un grand respect. En 1974, alors que Mauriac était mort quatre ans plus tôt, juste après avoir enterré le Général à Colombey, le Premier secrétaire du PS disait : "Il n’est pas allé jusqu’au bout de ses révoltes. Mais il a eu l’intelligence assez claire et le courage assez grand pour dire dans de grandes circonstances. Donc on ne peut pas dire que François Mauriac était un homme de gauche ; on peut dire qu’il a eu des réactions d’homme de gauche lorsqu’il le fallait.”

On trouve au catalogue de la bibliothèque Mitterrand une trace de ce bras de fer pas si féroce auquel les deux hommes se livraient : en 1964, François Mauriac avait fait envoyer à François Mitterrand un exemplaire de son De Gaulle. Le livre était dédicacé avec une pointe de malice : “A François Mitterrand, qui ne sera pas d'accord, bien sûr !" Cette année-là, François Mitterrand publiait justement, chez Plon, ce qui restera comme sa plus virulente charge contre le régime de la Ve République, et le gaullisme institutionnel : Le Coup d’Etat permanent, qui achèvera de hisser Mitterrand au rang d’opposant en chef au Général. Mauriac, lui, était resté proche de De Gaulle, et fervent admirateur.

Dédicace de François Mauriac à François Mitterrand, 1964.
Dédicace de François Mauriac à François Mitterrand, 1964.
- Piasa

Les deux hommes se connaissaient bien. Ils s’étaient rencontrés au milieu des années 30, alors que chacun était encore étudiant, à Paris. Tandis que Mauriac tenait un bloc-note incisif dans Le Figaro, les deux hommes auront souvent affaire l’un à l’autre. C’est ainsi François Mauriac qui, le premier, inventera pour Mitterrand le surnom de “Florentin”. La référence tirait bien sûr vers Machiavel, et Mitterrand s’en expliquera en 1975 à Bernard Pivot (toujours à "Apostrophes"), racontant ce projet de livre sur les Médicis, au sujet duquel il procrastinait :

Laurent de Médicis, c’est une idée qui m’a, comme ça, que j’ai eue après de nombreux séjours à Florence dans des conditions que je rapporte comme ça au détour d’une page ; et je me suis pris de goût pour Laurent de Médicis. Ça m’a valu des ennuis, car une série de journalistes un peu superficiels, qu’ai-je dit, à commencer par François Mauriac qui n’était pas superficiel, ont tiré de là je ne sais quelle comparaison à Florentin, tout le monde sait qu’en politique Florentin, on pense à Machiavel, c’est quelqu’un de trop malin ; bien qu’à mon avis, j’ai beaucoup combattu et affronté le Général de Gaulle et le Machiavel des deux c’était lui. Mais enfin, c’est comme ça, ça m’a valu une certaine réputation dont je reste au fond assez honoré ; car je me suis beaucoup intéressé à cette grande période qui est la deuxième moitié du XVe siècle en Toscane et j’ai voulu écrire un livre sur cette période autour de ce personnage, Laurent de Médicis. Et comme je ne suis pas un historien de profession, je n’ai pas su me limiter et je me suis très vite retrouvé à partir de Laurent de Médicis un peu plus loin à Naples. Là-dessus, j’ai découvert l’Aragon, ensuite c’était la guerre des Deux-Roses. Je me suis cogné à Podiebrad en Bohême, j’ai filé sur Skanderberg en Albanie, bref, j’en suis là. De telle sorte que Laurent de Médicis attendra en effet l’heure de ma retraite.

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