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Fukushima: Une catastrophe nucléaire aussi grave que celle de Tchernobyl

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Fukushima: Hidehiko Nishiyama, de l'agence japonaise de sécurité annonce le classement au niveau 7
Fukushima: Hidehiko Nishiyama, de l'agence japonaise de sécurité annonce le classement au niveau 7

Fukushima: Hidehiko Nishiyama, de l'agence japonaise de sécurité annonce le classement au niveau 7 ©NHK World

12 avril 2011: L'agence japonaise de sécurité nucléaire a annoncé qu'elle relevait le niveau de gravité de l'accident de Fukushima de 5 à 7. Il s'agit du niveau le plus élevé de l'échelle INES. Seule la catastrophe de Tchernobyl, en 1986, avait été classée à ce niveau auparavant. L'Agence de sûreté nucléaire française (ASN) avait classé, peu après le drame, l'accident de Fukushima à 6. On peut s'étonner que le Japon passe brutalement de 5 à 7. Cette décision sousentend une très forte sousestimation de la catastrophe depuis le 11 mars 2011. Le Japon précise, simultanément, que la quantité

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Echelle INES
Echelle INES

Echelle INES ©IRSN

de radiation émise par Fukushima ne dépasserait pas 10% de celle enregistrée à Tchernobyl. Ce qui peut paraître contradiction avec le classement au niveau 7. Mais ce dernier ne semble pas définitif. Ainsi, la confusion semble s'amplifier en matière d'information sur la situation réelle de la centrale et de la région qui l'entoure. La fuite radioactive est estimée par l'agence japonaise à 630 000 terabecquerels d'iode 131 et de césium 137, essentiellement émise lors des explosions des bâtiments de réacteurs les 15 et 16 mars 2011.

Fukushima: La ville de Namie où des mesures ont été publiées
Fukushima: La ville de Namie où des mesures ont été publiées
© Radio France

Fukushima: La ville de Namie où des mesures ont été publiées ©Radio France

Par ailleurs, le gouvernement japonais publie enfin des données de radiation provenant de 53 points de mesure effectuées dans un rayon de 60 km autour de la centrale entre le 11 mars et le 5 avril. Il apparaît ainsi que 34 millisieverts se sont accumulés pendant cette période dans la ville de Namie, à 24 km au nord-ouest de Fukushima Daiichi. Soit une dose annuelle équivalente de 314 millisieverts. Etrangement, le gouvernement japonais fait référence à un niveau autorisé de 100 millisieverts par an alors que la norme n'est que de 1 millisieverts par an pour la population et de 20 millisieverts par an pour les employés du nucléaire. En fait, la limite de 100 millisieverts par an est considérée comme celle à partir de laquelle la proportion de cancer commence à augmenter dans la population touchée. Le risque progresserait de 5% par sievert supplémentaire, soit 1000 millisieverts. C'est à dire que l'on atteindrait ce taux de risque supplémentaire pour une exposition de 1100 millisieverts par an. Soit environ 4 fois la dose estimée de 314 millisieverts par an annoncée par les Japonais à Namie. Il existe donc encore une marge pour les habitants de la zone située en 20 et 30 km autour de la centrale, mais le risque de cancer a, d'ores et déjà, augmenté pour eux. M.A.

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