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Guerre d'Algérie : Emmanuel Macron reconnaît que l'avocat algérien Ali Boumendjel a été "torturé et assassiné"

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A droite, Ali Boumendjel, trentenaire. Il avait 38 ans quand l'armée française l'a fait prisonnier, puis assassiné. A gauche, sur la photo, Mohand Selhi, qui compte lui aussi parmi les disparus de 1957 du fait de l'armée française.
A droite, Ali Boumendjel, trentenaire. Il avait 38 ans quand l'armée française l'a fait prisonnier, puis assassiné. A gauche, sur la photo, Mohand Selhi, qui compte lui aussi parmi les disparus de 1957 du fait de l'armée française.

Cette reconnaissance fait partie des gestes d'apaisement recommandés par l'historien Benjamin Stora dans son rapport sur la colonisation et la guerre d'Algérie. Qui était cet avocat de 38 ans, enlevé par les parachutistes pendant "la bataille d'Alger" en 1957, torturé et assassiné ?

C'est devant les petits-enfants d'Ali Boumendjel qu'Emmanuel Macron a reconnu mardi 2 mars 2021, "au nom de la France", que l'avocat et dirigeant nationaliste a été "torturé et assassiné" par l'armée française pendant la guerre d'Algérie en 1957. La reconnaissance de ce meurtre, à l'époque maquillé en suicide, fait partie des gestes d'apaisement recommandés par l'historien Benjamin Stora dans son rapport sur la colonisation et la guerre d'Algérie.

Le rapport sur “les mémoires de la colonisation et de la guerre d’Algérie de 2021" remis le 19 janvier 2021 à Emmanuel Macron par l'historien Benjamin Stora avait pour objectif officiel de "regarder l’histoire en face" d’une "façon sereine et apaisée" afin de "construire une mémoire de l’intégration". La ligne de crête choisie par Benjamin Stora est celle de la reconnaissance à défaut de "repentance" (ou d’excuses). Pour ça comme pour réanimer la volonté politique en berne, il faut des figures. Et l’une des 22 propositions que compte le rapport Stora ( que vous pouvez consulter ici) consiste justement à renflouer, côté français, la mémoire d’une personnalité importante de la guerre d’Algérie, Ali Boumendjel : l’historien suggère à Emmanuel Macron de reconnaître que l’armée française a assassiné l'avocat et dirigeant nationaliste algérien en 1957. 

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Avec cette recommandation, Benjamin Stora met en exergue un dossier essentiel, et laborieux : celui des disparus de la guerre d’Algérie, et en particulier d es milliers d’hommes, de frères, de maris, de pères ou d’oncles des Algériens et des Algériennes d’aujourd’hui, qui ont disparu un jour. Ce fut particulièrement le cas dans une période du conflit que l’on appelle “la bataille d’Alger”, et qui correspond à l’année 1957, lorsque le pouvoir civil des représentants de la France métropolitaine en territoire algérien a été confisqué par les militaires. Et en particulier, par des parachutistes. De cette époque demeure la trace d’une impuissance de la justice et de l’administration civile à faire respecter le droit et, en miroir, celle d’une impunité immense. De cette époque, reste, surtout, une mémoire béante dans des centaines de familles où l’on n’a rien su de ses morts. Et un besoin d’histoire.

Combler ce besoin d’histoire, c’est précisément ce à quoi s’était attelée l’historienne Malika Rahal en publiant, en 2011, Ali Boumendjel. Une affaire française. Une histoire algérienne (aux Belles lettres). Son livre reste une source essentielle pour comprendre pourquoi c’est de lui que s’empare Benjamin Stora, et pas d’un autre. A l’époque, c’est par l’entremise de Benjamin Stora (son directeur de thèse) que Malika Rahal entre en relation avec la famille Boumendjel. Elle-même avait soutenu une thèse sur l’histoire du nationalisme algérien avant 1956, et en particulier sur l’UDMA (Union démocratique du Manifeste algérien, à laquelle Boumendjel adhérait), dont la contribution à l’indépendance se trouve souvent expurgée du récit collectif national. La famille Boumendjel, quant à elle, est à ce moment-là dans un urgent besoin d’histoire. Comme des milliers d’autres, ils sont ces endeuillés étrillés par une mort en creux. C’est le début d’une enquête longue de huit ans pour remonter le fil, et, surtout, éclairer toutes les aspérités de cette trajectoire qui fait justement d’Ali Boumendjel une histoire singulière. C’est-à-dire, une icône qui est précisément mort en 1957 pour ce qu’il représentait. Tout comme c’est justement pour la position qui était la sienne qu’Ali Boumendjel est aujourd’hui mobilisé par Benjamin Stora sur ce fil mémoriel ténu de la reconnaissance, tendu à mi-distance entre l’oubli et ce qui passe (parfois) pour de la contrition. Cette proposition intervient alors qu’en 2018, rendant hommage chez sa veuve Josette Audin au mathématicien Maurice Audin (d’origine européenne mais combattant pour l’indépendance), Emmanuel Macron avait reconnu un système - et promis une reconnaissance plus large par l’Etat français

Deux ans et demi ont passé tandis que le nom de Boumendjel perce le silence. Un choix au diapason du rapport ? Pour certains, les recommandations Stora sont habiles, consensuelles et justes ; pour d'autres, le rapport demeure trop timoré, et au fond dépolitisé. Dans son rapport, l'historien affirme que “la repentance est un piège politique”. "Si la circulation même du mot “repentance”, qui tend à remplacer les excuses ou même le repentir, peut interroger, son usage par Benjamin Stora révèle toute sa position d'équilibriste : sur un fil, il a précisément été choisi par l’Elysée pour tenir ensemble les deux côtés de la Méditerranée. Et parce que, depuis des décennies, il creuse la question de cette mémoire à tiroirs. C’est-à-dire, non seulement celle de la guerre d’Algérie, de 1954 à 1962, mais aussi la question du retour de ceux qui resteront “les Européens”, la place des harkis, ou, bien en amont, la colonisation de l’Algérie, puis sa départementalisation. Une mémoire offerte, béante, à tous les pièges de l’instrumentalisation, et de la communautarisation, commençait déjà à affirmer Benjamin Stora dans ses travaux précurseurs au début des années 90, à l’époque de son livre La Gangrène et l’oubli, qui reste un jalon important dans le débat public. Mais une mémoire qui n’en reste pas moins urgente, et qui, chez les familles de disparus algériens par exemple, crie non seulement l’oubli, mais encore l’omission, la dissimulation - et qui, pour ça, parvient mal à se panser. C'est à cet endroit précis qu'affleure le nom de Boumendjel.

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Ali Boumendjel était un dirigeant nationaliste. Il n’a pas quarante ans quand il disparaît en 1957, enlevé par les parachutistes, à Alger, où il exerçait le métier d’avocat. Fils d’instituteur, frère d’institutrices, beau-frère d’instituteurs, Ali Boumendjel n’est pas algérois, mais natif de la région d’Oran, où son père officiait à l’école française. La conquête de l’Algérie par la France date de moins d’un siècle, quatre-vingt dix ans exactement, à sa naissance en 1919. Et après un temps de rejet et une vraie résistance à l’école du colon, l’enjeu de la scolarisation des enfants algériens était devenu une vraie revendication des Algériens qu'on dénomme "musulmans", c'est-à-dire colonisés. Boumendjel, qui maîtrise un français subtil tout en étant capable de plaider en arabe, est aussi le fruit de cette intersection-là.

Lorsqu’il passe sa licence de droit en 1943, Boumendjel milite déjà dans le giron du leader nationaliste Ferhat Abbas et de l'UDMA (qui se rallieront plus tard au FLN). C’est cette année-là justement que les siens gagnent explicitement la cause de la lutte de l’indépendance. Quand il devient avocat, il est seulement le 78ème avocat musulman, comme on distingue alors, à prêter serment. Quand l’armée française, en pleine bataille d’Alger, le fait prisonnier, Ferhat Abbas, l’UDMA et Ali Boumendjel ont déjà rejoint le FLN. Il n’est ni l’un des principaux leaders du FLN, ni même un membre du comité d’avocats du FLN que le pouvoir colonial comme les généraux ont dans le viseur. Il n’émarge pas non plus au parti communiste algérien, même s’il en est proche. Mais il est militant nationaliste et accepte de défendre des combattants de l’indépendance.

Un homme-frontière

Pris en même temps que deux de ses beaux-frères, Ali Boumendjel est surtout très célèbre pour apparaître comme “l’avocat des pauvres” et Malika Rahal raconte dans son livre qu’un jour qu’elle marchait dans Alger aux côtés du fils de Boumendjel qui lui ressemble, un ancien client est venu saluer bien bas le fils de l’avocat. Il est ce que l’historienne encapsule comme un “homme-frontière”, à l’intersection de plusieurs mondes : sans fortune aucune, il incarne malgré tout cette bourgeoisie algéroise intellectuelle ; il est acquis à la lutte pour l’indépendance mais malgré les menaces et l’étau qui se resserre autour de lui et de son frère aîné Ahmed (qui prolonge et articule la lutte depuis la métropole), il ne prend pas le maquis et poursuit son métier avec pignon sur rue. Son fils aîné a sept ans quand Boumendjel est emporté, trimballé au secret, et finalement retenu dans une caserne d’où la version officielle annoncera qu’il s’est jeté de la terrasse du sixième étage.

Ni sa famille, qui souligne que Boumendjel était croyant, ni ses proches dans les cercles militants ne croiront jamais à cette thèse du suicide dans ce qui devient aussitôt “l’affaire Boumendjel”. “Affaire” au sens du retentissement, et du scandale immédiat que fait sa mort. Ainsi, lorsque Malika, sa veuve, est convoquée devant un cercueil déjà fermé le jour d'obsèques-éclair, la mort de Boumendjel est déjà regardée pour ce qu’elle est : un assassinat. Les médias s’imposent à l'époque comme le canal de transmission privilégié par les militaires pour révéler des décès qu’on cache à l’administration coloniale elle-même. Et c’est dans la presse que l’arrestation du leader avait été confirmée. Dans les journaux, le pouvoir véhicule le scénario d’un suicide en même temps qu’il cherche à flatter l’étendue des rafles en train de se faire dans les milieux pro-indépendance.

A cette fin, les aveux spectaculaires qu’on se vante d’avoir obtenu de l’avocat Boumendjel font office de cocarde et de justification : c’est dire si les deux cents arrestations annoncées par Le Monde le 1er mars 1957 seraient justifiées, puisque Boumendjel aurait reconnu un leadership d’envergure dans l’appareil du FLN. On cerne bien, en lisant Malika Rahal, toute la part stratégique de l’entreprise : il s’agit aussi de museler la classe intellectuelle algérienne et la petite bourgeoisie algéroise non-européenne. En fait, d’intimer au silence et à l’obéissance, en montant en épingle le cas d’un homme qui est des leurs et qui n’occupe pas une position de combattant de terrain. Aux archives militaires, il existe une reproduction de deux feuillets manuscrits signés de Boumendjel où il annonce être “le chef de la région Alger-Sud pour les questions politiques”. Mais où l’on voit aussi qu’il endosse, à l’aube de sa mort, des fonctions dirigeantes dont les chercheurs considèrent qu’elles n’étaient pas les siennes - probablement pour protéger les véritables dépositaires.

"Doublement concernés"

Mais la presse n'annonce pas seulement la mort, en canal de diffusion de ce qui n'a sa place sur aucun registre administratif. Dans d'autres titres, le retentissement de sa disparition, aussi immédiat que bruyant, dit encore la position de passeur qu'occupait Boumendjel. Car cette disparition ne crée pas seulement une onde de choc dans les réseaux locaux. Dans l’édition des 24 et 25 mars 1957 de L’Echo d’Alger, on lisait : “Maître Boumendjel s’est suicidé”. Dès le 26 mars, la nouvelle arrivera dans la presse de métropole. De cette déflagration, Jean Daniel, le futur patron du Nouvel Observateur que Jean-Jacques Servan-Schreiber avait alors embauché à L’Express pour couvrir la guerre d’Algérie, racontera que c’est René Capitant, professeur de droit en poste à l’Université d’Alger, qui avait lancé l’alerte. Et aussi ceci, rapporté rétrospectivement dans un texte intitulé L’Honneur d’un soldat ( que vous pouvez lire ici) :

Ali Boumendjel a été mon condisciple au Collège [majuscule, sic] de Blida, dans les classes animées par un grand professeur Marcel Doumerc. Il s’agit bien de lui. Or Ali, je ne connais que lui. Je sais qu’il y a partout des victimes du terrorisme. Partout des arrestations, des disparitions, des tortures, des exécutions. C’est la guerre. J’ai pris parti pour l’indépendance de l’Algérie. Comme Albert-Paul Lentin. Mais ses parents et les miens peuvent être victimes d’attentats. Nous nous sentons doublement concernés. Sauf que cette fois, pour la première fois, la victime a un visage, un homme avec lequel j’ai partagé des souvenirs, que j’ai revu et dont je suis persuadé qu’il n’a pu faire qu’une résistance propre. En tous cas, c’est l’un des miens. C’est lui que l’on a torturé pendant au moins deux semaines et dont on annonce le suicide. Je ne supporte pas. J’alerte d’abord mon journal et Jean-Jacques Servan-Schreiber.

Il faut lire le livre de Malika Rahal pour prendre la mesure du rôle que jouera la trajectoire propre d'Ali Boumendjel dans cette histoire. Et en particulier dans le fait que cristallise, aussitôt et pour longtemps, une “affaire Boumendjel” : aller au collège à Blida, même pour un fils d’instituteur comme l’était Ali Boumendjel, est un itinéraire hors-norme. C’est là qu’il parlait un français subtil et lettré, là qu’il socialise aussi avec de futurs militants de l’indépendance, et là qu’il tisse, donc, son écheveau de relations personnelles, intellectuelles, et trans-Méditerranée.

C’est directement dans le prolongement de cette histoire-là que s’encastre sa mort, avec toute sa part d’inconnu. Mais aussi, la mobilisation à laquelle elle donne lieu, aussitôt, qui nous permet d’accéder à ce que Malika Rahal décrit comme “tout un entrelacs de relations amicales, intellectuelles ou professionnelles”. Ainsi, Pierre Mendes France ou François Mauriac témoignent leur sympathie à Ahmed Boumendjel, le frère d'Ali, et un ancien ministre du Front populaire écrit que le sort de l’Algérie lui évoque immédiatement le sort de Pierre Brossolette - journaliste, homme politique et résistant, Pierre Brossolette est mort en 1944, torturé par la Gestapo. 

L’évocation de la torture, sous la plume de Jean Daniel, est centrale, car c’est à ce moment-là que, chez les intellectuels et les journalistes à Paris, sédimente une opposition radicale à la torture. Qui scellera largement le sort de la guerre d'Algérie dans l'opinion. La Question, de Henri Alleg qui connaissait bien Boumendjel à Alger et racontera le chaud-froid de l'annonce de sa mort sur le terrain, paraîtra un an plus tard, aux éditions de Minuit. En fait, le front d'opposition grossit chaque mois un peu plus. De Boumendjel, le médecin algérois convoqué parmi d’autres pour identifier le corps, décrira un visage déjà noir. Mais il n’a pu voir le reste de son corps.

Le martyr et sa place

Depuis longtemps, circule l’idée que les parachutistes ont brûlé au chalumeau les deux jambes d'Ali Boumendjel. Et même que c’est pour ne pas répondre de ces marques de la torture que l’armée à fabriqué cette thèse falsifiée du suicide. Comme s'ils n'avaient au fond plus d'autre choix que de se débarrasser de cette preuve ultime. Souvent, les militants du FLN passés à la question étaient tout bonnement assassinés, puis soustraits aux regards et parfois largués dans la mer depuis un hélicoptère. Disparus, ensevelis dans l’inconnu. Impossible concernant Boumendjel parce qu’il était déjà l’avocat célèbre et l’érudit reconnu, doté de ressources et d’un carnet d’adresses, l’ami des Européens, et aussi l’ancien militant plus modéré, qui avait entrepris d’échafauder une autre idée de la nation algérienne émancipée et avait la loi à cœur ? Toute la théorie du suicide, forgée quarante-trois jours après son arrestation, étaye cette idée. Elle contribue aussi à faire d'Ali Boumendjel ce cas à part, et cette figure singulière qui explique aussi pourquoi c’est lui, et pas un autre, qui figure dans le rapport Stora - alors qu’ils sont des milliers dont les familles attendent une reconnaissance, et parfois des traces pour faire leur deuil.

Si l’évocation de la torture a pu servir à mobiliser les réseaux métropolitains sur le nom de Boumendjel, l’image des jambes brûlées vives au chalumeau a contribué aussi à construire l’identité de martyr en Algérie. Sur place, toutes les rues ou avenues Dumont d’Urville sont aujourd’hui rebaptisées Boumendjel, et c’est à une figure connue que Benjamin Stora propose qu’Emmanuel Macron rende cet hommage posthume au nom de l’Etat français. Remplissant ainsi un vide pour un pays tout entier, au-delà d’une famille qui n’a de cesse depuis soixante ans de réclamer des explications et devra attendre le témoignage tardif du général Aussaresses, en 2001, pour entendre qu'Ali Boumendjel a bien été torturé et assassiné. Voici, dans un document vidéo édifiant, instructif, mais possiblement heurtant, ce que disait Paul Aussaresses : 

Toutefois, un jour qu’elle devait participer à l’inauguration d’un collège supposé endosser le nom de son défunt époux, Malika Boumendjel a découvert une fois arrivée sur place qu’un nom plus consensuel lui avait été préféré. Plus consensuel… en Algérie : sur place, et malgré une notoriété évidente, les amitiés européennes d'Ali Boumendjel, comme son engagement auprès d’un parti nationaliste qui se distanciait de l’idée de nation que mettra ensuite en œuvre le FLN après 1962, n'ont pas fait de lui une figure centrale de la lutte pour l’indépendance, mais plutôt une figure à part. Dans les représentations comme dans les discours, l'Algérie est aussi le pays d'un million et demi de martyrs pour un seul héros : le peuple. Au point que détacher le destin d'Ali Boumendjel de son histoire collective pour construire des ponts mémoriels puisse faire tiquer ? Interrogée par France 24, sa nièce Fadela, plus de soixante ans après, a réagi à la publication du rapport Stora en se demandant ainsi : 

Mais pourquoi le singulariser? Il faut la vérité pour tous. Célèbres ou anonymes. Pourquoi ne pas célébrer le martyr inconnu?

Malika Boumendjel, sa veuve, est quant à elle décédée au mois d’août 2020. Elle qui n’aura cessé de lutter pour la mémoire de son mari porté en terre “sans linceul ni prières” selon son expression, avait écrit sans relâche aux différents présidents de la République française à se succéder depuis 1957. En vain, à ce jour.