Un homme porte un masque près de la Tour Eiffel.
Un homme porte un masque près de la Tour Eiffel.

Immunité, symptômes, recherche... les réponses à vos questions sur le coronavirus

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Immunité, symptômes, recherche... les réponses à vos questions sur le coronavirus

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Vidéo | Nicolas Martin, producteur de La Méthode scientifique, était en direct vidéo ce mercredi matin pour répondre à vos nombreuses questions scientifiques liées à l'épidémie qui sévit.

Ce matin, Nicolas Martin, auteur de la chronique Radiographie du coronavirus, accompagné par l'équipe de La Méthode scientifique, a répondu en live, sur Facebook, aux nombreuses questions scientifiques des auditeurs de France Culture. Un live que vous pouvez retrouvez ici ou bien sur notre page Facebook. 

Rendez-vous mercredi 15 avril pour un nouveau live, à 9h, sur Facebook, avec Nicolas Martin.

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Une première question qui nous a été posée par Lise Guerriero : "Bonjour, si on a été contaminé, à partir de quand peut-on se considérer comme immunisé et plus dangereux pour les autres ? Et pendant combien de temps ?"

Cette question de la contagiosité dépend en fait des symptômes que l’on a déclarés. On sait qu’on est contaminant, en général, 48 h avant l’apparition des symptômes. Je vous rappelle que le temps moyen d’incubation de la Covid-19 - puisqu’il faut dire « la » Covid-19 - est de 5 jours. Cela peut aller jusqu’à 14 jours, mais la moyenne, c’est 5 jours. On deviendrait donc contaminant pendant 48h avant de déclarer des symptômes, ce qui qui pose un certain nombre de problèmes: c’est ce que l’on appelle la contamination asymptomatique.

Quand on ne déclare pas les symptômes, c’est plus compliqué. On pense que l’on peut être contaminant pendant 10 à 15 jours. C’est pour cette raison que l’on demande aux personnes qui sont malades de rester en quarantaine pendant 15 jours.

Ce qui est certain, à partir du moment où on déclare des symptômes légers ou modérés - en espérant évidemment ne pas avoir à aller à l’hôpital - c’est que pour éviter de contaminer les autres, il faut respecter la quarantaine stricte et sortir le moins possible. Si vous sortez, à ce moment-là, portez un masque chirurgical, il peut vous être prescrit par votre médecin si vous déclarez les symptômes, et vous pouvez en acquérir en pharmacie. Et à défaut de masque chirurgical, portez un masque en tissu, qu’il faut laver toutes les heures. Les masques chirurgicaux se changent eux, toutes les 2 à 3 heures.

J’ai une question d'Angélique Huwer sur Facebook : “Bonjour, arrive-t-on à expliquer pourquoi des personnes n'ont pas ou peu de symptômes par rapport à d'autres ?”

C’est une question complexe qui appelle beaucoup de réponses. Déjà, il convient peut-être de rappeler qu'effectivement il y a un taux de personnes totalement et complètement asymptomatiques. Ce taux est très variable, on a encore du mal à l’estimer et on ne pourra l’estimer plus précisément qu’à la fin de l’épidémie, avec des tests de grande envergure. Pour le moment, il est évalué entre 15%, 30% voire 40% selon les études. C’est donc assez variable.

Pourquoi quelqu’un déclare des symptômes, parfois sévères, et pourquoi pas d’autre ? Les premières variables déjà sont l’âge - les personnes plus âgées déclarent plus facilement des symptômes - et les comorbidités, c'est-à-dire les maladies que l’on peut avoir à côté de la Covid, principalement l’obésité. On s’en rend compte en ce moment, plusieurs études viennent de sortir sur le sujet, qui montrent que les personnes souffrant d’obésité développent la maladie et des formes plus graves. [Il y a également] le diabète, les maladies cardiovasculaires et les maladies respiratoires évidemment : les gens qui ont des infections respiratoires sévères précisent que l’asthme, quand c’est un asthme léger et contrôlé, n’est pas un facteur de comorbidité. Seules les personnes qui sont asthmatiques graves, qui ont été hospitalisées récemment, elles, ont des facteurs aggravants. Bref, ce sont les comorbidités et l’âge qui sont les premiers facteurs de développement des symptômes.

Ensuite sur la question « Pourquoi sur une personne bien portante, relativement jeune, pourquoi l’une déclare des symptômes et l’autre pas ? ». Là aussi, il y a énormément des possibilités. On pense à des prédispositions génétiques. Il y a aussi la question récente, évoquée dans ma chronique hier, de la vaccination contre le BCG qui fait une différence dans les pays de l’Est, qui sont encore vaccinés contre le BCG. Je vous renvoie à cette chronique d’hier. Il y a beaucoup de paramètres et je ne crois pas qu’il soit possible de donner une réponse unique à cette question.

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Une question de Christophe Brebion : "Pourquoi les coronavirus ne partent-ils pas avec les beaux jours ?" 

C’est une question sur la saisonnalité du virus, qui est une vraie question, que nous avons traité dans une chronique il y a quelques jours de cela : la question de la température ! Pendant un moment les virologues ou infectiologues se sont dit qu’avec l’arrivée des beaux jours, le virus va moins bien survivre à des températures plus élevées. Là-dessus il faut prendre beaucoup de précautions : d’une parce qu’il y a des pays du Sud-est asiatique comme Singapour ou Taiwan où le virus s’est développé alors qu’au mois de janvier les températures sont de l’ordre de 30°C.

Néanmoins j’ai souvenir d’une étude chinoise qui montrait que dans 90 % des pauys qui ont été frappé par l’épidémie, les températures étaient dans une échelle comprise entre 3 et 17°C.Il est possible que le virus ait une légère sensibilité saisonnière, mais il faudra le constater au fur et à mesure et à l’expérience. Ce que l’on sait de façon certaine, c’est que les virus, lorsqu’ils ne sont pas à l’intérieur d’un organisme, sont fragiles, et que les virus sont notamment très sensibles aux rayonnements UV, c’est-à-dire que quand il fait beau, quand il y a du soleil, leur matériel génétique se dégrade beaucoup plus vite. On sait aussi que les virus se transmettent plus facilement dans un air sec, ce qui est le cas en hiver - puisqu’il y a plus d’humidité dans l’air au printemps et en été. Pourquoi ? Simplement parce que les gouttelettes que l’on exprime, qui contiennent le fameux matériel viral, deviennent plus lourdes avec l’humidité atmosphérique. L’humidité s’y agrège, et les gouttelettes retombent plus facilement et donc la transmission, la persistance du virus dans l’air, serait meilleur quand l’air est sec.

Mais tout ça ce sont des modèles relativement théoriques. J’ai le sentiment, mais je parle avec beaucoup de précautions, que plus grand monde aujourdh’ui dans la communauté virologique n’attend de variations saisonnières marquantes, ou en tout cas suffisantes, pour être une aide au fléchissement de l’épidémie. C’était une option évoquée au début, mais je crois que ça ne l’est plus aujourd’hui. 

4 min

Retrouvez toutes les chroniques de Nicolas Martin : Radiographie du coronavirus.