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Hannah Arendt : "Pour être confirmé dans mon identité, je dépends entièrement des autres"

Par
Hannah Arendt
Hannah Arendt
- Ryohei Noda / Flickr

L’œuvre philosophique protéiforme d’Hannah Arendt colle les idées, les détache, rapproche les textes, les auteurs, et mêle les langues, pour faire naître quelque chose de nouveau d'une langue philosophique hybride. Hannah Arendt et les langues de l'exil.

Hannah Arendt et les langues de l'exil

30 min

Qu'apporte l'exil ? Qu'est-ce qu’un philosophe peut en faire ?

Ce qui m’intéresse, c’est de savoir le rapport entre ontologie et politique, qui est conféré par l’exil. Qu'est-ce qu’une philosophe peut faire de l’exil ? S’il n’y avait qu’une seule langue, nous serions peut-être plus assurés de l’essence des choses. Ce qui est déterminant, c’est le fait premièrement, qu’il y ait plusieurs langues et quelles se distinguent nous seulement par leur vocabulaire mais également par leur grammaire, c’est-à-dire par leur manière de penser. Et deuxièmement, que toutes les langues peuvent êtres apprises.

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Hannah Arendt et la chancelante équivocité du monde.

Cette équivocité chancelante du monde et l’insécurité de l’homme qui l’habite, n’existeraient naturellement pas, s’il n’était pas possible d’apprendre les langues étrangères (…) d’où l’absurdité de la langue universelle contre la condition humaine, l’uniformisation artificielle et toute puissante de l’équivocité.

Une conférence enregistrée en 2011.

Barbara Cassin, docteur ès lettres en philosophie, directrice de recherches au Centre National de la Recherche Scientifique.