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Henri Fantin-Latour : "Moi je fais des fleurs"

Roses dans une coupe, 1882 Paris, musée d’Orsay © Photo Rmn-GP
Roses dans une coupe, 1882 Paris, musée d’Orsay © Photo Rmn-GP
- René-Gabriel Ojéda

Les années 1873-1874 jouent un rôle charnière dans la carrière d’Henri Fantin-Latour peintre de natures mortes : à compter de cette date, il opte pour des présentations plus simples, plus appréciées des collectionneurs.

Les fleurs ont désormais l'évidente préférence du peintre : "Moi je fais des fleurs. Il faut profiter du moment et cette année je les trouve encore plus belles que jamais."

Installé tous les étés dans sa maison de Buré dans l'Orne, Fantin-Latour compose lui-même ses bouquets et travaille toujours exclusivement en atelier.

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Cette activité, particulièrement rémunératrice sur le marché anglais, passionne le peintre autant qu’elle le délasse. C’est donc un pinceau à la main et devant un bouquet qu’il trompe son ennui au quotidien, variant les espèces florales, les compositions, les contenants, étudiant le plus souvent chaque fleur individuellement, avec une grande fidélité.

Fantin privilégie donc désormais les compositions simples, véritables portraits de fleurs. Si la plupart de ces toiles sont destinées à la vente, cela n’empêche pas Fantin de prendre un plaisir intime à les réaliser.

Très vite , son intérêt plus particulier pour la rose rejoint l’engouement de l’Angleterre victorienne pour cette fleur raffinée aux multiples visages : "C’est dans la rose que Fantin fut sans égal [...] la rose si difficile de dessin, de modelé, de couleur dans ses rouleaux, ses volutes [...] personne ne la connut mieux que Fantin." *

Nombre des toiles peintes pour alimenter cette vogue durable sont encore en Angleterre, en mains privées, tandis que l’on n’en trouve que de trop rares exemples dans les collections publiques françaises, comme les Roses dans une coupe du musée d’Orsay, tableau ci-dessous présent dans l’exposition.

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