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Histoire de l'esclavage : un siècle d'abolitions

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© Getty - JDawnInk

France Culture Education. Comment l'esclavage a-t-il été aboli ? Des premières voix qui s'élèvent pour le dénoncer au XVIIIe siècle jusqu'au décret de 1848, impulsé par Victor Schoelcher, en passant par la Révolution française et la révolution haïtienne, l'abolition de ce système criminel a été un processus au long cours.

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Les abolitions de l'esclavage

Tolérée dans la chrétienté occidentale jusqu'aux alentours de l'an mil, la pratique de l’esclavage est remise en cause en Europe de façon de plus en plus radicale dans les siècles qui vont suivre. Pour ce qui concerne la France métropolitaine, la première abolition remonte au début du XIVe siècle, à un édit du 3 juillet 1315 du roi Louis Le Hutin qui affirme que "selon le droit de nature, chacun doit naître franc". Officiellement, depuis cette date, "le sol de France affranchit l'esclave qui le touche". Pour ce qui concerne les colonies françaises en revanche, il faudra attendre la Révolution française pour que l’esclavage y soit aboli par un décret du 4 février 1794, appelé aussi décret de Pluviôse. Mais cette mesure sans précédent votée par les députés de la Convention ne prend effet qu'en Guadeloupe et à Saint-Domingue. Et sera de courte durée. Huit ans plus tard, le 20 mai 1802, Napoléon Bonaparte, alors premier Consul, le rétablit. Il faudra attendre le 27 avril 1848 pour que l’esclavage soit définitivement aboli dans toutes les colonies françaises. Et 1865 pour ce qui concerne les Etats-Unis. Cette sélection de 10 émissions propose de revenir sur quelques acteurs marquants des différents mouvements abolitionnistes qui, de la France aux Etats-Unis en passant par Haïti, ont précédé ces dates historiques.

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Des premiers abolitionnistes à 1848

Le mouvement abolitionniste n’est pas né sous la Monarchie de Juillet du seul esprit de Victor Schœlcher. Son histoire est bien plus longue. Et elle a également été écrite par les premiers concernés, celles et ceux qui se sont organisés et ont lutté contre l'esclavage jusqu'à gagner.

Personnalité radicale pour le XVIIIe siècle, Benjamin Lay croyait à l'égalité des classes, des races, des sexes, et même à l'égalité entre les êtres humains et les animaux, et avait une conscience environnementale. Quand il arrive en 1732 dans une colonie fondée par des Quakers en Pennsylvanie, il espère y trouver une communauté en cohérence avec ses idéaux de liberté, de tolérance, et d'un traitement équitable pour toutes les personnes. Et quand il découvre que l'esclavage y a droit de cité, comme sur l'île de La Barbade où il a séjourné, il va alors s'engager dans une véritable guérilla contre l'esclavage.

Le Cours de l'histoire
51 min

En 1789,  4 000 à 5 000 Noirs vivent en France métropolitaine dont la population compte à l'époque 28 millions d’habitants. Dans les années qui suivent la Révolution française, ces Afro-descendants qu’on appelle alors “libres de couleur” sont nombreux à militer pour une égalité des droits. Ces combats conduiront au tout premier décret abolitionniste : le 4 février 1794, le Comité de salut public déclara l'esclavage aboli dans les colonies françaises. Pour de nombreux historiens, le décret ne fut qu'un "rideau de fumée" qui n’a abusé que quelques sans-culottes philanthropes. Si dans les colonies, le bilan de l’abolition est mince, elle sera en outre de courte durée : dès 1802, l’Empire supprimera les dispositions de 1794, et rétablira l’esclavage en droit.

LSD, La série documentaire
54 min

Toussaint Louverture fut le premier des grands libérateurs noirs de l’histoire des colonies. Esclave affranchi de l'île de Saint-Domingue - aujourd'hui Haïti - officier de l’armée républicaine française devenu général et législateur, son aura et ses luttes ont influencé le mouvement abolitionniste américain. Cette émission propose de revenir sur la personnalité et les combats de Toussaint Louverture, imprégné des valeurs des Lumières françaises autant que par la culture monde créole, par la religion catholique et par le vaudou, et devenu la figure emblématique de la résistance contre les puissances coloniales.

Le Cours de l'histoire
52 min

Née esclave dans le Maryland, la jeune Harriet Ross travaille dès l'âge de 6 ans comme domestique puis ouvrière agricole. Pendant des années, elle endure conditions de travail pénibles et mauvais traitements jusqu'à être violemment frappée au visage par un contremaître. Après son mariage en 1844 avec un Noir libre, John Tubman, Harriet rejoint en 1849 les membres de l'Underground Railroad, une organisation clandestine qui emprunte son nom au chemin de fer mais désigne un réseau de maisons, de tunnels et de routes élaboré par les abolitionnistes afin de faciliter la fuite des esclaves vers les Etats du nord des Etats-Unis. Ce documentaire propose de retracer la vie de celle qui fut l'héroïne de l'Underground Railroad.

Une histoire particulière, un récit documentaire en deux parties
28 min

L’esclavage est entièrement aboli dans toutes les colonies. […]                       
A l’avenir, il est interdit à tout français de posséder, d’acheter ou de vendre des esclaves et de participer soit directement, soit indirectement à tout trafic ou exploitation de ce genre. Décret de l’abolition de l’esclavage du 27 avril 1848, article premier

Humaniste engagé dans le combat pour l'égalité des droits civiques, Victor Schœlcher est devenu abolitionniste depuis un voyage à Cuba. Après avoir écrit De l'esclavage des Noirs et de la législation coloniale (1833), Des colonies françaises, abolition immédiate de l'esclavage (1842) et de Colonies étrangères et Haïti, résultat de l'émancipation anglaise (1843), il va être nommé en mars 1848 sous-secrétaire d'état aux colonies durant le gouvernement provisoire de la IIe République. Son rôle sera décisif dans ce décret signé à Paris par les membres du Gouvernement provisoire de la République française, le 27 avril 1848 et qui a changé la vie de millions d’hommes et de femmes. Cette émission propose de revenir sur les engagements de celui dont le poète martiniquais Aimé Césaire disait que "sa clairvoyance avait donné le branle de la liberté, et l’impétuosité nègre avait fait le reste."

Mémoires de l'esclavage

De la Somalie au Niger, de l’Egypte au Mali, du Bénin à la Guinée, l’Afrique a été le point de départ du commerce triangulaire. Nubiens, Peuls, Songhaïs, Yorubas, Somalis : en près de trois siècles, plus de 20 millions d’Africains ont été arrachés à la terre de leurs ancêtres, vendus et réduits en esclavage. Colossal dans sa durée et phénoménal dans les souffrances qu'il a engendré, l'esclavage est encore en partie un tabou dans les sociétés qui ont fondé leur prospérité sur lui. Quel héritage culturel l'esclavage a-t-il laissé dans notre monde ? Quelles séquelles dans la mémoire des Afro-descendants ? Plus de 160 ans après son abolition, ces émissions proposent d'éclairer la façon dont ce système criminel a façonné notre monde et notre culture.

Ce documentaire présente le projet du Mémorial ACTe inauguré à Pointe-à-Pitre en 2015, qui se veut à la fois un espace de célébration mais aussi un centre d’expression, un lieu de découvertes, de rendez-vous culturels pour la population guadeloupéenne et le public scolaire, un carrefour des savoirs, et enfin un lieu de ressources et de travail pour les chercheurs, les artistes et les créateurs.

La Fabrique de l'Histoire
52 min

Il faudra attendre 2001 pour que la traite négrière soit reconnue comme un crime contre l'humanité et 2006 pour qu'une journée commémorative (le 10 mai) voit le jour... Ce documentaire, réalisé en Martinique et en Guadeloupe, et qui donne la parole à des historiens antillais, permet de mieux comprendre la façon dont le traumatisme de l'esclavage, tant du côté des descendants d'Africains réduits en esclavage qu'au sein de la société antillaise dans son entier, est toujours vivace... Et que, face à l'étendue du crime, les stèles commémoratives et les journées du souvenir ne suffisent pas.

LSD, La série documentaire
55 min

A l'occasion du 170e anniversaire de l'abolition de l'esclavage, cette émission convie deux historiennes afin de dresser un tableau de son histoire, mais aussi des séquelles et des héritages culturels qu'il a laissé dans notre monde. Un tableau bien vivant, chargé de souvenirs à vif, lourd de révoltes qui nous entraîne du Caire à Tombouctou, du Cap Vert à Bordeaux, de Lisbonne à Londres.

La Grande table (2ème partie)
34 min

Le 10 mai 2001 était adoptée la loi Taubira, qui reconnaît la traite et l'esclavage comme crime contre l'humanité. L’adoption d’un tel texte n’a pas été sans combats. 20 ans plus tard, l’ancienne ministre de la Justice Christiane Taubira revient sur le contexte dans lequel la loi qui porte son nom a été élaborée et adoptée par le Parlement français.

L'Invité(e) des Matins
44 min

Si la reconnaissance de l'esclavage comme crime contre l'humanité en 2001 avait été un premier pas vers la réparation, l'indemnisation, figurant dans le projet initial de Christiane Taubira, avait été écartée. La condamnation morale de l'esclavage doit-elle s'assortir d'une réponse économique ? Si oui, faudrait-il indemniser individuellement les descendants d’Africains réduits en esclavage ? Ou confier ces sommes à des institutions économiques et sociales chargées de combler les inégalités issues de cette institution ? Cette émission pose les termes d'un débat récemment relancé aux Etats-Unis par un vote du Congrès ouvrant la voie à des indemnités pour les descendants d’anciens esclaves du Sud.

Le Temps du débat
38 min