François Hollande pris dans l'affaire Arif

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François Hollande pris dans l'affaire Arif

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Au centre d’une enquête pour favoritisme en Midi-Pyrénées, l’entreprise d’un frère de Kader Arif a reçu 700.000 euros de la part du candidat François Hollande en 2011 et 2012. Révélations de Mediapart.

Kader Arif
Kader Arif
© Radio France - Nathalie Lopes

Lors de la campagne pour la primaire socialiste de 2011, puis à l’occasion de la campagne présidentielle de 2012, François Hollande a eu recours aux services de l’entreprise AWF Music, dirigée par un proche de l’ancien ministre Kader Arif. Ce dernier a démissionné du ministère des anciens combattants après la découverte d’un contrat de media training passé entre lui-même et la société de ses neveux.

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Les prestations (organisations de meetings) ont donné lieu au versement de 700.000 euros selon des révélations de Mediapart.

En quelques jours, François Hollande a été rattrapé par une affaire qui au départ ne le concernait pas.

Une affaire partie de la région Midi-Pyrénées, où une enquête pour favoritisme est en cours. La justice cherche à savoir dans quelles conditions deux entreprises, spécialisées dans la production de spectacles et la sonorisation et appartenant au frère et aux neveux de Kader Arif, on bénéficié de plus de deux millions d’euros de contrats avec la collectivité territoriale.

Dans le cadre de cette affaire, une perquisition a été menée le 6 novembre dernier dans les bureaux de Kader Arif , alors secrétaire d’Etat aux anciens combattants.

Selon le Point, les enquêteurs ont découvert une facture de 50.000 euros pour diverses prestations, dont une de media training au profit de Kader Arif, assurées par des entreprises gérées par le frère et les neveux de… Kader Arif.

Une situation d’autant plus gênante que le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian, ministre de tutelle de Kader Arif, a été alerté dès le 22 août 2014 par ses services de l’existence du contrat. Manuel Valls et François Hollande ont été informés dans la foulée.

Mais Kader Arif a démissionné trois mois plus tard, après les révélations de la presse.

Pour Mathieu Magnaudeix, journaliste à Mediapart et co-auteur des révélations sur Kader Arif, le cas de Kader Arif n’a pas été aussi bien et aussi vite géré que le prétendent des responsables socialistes :

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L’apparition de François Hollande
Ce jeudi, Mediapart révèle que François Hollande a eu recours à AWF Music, gérée par des proches de Kader Arif, alors que lui-même est un ami intime de François Hollande.

En tant que candidat à la primaire socialiste puis à l’élection présidentielle, François Hollande travaille avec l’entreprise de son choix.

Néanmoins, Mathieu Magnaudeix se demande : « Est-ce que Kader Arif a beaucoup insisté pour que ses proches travaillent pendant la campagne ? »

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L’autre aspect intéressant concerne la rupture du contrat entre François Hollande et AWF Music par François Hollande en pleine campagne présidentielle, à un mois du premier tour.

Cette rupture, selon Mediapart, a entrainé le paiement d’un dédommagement de 85 000 euros.

Interrogée jeudi par Mediapart , la commission nationale des financements politiques (CNCCFP) a confirmé la régularité du paiement des 85.000 euros par le Parti socialiste.

Mais la somme n’a pas été payée par l’association de financement de la campagne de François Hollande mais par le Parti socialiste.

Peut-on comparer cette affaire avec l’affaire Bygmalion qui concerne l’UMP avec un système présumé de fausse facturation ?

Rien ne le permet, en l’état, selon Mathieu Magnaudeix de Mediapart :

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3 min

Depuis la démission de Kader Arif, ni lui, ni l’Elysée et Matignon n’ont répondu aux différentes sollicitations.