Hildegarde de Bingen, nonne devenue sainte en 2012
Hildegarde de Bingen, nonne devenue sainte en 2012

Qui était la guérisseuse visionnaire Hildegarde de Bingen ?

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Hildegarde de Bingen, guérisseuse visionnaire

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Vidéo | Ancêtre des naturopathes, cette nonne est une guérisseuse pour qui aliments, minéraux, tisanes et musique sont essentiels à notre santé. Ses livres de remèdes écrits vers 1100 sont encore utilisés aujourd’hui.

Hildegarde de Bingen est une nonne au génie exceptionnel. Docteure, botaniste, musicienne, femme de pouvoir et visionnaire, voici comment elle a inspiré son époque et la nôtre.

Une solide éducation qui l'oriente vers la médecine

Hildegarde naît en 1098 en Hesse rhénane en Allemagne. Dès ses 3 ans,  elle a des visions divines qu'elle garde secrètes et qui l'accompagneront toute sa vie. À 8 ans elle entre au couvent où elle reçoit une solide éducation en botanique, musique, chant et pharmacologie. Au fil des années, elle développe des talents de guérisseuse et les malades viennent la consulter au couvent dont elle a pris la direction à ses 38 ans.

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On lui attribue deux ouvrages naturalistes :  

  • Physica, dans lequel elle répertorie animaux et plantes en indiquant leurs pouvoirs thérapeutiques 
  • Causae et curae, un livre contre les maux physiques et psychiques, synthèse entre les remèdes populaires et les théories savantes de la Grèce antique comme la théorie de l'équilibre des humeurs dans le sang.

Pour elle, la médecine doit soigner l’âme et le corps.

C’est une médecine de prévention avant tout, elle va jouer sur l’alimentation et c’est là-dessus qu’on a récupéré les bases de toute la naturopathie actuelle. Donc on soigne avec l’alimentation, avec les plantes, avec les épices. C’est, aujourd’hui, l’héritage que nous avons d’elle. Audrey Fella, historienne spécialisée dans le fait religieux

Un de ses aliments fétiches est l'épeautre car selon elle, "il fournit un sang de qualité" et "met de l'allégresse dans l'esprit de l'homme". Elle accorde même des pouvoirs thérapeutiques à la musique.

49 min

La musique, symphonie de l'âme

Pour Hildegarde, l'âme est une symphonie, la musique reliée aux anges et au ciel, peut guérir l’âme. Bien évidemment, il ne s’agit pas de n’importe quelle musique, il va y avoir des notes qui vont rétablir l’équilibre de l’âme et si vous atteignez l’âme, vous pouvez rétablir le corps pour elle. Audrey Fella, historienne spécialisée dans le fait religieux

Hildegarde de Bingen compose au moins 70 chants destinés aux offices, ainsi qu'un drame liturgique. Mélange d’inspiration grégorienne et populaire, son œuvre continue à être jouée.

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Ses prouesses ne s’arrêtent pas là. Hildegarde de Bingen invente une langue qui lui est propre et qui lui aurait été transmise dans une vision. On ne sait pas exactement comment elle utilisait ce langage dont il reste un glossaire composé de 1 011 mots.

Hildegarde de bingen écrivant Scivias un ouvrage sur ses visions
Hildegarde de bingen écrivant Scivias un ouvrage sur ses visions
© Getty

À 43 ans, une vision l’exhorte à consigner ce qu’elle voit. Elle fait alors écrire et illustrer ses prémonitions. L’une d’elle conservée dans une bibliothèque italienne, représente l’Homme au centre de la création et de l’univers et pourrait avoir inspiré L’Homme de Vitruve de Léonard de Vinci, car l’œuvre d’Hildegarde a été largement diffusée.

Très vite elle considérée comme une femme d’action. Elle ne reste pas passive, au contraire elle va fonder le monastère de Rupertsberg à Bingen, elle va prêcher, et veut vraiment faire partager ce qu’elle a reçu. Marie-Anne Vannier, théologienne

Une icône spirituelle

Femme de pouvoir, elle entretient des correspondances avec les plus grands de son temps : archevêques, papes, rois, empereurs. Elle est une icône spirituelle pour ses contemporains et on lui attribue plusieurs miracles.

Pourtant très populaire, on lui refuse une canonisation car elle a permis l’enterrement d’un jeune homme ayant commis un crime dans son monastère. Elle s’attire alors l’opprobre du clergé et son abbaye est frappée d’interdit pendant plusieurs années. 

Dans les années 1980 en Allemagne, un regain d'intérêt pour le personnage fait apparaître son nom sur des recettes, des tisanes, des remèdes... En 2012  l’Église la reconnaît comme sainte.