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Histoire : la France dans la Seconde Guerre mondiale

Le 26 août 1944, au lendemain de la libération de Paris, la foule assiste au défilé des troupes alliées sur les Champs-Elysées
Le 26 août 1944, au lendemain de la libération de Paris, la foule assiste au défilé des troupes alliées sur les Champs-Elysées
© Getty - Jack Downey/Buyenlarge

Vie quotidienne sous le régime de Vichy, collaboration avec l'occupant nazi, résistance : quelles étaient les réalités des Français entre 1939 et 1945 ? Cette sélection d'émissions propose d'analyser deux événements essentiels pour comprendre cette période : la déportation des Juifs et la Résistance

Comment le processus élaboré par IIIe Reich pour mettre en œuvre le génocide des Juifs d’Europe a-t-il pris forme sur le sol français ? Si la rafle parisienne du Vel d'hiv' est restée dans toutes les mémoires, on sait moins qu'elle a été précédée d’autres vagues d’arrestations en 1941. 

Après la défaite de 1940, quelle a été la forme de la résistance à l'occupant nazi ? Doit-on d'ailleurs parler de résistance au singulier ou plutôt au pluriel ? Faut-il l'écrire avec une majuscule ? D'un mouvement émietté, disséminé au début de la guerre, la Résistance va peu à peu se structurer et acquérir unité et identité à partir de 1943, année dont on peut dire qu'elle marque un point de bascule du mouvement. 

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Cette sélection d'émissions de "La Fabrique de l'histoire" permet de faire le point sur l'état actuel des connaissances historiques et des débats à propos de deux événements majeurs de la Seconde Guerre mondiale en France : la déportation des Juifs d'une part, et la Résistance d'autre part.

Dans le cadre de l'opération Nation Apprenante, en partenariat avec le ministère de l’Education nationale et de la Jeunesse, cette présentation d'émissions sera suivie d'une précision sur le niveau scolaire auquel elle peut faire écho. Que cela n'empêche pas les plus curieux d'y jeter une oreille...

Puis-je être considéré comme un résistant si j‘écris dans mon journal intime que je suis opposé au régime de Vichy ? Ou si j'héberge chez moi une personne recherchée ou persécutée pour une nuit ? Le terme de "résistance mouvement" forgé par l'historien François Marcot englobe ceux qui de près ou de loin ont contesté le régime de Vichy, y compris au sein de la sphère privée. Cette émission propose de faire le point sur les différences entre l'engagement actif au sein des réseaux clandestins de la Résistance et les formes de résistance telles qu'elles ont pu se déployer sur d'autres registres que celui du combat militant.

En savoir plus : La résistance en action

Si la rafle parisienne du Vel d'hiv' est restée dans toutes les mémoires, on sait moins qu'elle a été précédée d’autres vagues d’arrestations en 1941 dont l’ampleur cependant n’avait rien à voir avec celle de ce mois de juillet 1942 qui va conduire plus de 13 000 juifs à la déportation et à la mort. Comment ces arrestations massives ont-elles été organisées ? Qui en a eu la charge ? Ont-elles atteint leur but ? Qui a permis à certains parmi les Juifs qui devaient être raflés d'échapper finalement aux forces de police ?

En savoir plus : Les rafles de l'été 1942

Printemps 1943, près d'un millier de Juifs étrangers convergent dans l'arrière-pays niçois, dans le village de Saint-Martin-Vésubie, où les autorités d'occupation italienne les assignent à résidence. Jusqu'au milieu de l’année 1943, ce village de montagne est un havre de paix, un refuge difficile à imaginer dans l’Europe en guerre. Comme dans toute la zone d'occupation italienne, les Juifs sont protégés des Allemands et de la police vichyste. Mais le 9 septembre 1943, l’armistice signée entre Eisenhower et le maréchal Badoglio et l’arrivée imminente à Nice du capitaine SS Aloïs Brunner sonne l'heure de la fuite. En deux groupes, la petite communauté juive réfugiée quitte le village à pied afin de rejoindre l'Italie via les cols de Fenestre et de Cerise. En tout, un millier d'hommes, de femmes, d'enfants et de vieillards marcheront plusieurs jours à travers les pentes rocailleuses du Mercantour et de l’Argentera. A leur arrivée de l'autre côté de la frontière, 350 d'entre eux environ seront déportés à Auschwitz, dont la plupart ne reviendront pas.

En savoir plus : 1943 Saint Martin Vésubie, l'histoire d'un millier de juifs

De 1939 à 1945, la petite ville de Moissac (9 000 habitants) dans le sud-ouest de la France a accueilli et protégé de la déportation 500 enfants juifs venus de tous les coins d’Europe. Grâce au courage d'un jeune couple, les Simon, et à la bonne volonté du maire de l'époque, Roger Delthil, qui met à disposition une maison située sur les bords du Tarn, ces enfants vont être cachés et même pouvoir continuer d'aller à l’école avec les enfants moissagais. Quand, en 1943, la zone libre est occupée, les enfants ont alors été cachés dans des familles alentour. Au-delà de ces familles qui se sont vues décerner le titre de "Justes parmi les nations qui ont mis leur vie en danger pour sauver des Juifs" par le mémorial de Yad Vashem à Jérusalem, le plus extraordinaire reste la complicité de toute une ville : élus, habitants, enseignants ou paysans, tous ont protégé ces enfants par leur silence et leur bienveillance. Cette histoire exemplaire et porteuse d’espoir permet d'apporter un éclairage sur l’attitude de nombreux Français pendant la Seconde Guerre mondiale, résistants anonymes.

En savoir plus : Moissac, ville de Justes

Ces émissions sont indiquées pour les classes de terminale, elles contribuent à l'enrichissement des connaissances requises par le tronc commun du programme d'histoire (thème 1).

À lire : Regardez "Les enfants du 209, rue Saint-Maur" pour se rappeler qu’en temps de crise, chaque décision compte