Publicité

Insta d'Europe : découvrez les personnages de l'instaroute

Par
Hugo, Leïla, Manon et Kylian, Insta-routeurs en Europe jusqu'au 24 mai
Hugo, Leïla, Manon et Kylian, Insta-routeurs en Europe jusqu'au 24 mai
© Radio France - .

Pendant quatre semaines, la rédaction de France Culture se met à la place des jeunes Européens. En partant de leurs idées reçues, de leurs thèmes favoris et de leurs habitudes numériques, les journalistes se glissent dans la peau de quatre jeunes de 20 ans et vous font découvrir l'Europe.

L’Europe ne fait plus rêver les jeunes. Un électeur de moins de 35 ans sur quatre ne va pas voter pour élire son député européen. Pour mieux les comprendre et pour mieux les informer, la rédaction de France Culture fait le pari de se glisser dans leur peau : emploi, frontières, égalité, environnement, elle vous propose de suivre les aventures d’un groupe de jeunes qui ont promis en quatre semaines de prouver que l’Union européenne ne sert à rien. Voici leur histoire, à vous de choisir !

Pour prendre connaissance du projet Insta d'Europe, tout est expliqué ici.

Publicité
Kylian, 19 ans, "l'Europe ça me fait pas rêver"
Kylian, 19 ans, "l'Europe ça me fait pas rêver"
© Radio France - Anne Laure Chouin

Kylian : ce n'est pas l'Europe qui va me donner du boulot

A suivre du 29 avril au 3 mai

Salut, je suis Kylian, j'ai 19 ans, et je stresse un peu à cause du boulot, ou plutôt je stresse de ne pas arriver à trouver de boulot. En ce moment, je suis en stage à Poissy, chez PSA, mais ça va bientôt se terminer. J'habite à Marcoussis, en banlieue parisienne, dans l’Essonne. J'ai une petite sœur, je vis avec ma mère qui est cadre à l’hôpital d'Arpajon, mon père est parti quand j'avais 11 ans. J'ai jamais trop aimé l'école mais depuis mon bac pro technicien outilleur, je sais que j'ai très envie de travailler dans la mécanique et dans l'automobile. Pourquoi pas compléter ma formation pour devenir technicien supérieur ? On peut rêver :-) Ma mère a fait Erasmus en Angleterre, elle ne jure que par ça, elle me dit que même pour des études pas trop longues ça peut être super. Moi j'ai pas trop envie de bouger, et franchement si je devais partir ce serait pour les Etats Unis. J'adore la culture américaine, le rap, le basket, les films. Alors que l'Europe, ça me fait pas rêver, j'y pense jamais en fait... Et puis, en Europe, y'a pas un pays qui échappe au chômage, alors qu'aux Etats-Unis, tout le monde travaille ! Non ? Tout le monde peut y arriver en tout cas. Chez nous, c'est bloqué partout, surtout quand on a ma couleur de peau. Bref, c'est pas l'Europe qui va me faire gagner ma vie, en tout cas c'est ce que je pense. Evidemment ma mère pense tout l'inverse, et pour me le prouver, elle m'a dit de commencer par aller à Bordeaux. C'est là que se trouve l'agence "Erasmus plus" pour la France... On va bien voir. 

Manon, 20 ans "Pour moi, l'Europe manque de solidarité"
Manon, 20 ans "Pour moi, l'Europe manque de solidarité"
© Radio France - Audrey Tison

Manon : L'Europe laisse mourir les enfants en Méditerranée"

A suivre du 6 au 10 mai

Je m'appelle Manon, j'ai 20 ans, j'ai grandi à Lille avec mes deux mamans. En ce moment, je fais les Beaux-Arts, mais je me demande si je ne vais pas bifurquer vers l'humanitaire. Je trouve que ce monde manque de solidarité. Alors quand ma mère (une ancienne Erasmus) a voulu me prouver que l'Europe était utile, j'ai rigolé et je lui ai tout de suite parlé des migrants. Quand j'étais en seconde, je me souviens avec ma copine Maeva on avait pleuré toute les deux comme des bébés en tombant sur la photo du petit Aylan, cet enfant syrien retrouvé mort sur une plage de Méditerranée. Pour moi l’Europe c’est ça : d’un côté les beaux discours, de l'autre, des politiques qui laissent mourir les enfants dans la Méditerranée. Ma mère trouve ça simpliste. Elle m'a mise au défi : "Prouve-moi que c'est bien l'Europe qui laisse mourir les migrants !" Donc, je vais prendre la route vers le sud, et on va voir ce qu'en disent les ONG qui s'en occupent.

Leïla, 18 ans, "L'Europe, c'est un truc de bourgeois, vieux et blancs"
Leïla, 18 ans, "L'Europe, c'est un truc de bourgeois, vieux et blancs"
© Radio France - Cécile de Kervasdoué

Leïla : l'Europe ce n'est pas pour les filles comme moi"

A suivre du 13 au 17 mai

Moi, ma mère a tenu à m'appeler Leïla. J'aurais préféré Louise ou Marie, c'est plus classe et puis ça passe partout. Mais elle dit que je suis à l'image de l'Europe d'aujourd'hui, métissée. Je suis même née de son goût pour l'Europe, parce qu'après son année Erasmus en Angleterre, elle a laissé tomber les études et elle a fait le tour du continent. C'est là, quelque part dans l'est, qu'elle aurait rencontré mon père. Je ne l'ai jamais connu. Elle ne veut pas m'en parler. J'habite avec elle dans un deux pièces dans le centre de Rennes. Elle est secrétaire au Lycée Chateaubriand, c'est le meilleur de la ville, et c'est comme ça que j'ai pu y rentrer. Elle me met la pression depuis que je suis toute petite pour les études alors je bosse dur pour le bac, il faut que j'ai une mention ! Je n'ai pas grand chose à voir avec les autres filles du lycée. Je fais des efforts mais je vois bien que je n'ai pas les codes et c'est la même chose avec les garçons. C'est comme si je n'étais jamais à ma place en fait. Ce que je voudrais moi, c'est avoir de l'argent. C'est pour ça que je vais faire du droit à la fac. Déjà ça coûte pas trop cher et puis, défendre les gens, ça me va bien. Je trouve qu'il y a trop d'inégalités, que la société est vraiment injuste et que personne n'en prend la mesure. Les "gilets jaunes", je ne l'ai dit à personne mais, je les comprends. Quand ma mère m'a demandé si j'allais voter pour l'Europe franchement je lui ai dit : "mais c'est un truc de bourgeois l'Europe, c'est pas pour une fille comme moi". J'ai cru qu'elle allait pleurer. Et puis, elle a crié qu'au contraire c'était l'ultime moyen d'égalité entre tous les citoyens, hommes et femmes, d'où qu'ils viennent ! Rien que pour lui prouver qu'elle a tort, je vais aller faire un tour en Europe de l'est moi aussi... Et on verra bien

Hugo, 20 ans "Il y a trop d'argent en jeu pour que l'Europe mène une révolution climatique"
Hugo, 20 ans "Il y a trop d'argent en jeu pour que l'Europe mène une révolution climatique"
© Radio France - Véronique Rebeyrotte

Hugo : l'Europe ne va pas pouvoir sauver la planète

A suivre du 20 au 24 mai

Je m'appelle Hugo, 20 ans. Je suis en étudiant à la fac de Jussieu à Paris où je prépare une licence en sciences de la terre. Je manifeste aussi pas mal pour le climat en ce moment. C'est vraiment flippant de voir que face à l'urgence climatique, les gouvernements font rien, ou comme l'a dit Nicolat Hulot : seulement "des petits pas". Mes parents partagent tous les deux mon inquiétude mais ils ne voient pas trop l’intérêt de louper les cours pour la cause. Ils pensent que ce n'est pas avec des grèves ou des manifestations que les choses bougent. Ils sont persuadés que pour sauver la planète, tout passe d'abord par le vote et particulièrement par le vote aux élections européennes parce que c'est là que se décident les politiques environnementales, c'est à plusieurs que l'on peut faire plier la Chine ou les Etats-Unis. Alors, bien sûr, même si je ne l'ai pas trop dit aux autres, j'irai voter le 26 mai. Pourtant, je ne crois pas que les 705 députés qui vont siéger auront vraiment les moyens de changer les choses. Ils ont permis des avancées c'est certain, la fin de la pêche électrique, la réduction des gaz à effet de serre, etc. Mais il y a trop d'argent en jeu, trop de lobbies à Bruxelles. N'empêche, c'est quand même en Belgique que les manifestations pour le climat sont les plus fortes. Cela fait longtemps que j'ai envie d'y aller pour rencontrer des jeunes qui s'engagent vraiment. Mes parents m'ont dit d'accord mais seulement si je vais aussi voir les gens du Parlement. J'ai juste le temps d'y aller avant la manif du vendredi 24 mai !