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Inventaire avant élections à Strasbourg : Quelles difficultés pour devenir Français ?

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France Culture continue son tour de France en vue de l’élection présidentielle. Après Marseille et Lille, direction Strasbourg, le jeudi 23 février. Pour cette troisième étape d’"Inventaire avant élections", l’antenne de France Culture s’installera dans les locaux de l’Institut d’Etudes Politiques. Au programme: Les Matins (qui se font notamment l'écho des paroles des étudiants de l'IEP de Strasbourg), La Grande Table, Du Grain à moudre, les Journaux de la Rédaction. Mais avant l'antenne, en écho à quelques problématiques françaises majeures en 2012, comme l'immigration et les conditions d'accès à la nationalité française, voici un reportage à Strasbourg.

La Chambre de Commere et d'Industrie de Strasbourg organise des examen de langue française
La Chambre de Commere et d'Industrie de Strasbourg organise des examen de langue française
© Radio France - Abdelhak El Idrissi

**Depuis le 1er janvier, les prétendants à la nationalité française doivent passer un test de compréhension de la langue. A Strasbourg, nous avons rencontré les deux organismes habilités à faire passer les examens, ainsi que des candidats et des associations locales qui les accompagnent. **

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*> L'obligation d'un test de français: Témoignages d'immigrés | * Le rôle de la langue en question

L’idée du test de connaissance du français a été lancée par le ministre de l’intérieur Claude Guéant en octobre 2011.

**"On ne peut devenir français par hasard. On ne peut le devenir que si l'on parle le français et qu'on adhère aux principes de la République " **

Le décret a été publié à la fin du mois de novembre, et dès lors les préfectures ont eu un mois pour rapidement trouver dans chaque région des organismes capables de faire passer ces tests pour les candidats à la naturalisation. Il s’agit dans la plupart des cas de centres de langues habitués à ce type d’examen.

Il n’existe pas un test unique pour tous les candidats, puisque la circulaire exige des postulants à la nationalité un niveau de maîtrise de la langue (octroyé par plusieurs diplômes). Ce niveau a été fixé à B1, sur une échelle allant de A1 à C2. Le niveau B1 correspond à celui d’un élève arrivé en fin de collège. Ne sont donc pas concernés les immigrés qui ont obtenu un diplôme académique équivalant à la fin du premier cycle : Brevet des collèges, BEP, CAP.

Le texte considère qu’une personne ayant atteint le niveau B1 "peut comprendre les points essentiels quand un langage clair et standard est utilisé et s'il s'agit de choses familières dans le travail, à l'école, dans les loisirs (…). Peut produire un discours simple et cohérent sur des sujets familiers et dans ses domaines d'intérêt. Peut raconter un événement, une expérience ou un rêve, décrire un espoir ou un but et exposer brièvement des raisons ou explications pour un projet ou une idée."

CIEL
CIEL
Allianxe Francaise
Allianxe Francaise

L’examen le plus couramment utilisé depuis le 1er janvier en Alsace, et en France, est le TCF (Test de Connaissance du Français). Il a été aménagé pour les candidats à la nationalité française, et ces derniers doivent débourser 90 euros pour le présenter.

Hélène Chevalier de l'Alliance Française
Hélène Chevalier de l'Alliance Française
© Radio France - Abdelhak El Idrissi

C'est le cas à Strasbourg, où deux organismes sont habilités à faire passer ce test : le Centre International d’Etudes de Langues (CIEL) qui dépend de la Chambre de Commerce, et l’Alliance Française Strasbourg-Europe dont Nathalie Chevalier est la directrice :

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Le Test de Connaissance du Français se déroule en deux temps. D’abord un questionnaire à choix multiples puis un entretien individuel enregistré dont le but est de vérifier le niveau du candidat . Au CIEL de Strasbourg, c’est Anna D’aquin , coordinatrice pédagogique , qui anime les entretiens :

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Aujourd’hui en France, tous les "primo-arrivants" (regroupement familial, réfugié politique, mariage mixte) signent un Contrat d’Accueil et d’Intégration. Dans le cadre de ce CAI, les nouveaux arrivants doivent suivre des cours de français, adaptés à leur niveau. Car le test de français s’applique à tous, même aux immigrés présents depuis des années sur le territoire.

C’est l’OFII (Office Français de l’Immigration et de l’Intégration) qui accueille et dirige les publics. Et quels que soient leur parcours et leur niveau de français, tous devront attester de leur niveau, même si les cours dispensés jusque là n’allaient pas aussi loin. Laurent Beeler est le délégué territorial de l’OFII en Alsace :

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En Alsace, les premiers tests ont déjà été organisés. Pour l’Alliance Française, c’était le 23 janvier dernier, mais les résultats ne sont pas encore connus. Un test "facile" selon Fadler , un Haïtien de 26 ans arrivé en France il y a deux ans en tant que demandeur d’asile. Depuis, il a le statut de réfugié politique :

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Du côté du CIEL, l’autre organisme examinateur, le premier test a été proposé très rapidement, le 5 janvier. Sur 39 candidats, près d’un sur trois a réussi le Test de Connaissance du Français.

Parmi les "lauréats", Achot un Arménien de 44 ans . Immédiatement après avoir reçu son attestation de maitrise du français, il a pu déposer son dossier de naturalisation à la préfecture du Bas-Rhin. Arrivé en France en 2003, il n’a suivi aucun cours de langue et a tout appris en pratiquant, notamment sur son lieu de travail. Et pour apprendre le Français il a décidé de ne surtout pas tomber dans la facilité qui consiste à ne fréquenter que ses "compatriotes" parmi ses collègues :

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Stéphane aussi a réussi le TCF, et comme Achot il ne connaissait rien du français lorsqu’il est entré dans l'hexagone. C’est à l’occasion d’un regroupement familial que ce Ghanéen est arrivé en 1998 avec ses frères et soeurs. A l'époque il a 17 ans :

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Et s’il a décidé de constituer un dossier de naturalisation, Stéphane explique que c’est un cheminement personnel, et non pas à cause du durcissement des conditions d’accès à la nationalité :

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Dervic
Dervic

Ces réussites donnent de l’espoir aux autres candidats, comme Dervic , qui passera le TCF courant mars. En attendant, ce Kurde de Turquie a fait son maximum pour se préparer et depuis son arrivée en France depuis 2003, il n’a cessé de prendre des cours. Il est donc assez confiant sur l’examen qu’il va passer:

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Ces immigrés ont des histoires très différentes, mais tous ont en commun de vouloir s’intégrer un peu plus à la population française, et tous estiment, comme Dervic, qu’il est normal de parler correctement la langue du pays dans lequel ils vivent. Pour Fadler ,** l’Haïtien** en attente de ses résultats, tout passe par la langue :

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La déclaration du Ministre de l’intérieur Claude Guéant qui a lancé l’instauration du test de français:

L'instauration de cet examen de français, et l'arrivée au 1er juillet d'un test de culture générale voulu par le ministre de l'Intérieur ont crée la polémique auprès des associations et des universitaires. Lire la suite du dossier
Les immigres en Alsace : 10 % de la population - INSEE

Étude de l'INSEE publiée en septembre 2006