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Gauguin, "ce n'est en aucun cas un théoricien de l'art, il est très empirique"

Nature morte à l'estampe japonaise de Paul Gauguin (1889).
Nature morte à l'estampe japonaise de Paul Gauguin (1889).
- The Yorck Project. C.C

1998. En 1998 était consacrée une grande rétrospective Paul Gauguin à la fondation Gianadda en Suisse. Cet événement est le prétexte d'"Une vie, une oeuvre" autour du peintre qui se disait à la fois "sensitif et sauvage".

A l'occasion de la rétrospective Gauguin à la fondation Gianadda à Martigny (Suisse) en 1998, France Culture consacre "Une vie une œuvre" au peintre de la couleur. On y voit ses premières œuvres, celles d'un "peintre du dimanche".

Dans le tableau "Nature morte à l'estampe japonaise" de 1889, Gauguin y affirme "ses origines primitives, sauvages" :

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Si l'on réfléchit bien à cette nature morte on voit là tout un symbole de la profonde vocation de Gauguin qui est de retourner à l'humanité dans son enfance, il le dit très clairement. Double enfance, celle de l'humanité, les arts primitifs, la sienne propre. Car c'est dans sa propre enfance qu'il découvre ces fantasmes, cet imaginaire, cette capacité d'émerveillement et cette intériorité imaginative très grande.

Yann Le Pichon

Pour Françoise Cachin, Paul Gauguin est un "coloriste supérieur, extraordinaire, imaginatif. C'est une de ses grandes forces." L'historien d'art Yann Le Pichon nous explique que Gauguin a voulu se singulariser et se séparer des impressionnistes mais "ce n'est en aucun cas un théoricien de l'art, il est très empirique dans sa manière de peindre."

Gauguin est le premier peintre maudit. Vincent Van Gogh aussi mais c'était sa folie peut-être dans une certaine mesure. Tandis que Gauguin c'est un choix quasi religieux de faire se confondre l'art et sa vie. C'est pourquoi ce passage aux Antilles, à la Martinique a son importance dans sa vocation d'aller outre-mer et le plus loin possible de la civilisation européenne pour se ressourcer aux sources mêmes de l'humanité, c'est-à-dire à la relation avec l'esprit.

Yann Le Pichon

Autre voix à entendre dans cette émission, le peintre Gérard Garouste considère que "les grands peintres sont ceux qui font avec leurs faiblesses, pas avec leurs forces car avec ce qu'ils maîtrisent bien, ils ne sont que habiles et [...] l'art c'est de surpasser son échec, pas de surpasser sa réussite."

Large extrait d'"Une vie une œuvre" consacrée à Paul Gauguin et diffusée en 1998 sur France Culture.

58 min

Je voudrais rendre dans ma peinture le son sourd, mat et puissant que mes sabots font retentir sur le granit breton.

Paul Gauguin

  • "Une vie, une œuvre"
  • Première diffusion le 17/12/1998
  • Producteur : Pascale Lismonde
  • Réalisation : Jean-Claude Loiseau
  • Indexation web : Odile Dereuddre, de la Documentation de Radio France