Publicité

Georgia O'Keeffe : fleur de New York, fleur du désert

Georgia O'Keeffe chez elle, à Ghost Ranch, Abiquiu, Nouveau Mexique en 1971.
Georgia O'Keeffe chez elle, à Ghost Ranch, Abiquiu, Nouveau Mexique en 1971.
© Getty - Basil Langton/Photo Researchers History

Célébrée aux Etats-Unis, Georgia O'Keeffe est un peintre peu connue en Europe. Profondément inspirée par son Wisconsin natal, elle a aussi tourné sa peinture vers les buildings de New York et les plaines désertiques du Nouveau Mexique où elle réside à partir de 1946.

Georgia O'Keeffe (1887-1986) est un peintre extrêmement connu aux Etats-Unis et encore très peu en Europe. Son œuvre nous confronte à une situation particulière : elle fut peintre, sculpteur, mais aussi le modèle et la femme la plus photographiée d'Amérique par son mari Alfred Stieglitz, qu'elle épousa en 1924. Dans les quarante dernières années de sa vie (Stieglitz meurt en 1946), elle voyagera énormément, mais peu en Europe. Ce sera surtout l'Asie, l'Inde, le Pakistan, le Japon. 

Mais elle est avant tout une femme de l'Amérique née dans le Wisconsin profond et ses toiles le montrent d'elles-mêmes. Qu'elle peigne des fleurs avec une précision de naturaliste ou le miroitement des lumières sur les vitres des buildings, elle a la même vision puissante et passionnée. Ce sens de la démesure, de l'espace, de la profondeur -certains plans d'ossements dans le désert ou ces gigantesques fleurs- est celui d'une artiste qui a une passion pour la terre et la nature. 

Publicité

En 1946, elle élit domicile au Nouveau Mexique où elle trouve véritablement la terre de ses rêves . Là, elle entre en communion avec les couleurs, les formes des collines, mais aussi celles des os de ces pelvis à travers lesquels elle trouve l'idée de regarder le ciel. Dans les dernières années de sa vie, ses toiles gagnent en intensité et en liberté. Une des rares intellectuels à avoir écrit sur elle en France est Julia Kristeva : "Telle une force sauvage surgie de la nature puissante, du nouveau continent, en communion intime avec ses couleurs, vents, sons, fleurs, chairs, os, montagnes, canyons, plaines, O'Keeffe semble effleurer l'aventure de l'art moderne." En effet, elle a traversé de puissants courants artistiques de son époque en gardant le même cap, la même vision obstinée. "Je n'ai aucun mérite, déclarait-elle, je ne pouvais pas faire autrement que de voir avec mes yeux à moi".

Portrait sonore de cette artiste peintre avec en ouverture une archive inédite de sa voix.

"Une vie, une oeuvre" sur Georgia O'Keeffe (1/2). Une diffusion du 05/03/2000

56 min

Ce qui me semble frappant, c'est l'ambiguïté de ses images, c'est leur réversibilité et cette espèce de circuit très sinueux qu'elle est capable de faire entre une sphère abstraite et une sphère de la figure. [...] Ce jeu de renvoi entre abstraction et figuration, Georgia O'Keeffe ne s'y laisse pas enfermer. [...] Il ne s'agit pas pour ces peintres-là, O'Keeffe d'un côté et Polock de l'autre, de faire une image de l'expérience vécue mais de faire de l'image elle-même, une expérience. Christophe Domino

"Une vie, une oeuvre" sur Georgia O'Keeffe (2/2). Une diffusion du 05/03/2000

28 min

Tous les mouvements des lignes, toute la composition est réglée sur un principe d'enroulement. C'est un principe qui règle l'essentiel des compositions de Georgia O'Keeffe. Philippe Piguet

Une émission produite par Catherine Serre et réalisée par Nathalie Triandafyllidès