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Gilles Clément : un jardinier-paysagiste engagé

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Parc André-Citroën à Paris
Parc André-Citroën à Paris
- FaceMePLS / Flickr

Troisième colloque que Cerisy consacre, sous un angle prospectif et avec le concours de l'École nationale supérieure de paysage de Versailles-Marseille, à la question des jardins. Ce troisième colloque, autour de l’œuvre de Gilles Clément,se propose de poursuivre la réflexion.

La politique de Gilles Clément : quatre côtés du cercle

Assurément le plus célèbre des jardiniers-paysagistes actuels, Gilles Clément ne cesse pourtant d'assumer une certaine marginalité, déroulant une œuvre originale à partir d'une posture critique. Il marque une rupture par rapport aux jardiniers-paysagistes du passé: un autre rapport à la commande et au pouvoir que Le Nôtre ; un autre rapport à l'esthétique de classe que Capability Brown... Dénonçant le monde tel qu'il est, appelant à une transformation des regards et des pratiques, Gilles Clément a construit une figure de jardinier engagé. Le jardin est ici une métaphore du monde. D'où la relation étroite entre les pratiques jardinières théorisées et les positions du jardinier dans les débats citoyens...

Politologue, Patrick Moquay est professeur à l’école nationale supérieure de paysage de Versailles, dont il dirige le Laboratoire de recherche en projet de paysage (LAREP). Après avoir étudié l’évolution des pratiques de gestion territoriale et les nouveaux modes de gouvernement des territoires ruraux, ses travaux portent sur les politiques locales en matière de paysage, de patrimoine et de développement durable.

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Résumé de la communication

Jardinier-paysagiste engagé, Gilles Clément est assurément un jardinier politique : il prend position dans les grands débats contemporains et entend développer sa pensée comme sa pratique en cohérence avec la vision du monde et de la société qu’il professe. Chercher à qualifier la doctrine de Gilles Clément, c’est rechercher cette cohérence, en tissant la trame du discours social, environnemental, économique et politique du jardinier. Le jardin est alors un modèle du monde, où sont célébrés la liberté et l’insoumission, l’expérimentation et l’aléa. La figure de la quadrature du cercle, qui allie des formes géométriques appréciées du jardinier, souligne la difficulté et l’exigence d’une telle posture. Les différentes dimensions de cette pensée critique révèlent les paradoxes d’une pensée politique et d’une pratique qui veulent à la fois laisser s’exprimer les forces vitales et les hasards (de la nature ou de la société) et leur donner forme (affirmée parfois de manière très frontale).

La politique de Gilles Clément : quatre côtés du cercle, par Patrick Moquay

39 min