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"Insécurité culturelle" et "insécurité identitaire" : de quoi ces mots sont-ils le nom ?

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Découvrez la série géographique d'inventaire pour élection La France est morte, vive la France ! Diffusée et publiée du 21 avril au 11 mai 2012, cette série propose 8 billets sur Globe, avec plusieurs cartes qui bousculent la géographie électorale traditionnelle ; et 5 émissions de Planète terre à (ré)écouter en ligne. Retrouvez aussi le dossier spécial Présidentielle 2012 de France Culture.
Depuis dimanche soir, le vote pour le Front national est abondamment commenté. Sont invoqués : la désindustrialisation ; la crise économique ; la crise de l'euro ; la précarisation du travail ; la baisse du pouvoir d'achat et du niveau de vie ; la péri-urbanisation ; le sentiment de déclassement ; le sentiment d'abandon ; l'insécurité. Chacun a lu ou entendu ces analyses au gré de sa navigation sur les journaux et les antennes. Par exemple et parmi beaucoup d'autres : Jacques Lévy et Hervé Lebras dans Le Monde daté 24 avril, Frédéric Sawicki dans Médiapart du 25 avril, Béatrice Giblin dans les Matins de France Culture du 25 avril et dans Libération du 26 avril, Sylvain Crépon dans le magazine de France Culture du 27 avril... Néanmoins, depuis dimanche soir, deux expressions, revenues plusieurs fois, m'ont fait tendre l'oreille : l*’insécurité culturelle* et l*’insécurité identitaire* . Ces deux vocables complètent un dyptique devenu familier : l’insécurité économique et l’insécurité sociale. Le tout constitue une extension de la notion d’insécurité. Celle-ci désigne un niveau de violence et de délinquance selon lequel le territoire habité n’est plus sûr au quotidien pour ses habitants.

Quantifier et qualifier la violence et la délinquance est une chose chercher à mesurer l’insécurité, en est une autre. C’est se placer sur le registre du ressenti. En parlant d’insécurité, le chercheur se place, au choix, sur le registre de la psychologie et du vécu ou sur celui du discours normatif. L’usage de la notion d’insécurité en politique n’est pas plus neutre. Violence et délinquance sont dans certains territoires, fortes. Monter en généralité pour faire de la lutte contre l’insécurité un programme politique national revient à faire peur au plus grand nombre, y compris et surtout à ceux qui ne sont pas confrontés à la violence. C'est ce qu'ont fait l'UMP et Nicolas Sarkozy depuis dix ans. Plutôt qu’à chercher à faire baisser les violence et la délinquance là où elles gâchent et déstabilisent la vie de ses habitants, placer l'insécurité – et son corolaire, la victimisation - au centre d'une politique nationale a pour effet de sidérer le plus grand nombre, et d'étouffer, à grande et à petite échelle, l'imagination politique.

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De géographie de la violence, des politiques de lutte contre la délinquance et ses causes, de l'instrumentalisation du sentiment d'insécurité, il n'a pas été spécialement question dans la presse depuis une semaine. Mais plusieurs voix, sollicitées depuis dimanche soir pour expliquer le score du Front national au premier tour de l’élection présidentielle, invoquent l’insécurité culturelle et l’insécurité identitaire . Il s’agit là de rendre compte du fait qu’un nombre certain de personnes interrogées dans des enquête expriment les impressions suivantes : ils ressentent que leur modes de vie, leurs repères, leur identité sont menacés. A partir de ce résultat d’enquête, les chercheurs forgent cette double notion d’insécurité culturelle * et d’insécurité identitaire* . Qu’est ce qu’une culture menacée ? Qu’est ce qu’une identité menacée ?

Ces termes « d’insécurité culturelle » et « d’insécurité identitaire » sont employés comme deux évidences comme allant de soi. C’est inquiétant. Ainsi ce 24 avril, sur France Inter, dans le journal de 13h, Laurent Bouvet invoque « l’insécurité identitaire »à plusieurs reprises, sans en donner de définition la consœur qui mène l’entretien ne demande pas à son invité de préciser la signification de cette expression « d’insécurité identitaire », pourtant assez inusitée. Il est vrai que lorsque celle-ci déclare "Marine Le Pen a donné une sacrée leçon de politique aux autres hommes politiques", son invité, politiste de profession, ne commente ni ne la questionne sur ce jugement de valeur qu’elle énonce, elle aussi, comme une évidence.

Ce vendredi 27 avril matin, dans la matinale de l’antenne qui nous est chère et nous réunit ici, Alain Mergier, sociologue, prend plusieurs précautions oratoires pour amener la notion d’insécurité culturelle. Hélas, autant il définit en quelques mots les expressions d’insécurité économique et sociale, autant, malgré une relance très précise de Marc Voinchet et Brice Couturier, nous n’en saurons guère plus sur « l’insécurité culturelle » - si ce n’est qu’il faut la prendre en compte, et accepter d’en parler, quand bien même il est délicat d’en parler. Laurent Bouvet l’emploie également dans une tribune publiée dans Le Monde daté du 25 avril – toujours comme une évidence qui se passe d’explicitation et de définition.

En vingt ans, on passe ainsi de la délinquance et de la violence à l’insécurité puis de l’insécurité à l’insécurité économique, puis sociale. Soit. Enfin, et, surtout, on passe de celles ci à l’insécurité culturelle et, last but not least , à l’insécurité identitaire. Ces glissements, pas plus expliqué que justifié, sont présentés comme évidents – comme des termes banals. Peut être ont ils été expliqués, explicités, dans des publications ? Je n’ai pas lu, depuis mardi, les livres écrits par Laurent Bouvet, l’invité de France Inter, ni ceux d’Alain Mergier, l’invité de Marc Voinchet sur France Culture. J’ai cherché à me procurer et à lire, en revanche, ceux de leurs articles accessibles en ligne sur Cairn, portail électronique de revues scientifiques; ou celles de leurs interventions dans la presse accessibles en ligne. Plusieurs de ces dernières sont proposées et regroupés sur un blog, celui de la « Gauche populaire ».

J’avais lu le livre et plusieurs articles de Christophe Guilluy, géographe, qui appartient au même cercle intellectuel et politique – je le découvre en cherchant des articles sur cette double expression d’insécurité culturelle * et d’insécurité identitaire* . Dans son livre, fractures françaises Bourrin, 2011, C. Guilluy emploie le premier de ces deux termes (pp. 172-174).

Un mot de contexte. Dans son essai, fractures françaises, C. Guilluy livre son diagnostic sur la nouvelle géographie socio-spatiale de la France. Pour C. Guilluy, la nouvelle forme prise par la question sociale opère une séparation au sein des couches populaires. Il y aurait deux grands types de couches populaires : les premières sont dans le flux de la mondialité, les secondes sont en marge de l’espace mondial ; cette séparation est pour partie territorialisée : les premières habitent plutôt dans des banlieues, voire dans les villes-centres, les secondes habitent plutôt dans des territoires péri-urbains enfin, cette double dissociation correspond à une séparation qualifiée tantôt de culturelle tantôt d’ethnique : les premières de ces couches populaires sont les immigrés récents et leurs enfants les secondes sont des français de longue date ou des français d’origine immigrée plus lointaine - dans le livre, cette distinction recouvre souvent une distinction entre une origine immigrée de territoires d’Afrique ou d’Asie pour les premières et de territoires européens pour les secondes. Les partis de gauche, tiraillés entre les deux parties du peuple dorénavant scindé, auraient choisi de se tourner vers la première – celle des villes-centres et des banlieues - et de ne plus répondre aux aspirations de la seconde – celle des territoires péri-urbains.

C. Guilluy en tire plusieurs éléments neufs de géographie électorale de la France, évoqués à plusieurs reprises dans Planète terre et sur Globe ces dernières semaines. Le vote FN est sur représenté dans les territoires de grande périphérie urbaine. Son diagnostic est d’ailleurs convergent, dans l’ensemble, avec celui du gradient d’urbanité proposé par Jacques Lévy et évoqué mercredi 25 avril à l’antenne dans Planète terre. Les conclusions qu’il en tire sont, par contre, divergentes : Christophe Guilluy met l’accent sur le séparatisme socio-ethnique, là où Jacques Lévy met l’accent sur l’exposition à l’altérité ou à l’entre soi, et le choix fait, en dernière instance, entre ces deux paradigmes politiques. Jacques Lévy constate par ailleurs partout en France une couronne péri-urbaine d'habitants très aisés, dans laquelle le vote FN est également sur-représenté. Je laisse là cette comparaison, qui n’est pas le propos de ce billet.

Je reviens à mon étonnement inquiet suscité par l’emploi, à l’oral, à des heures de grande écoute, de ces vraies-fausses évidences que sont l’insécurité culturelle et l’insécurité identitaire . Sauf erreur de ma part, ce ne sont pas, par ailleurs, des catégories du vocabulaire des sciences humaines et sociales dont l’emploi serait à ce point passé dans les ouvrages de vulgarisation ou dans le langage courant, qu’elles pourraient être évoquées sans être explicitées. Pourquoi donc employer ces mots là, forger ces notions là pour désigner ce qui est repéré ? Que faut il comprendre ?

Dans son livre, C. Guilluy voit dans le vote de 2007 un vote « post-républicain » : pour la première fois, à ce point, « l’origine des électeurs a influencé le résultat électoral », (p. 170). « On ne peut répondre à la question de l’insécurité sociale sans la connecter à la question de la mondialisation et de l’instabilité culturelle qu’elle génère. Les milieux populaires sont bien confrontés à une nouvelle précarisation sociale mais aussi aux défis d’une nouvelle société mondialisée et multiculturelle. En abordant la question sociale comme on le faisait dans les années 1970, la gauche montre qu’elle n’a pas pris la mesure d’une « insécurité culturelle » qui frappe l’ensemble des couches populaires d’origine française ou immigrée. L’incrustation depuis plus de vingt ans du vote FN en milieu ouvrier et plus généralement dans l’électorat populaire démontre une mutation de la demande sociale qui revêt désormais aussi une dimension culturelle. » (p.174). De quel registre culturel est il question ? Le flou demeure.

Dans un chapitre antérieur, C Guilluy explique avoir repéré un sentiment récent chez des habitants de certains quartiers : celui de se sentir minoritaire – blancs dans des territoires où la majorité des habitants ne le sont pas (chapitre 4, le temps des minorités et des majorités relatives). « La mondialisation libérale, qui a contribué à diffuser largement l’insécurité sociale à l’ensemble des catégories populaires, est aussi à l’origine d’une instabilité démographique source « d’insécurité culturelle » dans ce même milieu une insécurité qui s’exprime derrière les débats controversés de l’intégration ou de l’identité nationale » (p. 58). De plus en plus, dans les milieux populaires, les français voteraient selon leur appartenance dite ethnique. A vérifier, mais pourquoi pas, si c’est ce qui ressort des enquêtes. Mais alors, si c’est le cas, pourquoi ne pas poser la question suivante : voter, directement ou indirectement, en fonction de son origine dite ethnique, est-ce ou non différent, politiquement, de la xénophobie ou du racisme – ou, à tous le moins, du communautarisme ?

Et aussi : pourquoi qualifier, dans le registre scientifique, ce sentiment d’être minoritaire « d’insécurité culturelle » ? Qui plus est sans expliciter ni justifier l’emploi de cette notion ? L’expression, employée dans plusieurs articles et interventions des trois chercheurs ici évoqués, est à la fois floue et très large… Et pourquoi glisser, sans autre forme de procès à « insécurité identitaire » (expression convoquée ce 24 avril sur France Inter dans l’entretien donné par Laurent Bouvet) ?

Ce dernier n'emploie pas ce vocable dans l'article « le sens du peuple » qu'il a récemment publié dans la revue Le Débat (n° 164, Gallimard, 2011/2, pp.136-143) . L'article considère que les partis de gauche ont abandonné le terrain des valeurs des classes populaires à l'UMP et au FN ; que leur dénonciation du populisme masque en fait un désintérêt pour les classes populaires, une renonciation autant qu'une incapacité à les représenter et à défendre leurs intérêts. Comment se caractérisent cet abandon, ces intérêts et ces valeurs ? Par la « stigmatisation [par la gauche] de la figure populaire nationale comme d'un « Dupont Lajoie » raciste, xénophobe, sexiste et homophobe ; et, d'autre part, l'exaltation de la différence identitaire culturelle comme d'un bienfait en soi pour la société. » (p.141). L'article postule, sans définir la notion ni justifier la date, que « les sociétés européennes vivent depuis la fin des années 1960 une crise identitaire multiforme ». La gauche aurait commis une erreur de perspective en considérant que « le multiculturalisme pouvait être une solution à cette crise plutôt qu'un problème social à résoudre pour espérer en sortir ». (p. 144). C'est l'attachement à la défense des droits - des femmes, des homosexuel(le)s, des migrants... - qui aurait poussé la gauche vers la promotion du multiculturalisme et l'aurait coupé du peuple. La gauche aurait substitué la défense des minorités et le multiculturalisme à l'égalitarisme (p.141). «Le multiculturalisme est un idéal en forme d'illusion (…) Eriger en doctrine politique un fait social, même majeur, tel que la composition de plus en plus multiculturelle des sociétés européennes du fait de l'immigration massive (de travail puis familiale) d'origine extra-européenne est une erreur lourde de conséquence » (p.143). « Dans cette circonstance [l'orientation néo-populiste donné au FN par M. Le Pen], continuer de défendre sous différentes formes et à travers différentes propositions de politique publiques un droit à la différence, voire un devoir de diversité des « minorités », qu'il s'agisse, pêle-mêle (sic ), des femmes (re sic : 51% de la population! ), des homosexuels ou des immigrés de confession musulmane, pourrait s 'avérer dévastateur politiquement. » (p.142).

Faut il comprendre que, quand bien même la crise économique serait résolue, la précarité et les injustices sociales combattues, le vote pour le Front national ne refluerait pas ? Que faut il faire vis à vis des femmes et des migrants, exactement? Pourquoi la lutte pour l'émancipation et les droits de l'homme sont-ils rabattus sur (assimilés à :) la promotion du multiculturalisme et des communautés ethniques? Ce qui est proposé sur ces points n'est pas clair. Précisément, les termes de crise identitaire multiforme, d'insécurité culturelle, d'insécurité identitaire ne le sont pas non plus. Mais comme ces notions font davantage appel à la peur ou à l'instinct qu'à la réflexion, ce flou conceptuel passe inaperçu.

D'une certaine façon, avec ces mots, l'auditeur est implicitement sommé de se sentir en sécurité ou en insécurité culturelle et identitaire sans même en comprendre le sens ; il est rangé dans une catégorie : pas concerné ou concerné ; et, s'il ne se sent pas concerné, s'il ne se reconnaît pas dans ce sentiment de crise ou d'insécurité culturelles, s'il n'a pas peur, s'il n'éprouve pas de sympathie pour cette menace, c'est qu'il n'appartient pas au peuple, et qu'il se désintéresse du peuple. Et que, l'enfer étant pavé de bonnes intentions, l'auditeur en question, surtout s'il est de gauche, devrait peut être, à son corps défendant, et à son échelle individuelle, se sentir responsable de la montée du FN.

En attirant attention et vigilance sur ces expressions d'insécurité culturelle et d'insécurité identitaire , en demandant à leurs auteurs des précisions et des explications, il ne s’agit pas, loin de là, de refuser de réfléchir à des phénomènes sociaux et culturels à l’aide du concept d’identité. Pas plus que d’ignorer l’intérêt de réfléchir à la signification et à l’évolution de la notion d’identité. Et encore moins de refuser de réfléchir aux mutations sociales et territoriales aux effets socio-spatiaux de la mondialisation aux mutations des cultures politiques à l’anthropologie des milieux populaires, des anciens bassins industriels, des espaces péri urbains – par ailleurs socio-spatialement divers.

Mais : pourquoi doit on convoquer insécurité culturelle et insécurité identitaire pour comprendre, expliquer, rendre compte de l’identité et de ces phénomènes ? Nommer ce qui est repéré « insécurité culturelle, insécurité identitaire », c’est postuler que la culture et l’identité, comme le corps, comme un bien matériel, se caractérise par une intégrité un contour et une forme circonscrits et établis une stabilité. Qui devrait, qui plus est, se penser comme un patrimoine à protéger d’une menace et de toute évolution – comme si toute évolution était une altération. Penser en terme d’insécurité identitaire et culturelle suppose d’assigner les individus à une fixité, à une essence, à un attribut – hors de l'espace et du temps .

Ici se loge mon sentiment d’inquiétude un sentiment, si on veut, d’insécurité intellectuelle  Expliquer – ou, précisément : postuler - le vote FN par "l'insécurité identitaire", n’est-ce pas un signal de lepénisation des idées ? C’est à dire : n’est ce pas le signe d’une emprise du lepénisme (qui cherche, ces jours-ci, à se rebaptiser marinisme ) qui s’étendrait, telle une ombre portée et, je n’en doute pas, au corps défendant des inventeurs et utilisateurs de cette double expression d’insécurité culturelle et d’insécurité identitaire, à la sphère des concepts et à celle de la parole intellectuelle – en l'occurence de gauche ? Le fixisme, l'essentialisme, l'ethnicisme, l'identitarisme - c'est à dire les antonymes de l'histoire, de la géographie, de la politique, de la vie démocratique, du faire société, de la science politique - seraient donc en train de s'immiscer dans la sphère intellectuelle, académique et éditoriale, au nom du soutien à la gauche et du combat contre le lepénisme ?

S’agit-il de suggérer à la gauche de gouvernement qu’elle se donne pour programme électoral d’entre-deux-tours : « électeurs lepénistes, je vous ai compris : proposition 61, je protégerai votre identité » ? Dès lors que les écrits courts comme les propos oraux se contentent d’une simple évocation du mot, à prendre ou à laisser, sans contours aucun, le lecteur comme l’auditeur sont, à leur corps défendant, libres d’imaginer quelles sont les limites – ou les non limites - du paysage ouvert par ces expressions. Et pourquoi pas un ministère de la protection des identités (de chacun ? de chaque lieu de résidence ? de chaque communauté ? de la France ?). Une police dédiée à l'insécurité culturelle et identitaire? Quelle seront leurs tâches? Mettre en veilleuse l'émancipation des femmes et l'égalité salariale, au motif qu'il ne faut pas que l'électeur de MLP puisse ne serait-ce qu'imaginer que son maire le prend pour un macho sexiste? Faut-il regrouper les homosexuels dans des bantoustans ou des villages pour que leurs droits soient bien circonscrits? Tant qu’à faire ? Sérieusement et concrètement : quelle est la déclinaison opérationnelle de l'explication du vote au FN par l'insécurité culturelle et l'insécurité identitaire ?

Il y a des territoires où les habitants sont confrontés à l’insécurité il y a des électeurs qui disent se sentir en minorité là où ils habitent. Est il pour autant scientifiquement opératoire, et, accessoirement, politiquement neutre, de décliner le vocabulaire essentialiste de la peur et de la sidération, par cette invocation tout à trac de « l’insécurité identitaire » et de « l’insécurité culturelle » pour comprendre et nommer ce qui est à l’œuvre ? Chers invités des ondes et des tribunes de presse, ai-je un décodeur inadapté, ai-je manqué une étape du raisonnement, ai-je compris de travers ?