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Histoires de son des auditeurs - Il était une fois un pot de fleur, par Clériver

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Il était une fois le fracas d’un pot de fleurs qui se brise. J’étais alors étudiante en soins infirmiers. J’effectuais un stage dans un hôpital. Ce jour-là, je traverse un couloir, je tourne à l’angle de celui-ci et je m’engage dans un autre couloir, quand soudain, j’entends le son d’un objet qui se fracasse sur le sol. Par réflexe, je m’arrête et je me retourne. Je constate qu’un pot de fleurs brisé gît sur le sol. J’observe, éparpillés à quelques mètres de moi, les morceaux du pot en terre cuite ainsi que la terre qu’il contenait. Je ne comprenais pas comment ce pot de fleurs, qui était posé sur le rebord de la fenêtre, a pu tomber. Il n’y avait personne qui aurait pu provoquer sa chute. Je regarde le spectacle qui s’offre à moi avec incompréhension. Je m’apprête à aller chercher un balai lorsqu’une aide-soignante arrive en sens inverse. Elle me voit, elle voit le pot de fleurs cassé en morceaux et m’accuse immédiatement d’être responsable de ce désastre. Je tente de lui expliquer qu’il était tombé tout seul quand une infirmière arrive, cette fois-ci, de l’autre côté et sollicite ma présence auprès d’un patient. L’aide-soignante me dit qu’elle va nettoyer le sol. Je lui réponds que je peux m’en occuper mais l’infirmière insiste pour que je l’accompagne. Nous laissons l’aide-soignante sur le lieu du crime car il s’agissait d’un crime pour elle. Persuadée que j’étais coupable d’agression envers un innocent pot de fleurs, elle me dénonça auprès de ses collègues. Pourtant je n’ai rien fait. Plus tard dans la journée, une autre aide-soignante se dirige vers moi et me demande pourquoi j’ai agi comme je l’ai fait. Pourquoi ai-je cassé un pot de fleurs ? Je tente à nouveau d’expliquer les faits mais on ne me croit pas. Il semblerait que ce soit un passe-temps pour moi de détruire le premier pot de fleurs qui croise mon chemin. Cette journée me semblait surréaliste. Tous étaient convaincus de ma culpabilité. Pour ma part, je me demandais comment le pot de fleurs s’est brisé. La fenêtre était-elle semi-ouverte ? Elle semblait pourtant être bel et bien fermée. Et si c’était le vent qui avait ouvert la fenêtre ? Mais le vent soufflait-il ? Je n’en ai pas le souvenir. La fenêtre semblait être fermée et elle était fermée. Peut-être qu’une personne avait mal posé le pot de fleurs ? C’était possible. Je me repassais la scène dans ma tête et je ne comprenais pas comment ce pot de fleurs a pu glisser du rebord de la fenêtre. Peut-être que je suis dotée de dons surnaturels et que malgré moi j’ai déplacé le pot de fleurs dans les airs à la manière de Merlin l’Enchanteur ? L’idée d’un fantôme qui aurait voulu faire une petite farce m’a même traversée l’esprit. Je n’arrivais pas à comprendre ce qui s’était passé. Pour le personnel soignant, il n’y avait rien à comprendre puisque j’étais la coupable désignée. Mais en ce qui me concerne, l’affaire du pot de fleurs demeure encore à ce jour un mystère irrésolu. Clériver