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Fukushima: Démission du président de Tepco et de trois dirigeants

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Fukushima: Toshio-Nishizawa; nouveau président de Tepco
Fukushima: Toshio-Nishizawa; nouveau président de Tepco
- Itsuo Inouye

Toshio Nishizawa (au centre), nouveau président de Tepco Itsuo Inouye©AP

20 mai 2011 - Après avoir annoncé une perte historique de 11 milliards d'euros pour l'exercice s'achevant le 31 mars 2011, Tepco a révélé les noms de quatre démissionnaires parmi les plus hauts dirigeants de son conseil d'administration qui compte 20 membres. Ces démissions seront effectives le 28 juin, date de l'assemblée générale annuelle des actionnaires de l'entreprise.

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En tête des démissionnaires, on trouve le président actuel de Tepco, Masatika Shimizu, 66 ans, qui cède sa place à

Masatika Shimizu, président de Tepco
Masatika Shimizu, président de Tepco

Masatika Shimizu, président démissionnaire de Tepco ©NHK World

Toshio Nishizawa, 60 ans, le directeur général actuel. Derrière lui, Makio Fujiwara, vice-président exécutif, directeur général de la division marketing et ventes, Sakae Muto, vice-président exécutif, directeur général de la division usine et énergie nucléaire et Tomijirou Morita, directeur, ont également remis leur démission.

En plus de la nomination de Toshio Nishizawa comme nouveau président, Zengo Aizawa devient vice président exécutif et Toshihiro Sano, managing directeur.

Tsunehisa Katsumata, le PDG de Tepco
Tsunehisa Katsumata, le PDG de Tepco
© Radio France

Tsunehisa Katsumata reste PDG de Tepco ©NHK

Ces mouvements réduisent le nombre de membres du conseil d'administration de 20 à 17. Tsunehisa Katsumata, PDG, 71 ans, conserve ses fonctions. Le journal japonais Mainichi indique que Tepco a voulu réduire au minimum les modifications de son équipe dirigeante en raison des graves difficultés que traverse l'entreprise. La principale victime de ce remaniement est donc Masataka Shimizu, le président, qui fait les frais de la plus importante catastrophe nucléaire du pays.

Commentaire: Il est remarquable de constater que l'éviction du principal dirigeant de Tepco ne s'est pas produite dans les semaines qui ont suivi le drame de Fukushima Daichii du 11 mars 2011. Elle survient après l'annonce de pertes abyssales. La sanction ne concerne donc pas directement les dégâts humains et matériels engendrés par l'incapacité de la centrale de Tepco à résister au tsunami qui a suivi le séisme, alors que plusieurs autres centrales ne se sont pas retrouvées dans cette situation. Masatika Shimizu quitte ses fonctions en raison du bilan financier catastrophique que l'assemblée générale va examiner le 28 juin.

La "morale" de cette situation est claire: au Japon, on peut irradier un département, provoquer l'évacuation de dizaines de milliers de personnes pendant des mois, mettre en danger de mort des centaines d'employés, produire un nuage radioactif qui fait le tour de la Terre et déverser des milliers de tonnes d'eau polluée par de l'iode 131 et du césium 134 dans la mer sans que cela ne justifie une sanction des dirigeants. En revanche, perdre plus de 10 milliards d'euros est une faute grave impardonnable. Dont acte.

M.A.

**Vidéo: **