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Fukushima: La bataille de l'eau s'ajoute à celle de l'atome

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Fukushima: la barge géante amarrée près de la centrale le 21 mai 2011
Fukushima: la barge géante amarrée près de la centrale le 21 mai 2011

Fukushima: la barge géante amarrée près de la centrale le 21 mai 2011 ©NHK

**22 ** mai 2011 - La catastrophe nucléaire de Fukushima est, bien entendu, le résultat de l'utilisation de la fission de l'atome comme source d'énergie électrique. Avec, pour conséquence après le séisme du 11 mars 2011, l'irradiation d'un grand nombre de personnes, l'évacuation d'une vaste région autour de la centrale et une situation, dans les bâtiments des réacteurs, qui va rester préoccupante pendant encore des mois.

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Le tsunami frappe la centrale de Fukushima - 7
Le tsunami frappe la centrale de Fukushima - 7

Le tsunami frappe la centrale de Fukushima - 7 ©Tepco

Pour autant, depuis le début de ce drame jusqu'à la situation actuelle, ce n'est pas l'atome qui joue le rôle principal mais bien l'eau.

Avant la catastrophe, c'était l'eau bouillante produite par les réacteurs de Fukushima Daiichi qui entrainaient les turbines produisant l'électricité. Pendant le drame, c'est l'eau de la vague engendrée par le séisme qui a mis hors d'usage les systèmes de refroidissement des réacteurs.Après cette submersion, c'est encore l'eau, d'abord puisée dans la mer puis douce, qui a servi à refroidir le cœur des réacteurs et les piscines de combustible usé à l'aide de moyens de fortune. C'est toujours l'eau qui, en se décomposant sous l'effet des radiations ou du contact avec l'uranium, a engendré l'hydrogène qui a causé l'explosion des bâtiments des réacteurs N°1, 3 et 4. Et c'est finalement l'eau radioactive accumulée dans les bâtiments qui a pollué la mer voisine et qui, aujourd'hui encore, constitue l'un des problèmes majeurs de Tepco. Ainsi, samedi 21 mai, l'opérateur de la centrale a révélé que les techniciens qui avaient pu pénétrer dans le réacteur N°1 la veille ont constaté la présence d'une hauteur de 4,2 mètres d'eau hautement radioactive dans la partie basse du bâtiment. C'est dire si la barge géante arrivée sur place le 21 mai va être utile pour tenter d'évacuer cette eau sans la rejeter à la mer. L'engin, qui mesure 136 mètres de long sur 46 mètres de large peut contenir environ10.000 tonnes d'eau. Elle ne résoudra pas, pour autant, les problèmes de Tepco qui doit évacuer quelque 90 000 tonnes d'eau radioactive, selon les déclarations de l'opérateur, et les traiter avec l'aide d'Areva, l'entreprise française choisie par les Japonais pour cette tache. Ce même 21 mai, Tepco a reconnu qu'une fuite à partir du réacteur N°3 avait duré 41 heures et provoqué le déversement de 250 tonnes d'eau très radioactive dans la mer. L'opérateur a indiqué qu'il avait construit de nouveaux réservoirs pour stocker les quantités d'eau radioactive qui ne cessent d'augmenter étant donné la nécessité de refroidir en permanence les réacteurs et les piscines de combustible usagé en l'absence de circuit fermé.

Pendant que les cœurs de réacteurs, dont un surement, et peut-être trois, ont subi une fusion totale, continuent à se refroidir très lentement, c'est donc bien une bataille contre l'eau que Tepco doit mener.

L'eau, maillon faible des centrales nucléaires? On se souvient de 2003 et de la canicule qui avait mis en difficulté certaines centrales françaises en raison de rivières asséchées. Or, cette année, dès le mois de mai, bon nombre de départements sont déjà en alerte sécheresse. Qu'en sera-t-il au mois d'août 2011?

M.A.

Pendant la canicule de 2003, plusieurs centrales françaises ont du rejeter de l'eau plus chaude que la normale
Pendant la canicule de 2003, plusieurs centrales françaises ont du rejeter de l'eau plus chaude que la normale

Pendant la canicule de 2003, plusieurs centrales françaises ont dû rejeter de l'eau plus chaude que la normale ©EDF