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Jacques Dubochet, un Nobel de chimie au CV désopilant !

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L'un des trois lauréats du Nobel de chimie 2017, le Suisse Jacques Dubochet, pose à Lausanne le 4 octobre 2017
L'un des trois lauréats du Nobel de chimie 2017, le Suisse Jacques Dubochet, pose à Lausanne le 4 octobre 2017
© AFP - FABRICE COFFRINI

Le Nobel de chimie 2017 est venu récompenser trois scientifiques pour leurs travaux sur la cryogénie de molécules, qui permet de les étudier en 3D. Parmi eux un francophone, Jacques Dubochet, qui ne manque pas d'autodérision. Preuve en est de son CV, émaillé de blagues scientifiques !

Avoir été conçu par des parents optimistes est-il la clef du succès ? En tout cas, tel est le cas pour l'un des trois lauréats du Nobel de chimie 2017, le Suisse Jacques Dubochet, qui rend hommage à ses géniteurs dans la première ligne de son curriculum vitae ! Alors qu'il vient d'être récompensé par ce prix prestigieux avec Joachim Frank et Richard Henderson, pour leurs recherches sur la cryogénie de molécules, on se penche sur ce CV cocasse, truffé de références scientifiques.

À en croire son curriculum vitae, c'est à l'âge de 5 ans que Jacques Dubochet entend parler pour la première fois de Copernic... ce qui lui permet d'apprivoiser sa peur du noir. Après tout, l'astronome polonais n'a-t-il pas promis que le soleil revenait toujours ?

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De 1948 à 1955, il pénètre dans le monde des sciences expérimentales en utilisant des "instruments" dignes de Dexter, le psychopathe de la série télévisée : "couteaux, aiguilles, cordes, allumettes"... Le chimiste rend aussi hommage à sa dyslexie, qui lui aurait permis d'"être mauvais en tout... et de comprendre les personnes en difficulté".

L'année 1968, qui le voit entrer à l'École polytechnique fédérale de Lausanne pour devenir biologiste, est commentée d'une brève mention pleine d'autodérision : "Very important". Mais c'est après une "psychanalyse très classique" ayant duré six ans que Jacques Dubochet commence à s'intéresser à la "vitrification de l'eau" et à la "microscopie cryo-électronique", à l'EMBL (Laboratoire européen de biologie moléculaire) à Heidelberg, en Allemagne.

En attendant de découvrir la petite formule percutante qu'il consacrera certainement à son prix Nobel, nous vous laissons lire l'intégralité de ce CV, dans lequel le scientifique s'épanche même sur sa vie familiale et son orientation politique. Lorsque vous l'aurez savouré, n'oubliez pas de revenir sur cette page ! Avec l'aide de Zoé Sfez et de La Méthode scientifique de ce 4 octobre, nous vous expliquons maintenant en quoi consiste cette fameuse cryogénie de molécules.

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C'est quoi, la cryo-microscopie électronique ?

Les trois lauréats ont été récompensés pour avoir mis au point une méthode d'observation des molécules, permettant de mieux déterminer leur structure en 3D. Une technique d'imagerie qui, comme son nom l'indique, repose sur l'utilisation du froid. Et qui a révolutionné les sciences du vivant, comme l'expliquait Zoé Sfez, insistant sur le fait qu'elle avait été inventée par Jacques Dubochet, et complétée par le travail de modélisation 3D de Joachim Frank et Richard Henderson :

Jusqu'à l'invention de la cryo-microscopie par ce Suisse, on se servait des microscopes pour étudier en chimie, en science des matériaux, mais il était impossible d'observer les molécules biologiques au microscope, sans les abîmer.

Rémi Fronzes, directeur de recherche au CNRS, intervenait au micro de Zoé Sfez pour détailler la méthodologie de la cryo-microscopie :

[Jacques Dubochet] a mis au point la méthodologie qui consiste à congeler des échantillons biologiques dans une très fine couche de glace vitreuse, qui est un état particulier de glace. Ces échantillons biologiques, à la température de l'azote liquide, de très faibles températures, sont préservés. Et ça permet de pouvoir les regarder dans un microscope électronique, en préservant ces échantillons et en conservant le pouvoir de résolution d'un microscope électronique qui est capable de voir à l'échelle atomique.

Pour écouter l'intégralité du sujet que Zoé Sfez a consacré à ce Nobel dans La Méthode scientifique (en début d'émission) :

58 min