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Ils font la "quenelle" de Dieudonné au lycée et finissent en garde à vue

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Deux adolescents de l'Essonne ont passé plusieurs heures en garde à vue mardi pour avoir réalisé le geste controversé de la quenelle dans leur lycée. Une enquête est ouverte pour "apologie de crimes contre l'humanité".

Ces deux adolescents de Montgeron (91) regrettent déjà terriblement leur geste "débile qui n'a rien d'antisémite" . Cette semaine ils ont connu la pénible expérience de la garde à vue, et ils devront affronter jeudi le conseil de discipline de leur lycée.

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Dieudonné M'bala M'bala
Dieudonné M'bala M'bala

Le reportage d'Abdelhak El Idrissi dans le journal de 18h :

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Les faits pour lesquels ils se retrouvent dans cette situation remontent au début du mois de décembre 2013.

Dans un couloir du lycée, un des deux élèves fait le geste de la quenelle de Dieudonné, considéré comme un salut nazi pour certains, et comme un bras d'honneur pour d'autres. Face à son camarade qui immortalise la scène, il pose derrière un ananas. Le fruit est utilisé par Dieudonné et ses fans lors des spectacles quand ils chantent la controversée chanson, "Shoah-nanas."

Les deux jeunes sont repérés et dénoncés par un autre lycée à la professeur principale.

Cette dernière, qui a assuré un cours aux lycéens juste avant, et se sentant directement insultée par un geste antisémite et alerte le proviseur. En revanche, elle n'a déposé plainte que que récemment, le 3 janvier.

**"C'est contre le système" **
C'est en arrivant chez eux lundi soir qu'ils sont priés de se présenter au commissariat de Montgeron. A leur arrivée, ils sont auditionnés et rapidement placés en garde à vue après concertation entre les policiers et les magistrats du parquet d'Evry.

L'infraction retenue, pour le moment, est "l'apologie de crimes contre l'humanité" .

Les adolescents sont effarés. Pour eux, il s'agit d'un geste "contre la société" et non antisémite comme l'affirme celui qui a fait la quenelle :

Je l'ai fait, c'était juste pour m'amuser je voulais pas le faire contre qui que ce soit. On m'a dit que j'ai fait un geste antisémite, mais moi c'était pas pour ça, c'était contre la société.

Le parquet confirme qu'une enquête est en cours. Les deux jeunes ont été relâchés mardi dans la soirée, après plus de trois heures de gade à vue.

Ils devront également répondre de leur geste jeudi à l'occasion d'un conseil de discipline décidé par le lycée.

Le proviseur de l'établissement n'était pas joignable malgré nos nombreux appels, mais son adjointe nous a expliqué qu'il n'y aurait aucune communications sur ce sujet.

En attendant, les deux jeunes, qui passent le bac à la fin de l'année risquent l'exclusion, pour "un pari", "une bêtise" comme ils le reconnaissent.

Un geste qui pourrait leur coûter très cher vu la sensibilité médiatico-politique du sujet.

Une source proche de l'équipe pédagogique du lycée affirme que les lycéens en cause n'en sont pas à leur premier dérapage, et qu'il auraient profité de l'élection des délégués de classe en septembre dernier pour glisser dans l'urne "des bulletins aux noms d'Adolf Hitler Klaus Barbie, Marine Le Pen, et Jean-Marie Le Pen".