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Goodvest : une assurance vie pour financer la transition écologique

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Cette jeune société compte 350 clients deux mois après son lancement, quand elle en vise 1 500 à la fin de l’année pour 10 millions d’euros sous gestion.
Cette jeune société compte 350 clients deux mois après son lancement, quand elle en vise 1 500 à la fin de l’année pour 10 millions d’euros sous gestion.
© Getty - Sutthipong Kongtrakool

Demain l'éco. Cette jeune pousse créée à Paris en 2020 par deux vingtenaires, Joseph Choueifaty et Antoine Bénéteau, a lancé en septembre un contrat d’assurance vie en partenariat avec Generali. Baptisé Goodvie, ce contrat se veut être le premier entièrement compatible avec l’Accord de Paris sur le climat.

L’Accord de Paris a pour but de limiter le réchauffement climatique à un niveau inférieur à 2 degrés Celsius par rapport au niveau préindustriel. Si cet accord engage principalement les États signataires, la question du réchauffement climatique concerne tous les citoyens. De plus en plus de Français se tournent d’ailleurs vers une consommation plus responsable, mais ont dû mal à trouver des solutions d’épargne à même de répondre à cette problématique. Du moins rien qui ne soit réellement fiable et transparent.

Dans le maquis des fonds et placements de la finance verte, difficile en effet de s’y retrouver. Et pour cause, la finance verte reste toujours très peu contrôlée et ne comporte aucune définition solide et structurante. Ce constat a motivé le jeune co-fondateur de Goodvest Joseph Choueifaty à se lancer dans cette aventure porteuse de sens pour une génération bien décidée à agir sur le front du réchauffement climatique.

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La transition écologique serait la première préoccupation des français selon un sondage Ifop pour Vigéo
La transition écologique serait la première préoccupation des français selon un sondage Ifop pour Vigéo
© Getty

Même si depuis le 1er janvier 2020, la loi Pacte impose que chaque contrat d’assurance vie comporte au moins un fonds labellisé ISR (Investissement socialement responsable), Greenfin ou Finansol,  pour Joseph Choueifaty, cela ne suffit pas. Il a décidé avec Goodvest de mettre la barre plus haute avec des critères de sélection sévères :

Notre principal et premier critère est l’émission de CO2 des entreprises aussi bien directes qu’indirectes. Ensuite, nous excluons certains secteurs comme celui des énergies fossiles : charbon, pétrole et gaz aussi bien extraction que production. On exclue évidemment aussi l’armement, le tabac, le divertissement pour adultes et les entreprises qui violent le pacte des Nations unies.

À ce régime là, ne restent aux yeux de Goodvest qu’à peine une dizaine de sociétés du CAC 40 compatibles avec les Accords de Paris. Exit les constructeurs automobiles, Total Energies et les banques françaises sans exception, qui financent encore toutes les énergies fossiles.

Retour sur l'origine de cette proposition vendue particulièrement éco responsable et transparente. Par Annabelle Grelier

3 min

Garanti sans greenwashing

L'entreprise de la fintech présente le double statut de conseiller en investissement financier certifié par l’Autorité des Marchés Financiers et de courtier en assurances. Pour sécuriser l’argent de ses clients, elle s’est adossée à l’assureur Generali.

Mais c’est surtout grâce à son partenariat avec Carbon4 Finance qu’elle compte faire la différence. Cette filiale du cabinet spécialisé dans le calcul de l’empreinte carbone créé par Olivier Granjean, économiste de l’environnement et président de la Fondation Nicolas Hulot, et par Jean-Marc Jancovici, ingénieur polytechnicien spécialiste du réchauffement climatique et président du think tank The Shift Project, lui fournit toutes les données sur lesquelles elle fera sa sélection. 

Nous avons sélectionné des fonds en prenant en compte l’empreinte carbone des entreprises sur toute la chaîne de valeur pour construire les premiers portefeuilles d’épargne compatibles avec l’Accord de Paris.

Depuis son lancement en septembre dernier, Goodvest propose en effet aux épargnants un portefeuille composé uniquement de fonds durables. La solution développée par Goodvest combine le profil risque de l’investisseur, la thématique de son choix et les données recueillies par Carbon4 Finance pour créer automatiquement et en toute transparence un portefeuille 100% en ligne avec l’Accord de Paris.  

Aucun calcul à faire par l’utilisateur, aucune recherche, l’application se charge de tout comme ici des indications sur l'impact des investissements choisis
Aucun calcul à faire par l’utilisateur, aucune recherche, l’application se charge de tout comme ici des indications sur l'impact des investissements choisis
© Radio France

Aucun calcul à faire par l’utilisateur, aucune recherche, l’application se charge de tout, explique Joseph Choueifaty. L’idée est de faire du sur-mesure : environnement et transition écologique, énergies vertes, accès à l'eau, emploi et solidarité, santé et recherche, pays émergents responsables. L’épargnant a le choix entre 7 thématiques composées de fonds labellisés afin d’effectuer ses placements

Selon Jean Marc Jancovici, associé fondateur de Carbone 4 Finance

Les particuliers qui souhaitent mettre leur épargne le plus en accord possible avec la préservation du climat sont souvent démunis pour savoir comment faire en pratique. Leur amener des outils pour les guider est donc une avancée importante.

Marie-Anne Vincent, directrice de Carbon4 Finance, filiale du cabinet conseil fondé par Olivier Granjean et Jean Marc Jancovici
Marie-Anne Vincent, directrice de Carbon4 Finance, filiale du cabinet conseil fondé par Olivier Granjean et Jean Marc Jancovici
© Radio France

La directrice de Carbon4 Finance, Marie-Anne Vincent, d’enfoncer le clou en rappelant que l’épargne moyenne des Français alimentent aujourd’hui des placements qui produisent environ 11 tonnes de CO2 par an.

Quand on sait que notre budget carbone en tant qu’individu dans un monde à 2 degrés c’est 2 tonnes de CO2, il faut que les Français sachent comment orienter leur épargne, savoir ce qu’elle finance et malheureusement la plupart des établissements financiers n’offrent ni explication, ni transparence juste de la communication qui s’apparente le plus souvent à du greenwashing.

Goodvest a donc été adoubé mais il n’est pas le seul et il y en aura d’autres précise tout de même le cabinet de conseil, persuadé que la finance verte est un levier important de la transition écologique qui bien qu’en progression rapide représente seulement moins de 2% des investissements sur les marchés obligataires et de crédits mondiaux.

Rendement et rentabilité

Les deux jeunes fondateurs de Goodvest se sont donc donné la mission de démocratiser l’investissement responsable. Pour se faire, il faut déjà la rendre simple pensent-ils. Une inscription en ligne et des investissements en 5 minutes, accessible même pour les plus jeunes avec un minimum d’investissement nécessaire de 500 euros sont présentés comme leurs premiers atouts. Fini le conseiller qui vous infantilise assure Goodvest, qui mise sur la pédagogie avec son blog, ses podcasts et son guide de l’épargnant. 

Une inscription en ligne et des investissements en 5 minutes, accessible même pour les plus jeunes avec un minimum d’investissement nécessaire de 500 euros
Une inscription en ligne et des investissements en 5 minutes, accessible même pour les plus jeunes avec un minimum d’investissement nécessaire de 500 euros
© Radio France - welcome to the jungle

Forte d’une équipe de 16 salariés, la jeune pousse assure le suivi clientèle, les analyses des données ISR ou encore le développement de son application mobile. Pour apporter une dimension ludique, un flux d’actualités environnementales et sociales des entreprises et projets du portefeuille est également disponible. Pour s’appliquer la transparence qu’elle exige, Goodvest communique sur l’intégralité des frais, directs ou indirects. Aucun frais caché, fonds uniquement en “clean shares” - parts nettes de rétrocession et des investissements mobilisables rapidement - sont les promesses que la jeune entreprise fait à ses clients. Ils sont aujourd’hui 350, deux mois après le lancement, quand elle en vise 1 500 à la fin de l’année pour 10 millions d’euros sous gestion.

L' équipe compte aujourd'hui 16 salariés pour assurer le suivi clientèle, les analyses des données ISR ou encore le développement de son application mobile
L' équipe compte aujourd'hui 16 salariés pour assurer le suivi clientèle, les analyses des données ISR ou encore le développement de son application mobile
© Radio France - welcome to the jungle

Côté rendement, les deux fondateurs de Goodvest annoncent des performances annuelles moyennes nettes de frais entre 3% et 10% selon les profils de risque. 

Contrairement aux idées reçues, l’investissement responsable est rentable. Il offre même un rendement plus intéressant car les industries de demain, celles qui se développent sont plutôt orientées vers les énergies vertes.

La finance verte, même si elle porte la promesse de la construction d’une économie durable, n’est encore qu’une goutte d’eau sur les marchés financiers mondiaux, regrette toutefois Nicolas Dufrêne, haut fonctionnaire et directeur de l’Institut Rousseau, think tank présidé par l’économiste Gaël Giraud.

Au-delà des petits acteurs comme Goodvest qui émergent un peu partout en Europe, il faudrait surtout essayer de faire désinvestir les grands acteurs, telles que les banques et les assurances soulignait t-il dans son dernier rapport

Sans vouloir porter la critique sur les initiatives de ces nouveaux acteurs de la finance verte qu’il faut plutôt encourager, la finance verte reste de la finance et s’oriente donc vers ce qui est rentable relève Nicolas Dufrêne.

On cherche encore des opérations d’actifs en faveur de la transition écologique qui n’auraient pas d’objectif de rentabilité. On s’aperçoit que tous les acteurs cherchent à faire du rendement. Le grand défi de la finance verte serait de sélectionner des fonds durables et responsables qui auraient des exigences de rentabilités faibles, très faibles, voire nulle.

Une idée peut-être à poursuivre, à incorporer savamment dans les portefeuilles clients pour les jeunes entrepreneurs audacieux de Goodvest qui n’ambitionnent rien de moins que de devenir la première plateforme au monde d’épargne et d’investissements compatibles avec l’accord de Paris.