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Histoires de peintures : Vermeer fin et flou

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La Jeune Fille à la perle de Vermeer (1665)
La Jeune Fille à la perle de Vermeer (1665)

Histoires de peintures. Quinzième émission d'une série de vingt cinq causeries de Daniel Arasse. L'historien de l'art tente de percer la singularité et le mystère du peintre baroque néerlandais Johannes Vermeer ou " Le sphinx de Delft" comme on l'avait appelé au XIXème siècle.

"Un tableau qui m'a toujours plu, aussi loin que je puisse me rappeler, c'est La jeune fille à la perle, d'une beauté et d'une douceur qui, quand j'avais quinze ans, me rendaient amoureux, de la jeune fille mais pas du tableau..." Au delà des premiers émois suscité par la vision du célèbre tableau, Daniel Arasse va s'attacher à comprendre la singularité de Vermeer par rapport à son époque. Qu'est-ce qui fait de lui un peintre au statut exceptionnel ?

Histoires de peinture de Daniel Arasse : Vermeer fin et flou

18 min

Un peintre à regarder

L'emploi de la chambre noire (technique photographique) pour obtenir ces effets de diffusion lumineuse, le flou, ou la présence d'obstacle entre le spectateur et le sujet qu'il représente... autant de questions qui taraudent Daniel Arasse mais qui lui permettent de considérer que Vermeer n'est pas "le peintre ingénu que l'on croit. C'est un peintre profondément médité et il faut regarder. Regarder, regarder, regarder..."

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La Laitière de Johannes Vermeer peint en 1658
La Laitière de Johannes Vermeer peint en 1658
- Wikipédia

L'emploi de la perspective

Daniel Arasse relève que tous les tableaux de Vermeer sont élaborés de la même façon concernant la perspective. Il s'appuie sur son huile sur toile La Dentellière, peinte entre 1669 et 1671 pour en faire la démonstration.

La Dentellière de Johannes Vermeer
La Dentellière de Johannes Vermeer
- Wikipédia

"La ligne d'horizon géométrique, qui correspond  à notre oeil de spectateur, est extrêmement proche du niveau de l'oeil des figures peintes, mais il est toujours un peu plus bas. Nous sommes donc au plus près de la figure peinte, mais nous sommes très légèrement décalés par rapport à elle, tout près de son regard, mais nous ne le partageons pas."

Daniel Arasse, passeur de génie

Daniel Arasse - capture d'écran
Daniel Arasse - capture d'écran
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Jamais quelqu’un n’avait aussi bien parlé de la peinture, tout style et toute époque confondue. Avant sa disparition en 2003, il avait enregistré pour France Culture, une « Histoire de la peinture » qui est devenue une référence dans le monde entier.

Daniel Arasse vous guide à travers cinq siècles d’Histoire de la peinture. Il vous prend par la main et vous emmène au plus près de toiles de grands maîtres en développant une approche didactique mêlant ses propres découvertes, son étonnement parfois, à la rigueur de la démonstration et à la précision du trait. Né en 1944 à Alger, élève de l’École normale supérieure, puis de l’école française de Rome de 1971 à 1973, il a consacré l’essentiel de ses études et de ses publications à l’art de la Renaissance italienne, dont il était le meilleur spécialiste français. Grand conférencier qui savait capter son auditoire, il rencontra la radio en 2001. Et France Culture, sous l’impulsion de Laure Adler, lui confia une émission mensuelle : « Art et essais ». Mais « son plus beau cadeau », selon Bernard Comment, son ami et producteur de l’émission « Histoires de peintures », fut une cette "Histoire de la peinture", diffusée sur France Culture en vingt-cinq épisodes à l'été 2003. En compagnie du réalisateur Jean-Claude Loiseau et des techniciens en studio, Bernard Comment restait souvent électrisé devant la voix de Daniel Arasse, qui donnait à voir toute une série de tableaux et de fresques et faisait naître l’envie de « se précipiter pour les contempler autrement. »