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Henry Bauchau : "1914, un sentiment de haine très profonde qu'on n'imagine plus bien en Europe"

Henry Bauchau en 1991
Henry Bauchau en 1991
© Sipa - Andersen Ulf

2009. Dans ce premier épisode de la série "A voix nue" consacrée à Henry Bachau en 2009 sur France Culture, l'écrivain et psychanalyste né en Belgique revient, à bientôt de 100 ans, sur ses premières années dans une Belgique profanée et nourrie de la haine du peuple allemand.

Henry Bauchau, né en Belgique à Malines, a un an et demi quand l'Allemagne attaque la Belgique. C'est la Première guerre mondiale, ses grands-parents fuient les murs de la ville de Louvain en flammes, et emportent avec eux Bauchau, tout petit enfant, exfiltré avec "une toute petite échelle". Dans ce premier épisode de la série "A voix nue" qui lui est consacrée en 2009, Henry Bauchau, devenu écrivain mais aussi psychanalyste, considère ce premier événement comme d'une "première terreur"; et envisage la manière dont il a marqué à la fois son existence, et le destin de son pays, la Belgique.

A près de cent ans, Bauchau témoigne d'un "traumatisme extraordinaire" qu'ilévoque sans le nommer formellement dans son roman La Déchirure (paru en 1966 chez Gallimard), à travers ""l'incendie de Saint-Pierre".

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"A voix nue" avec Henry Bauchau 1/5 31/08/2009

30 min

C'un événement très bouleversant. Quelque chose qu'on n'imagine plus bien maintenant et qu'on voit se passer ailleurs, en dehors de l'Europe : un phénomène de haine très profonde. Mes grands parents, mes parents n'ont jamais pardonné cet incendie, leurs maisons incendiées, leurs amis incendiés. Et donc, vis à vis des Allemands, pour un petit enfant, très vite, un sentiment de haine et d'oppression pendant toute la guerre. Qui était sans doute exagéré mais qui venait de cette extraordinaire surprise que le pays avait supporté.

  • "A voix nue" avec Henry Bauchau 1/5
  • Première diffusion le 31/08/2009
  • Production : Catherine Pont-Humbert