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Japon, URSS ou Mexique : ces comédies musicales dont vous n'avez jamais entendu parler

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La comédie musicale japonaise Oshidori utagassen (1939) de Masahiro Makino.
La comédie musicale japonaise Oshidori utagassen (1939) de Masahiro Makino.
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Les comédies musicales ne sont pas qu'américaines ou françaises. Il y a, bien sûr, l'immense production indienne de Bollywood, mais d'autres pays, de l'URSS au Japon, en passant par le Brésil ou l'Egypte, se sont essayés au genre.

Singing in the rain, My fair lady ou plus récemment La la land du côté Hollywoodien. Les Demoiselles de Rochefort, Peau d’âne ou 8 femmes côté français. A en croire les têtes d’affiche de la comédie musicale, les grands classiques du genre sont ou bien américains ou bien français. Nous n’avons pourtant pas le monopole de la légèreté dansée et chantée au cinéma. De la Russie au Mexique, en passant par le Japon et l’incontournable Bollywood, d’autres pays se sont essayés au musical, avec plus ou moins de succès, comme nous le fait découvrir l’exposition “Comédies musicales : la joie de vivre du cinéma”, qui s’ouvre ce jour à la Philharmonie de Paris. 

Le genre de la comédie musicale trouve ses origines à Hollywood au début des années 1930. C'est donc tout naturellement que les films américains ont inspiré le reste du monde, à commencer par la France. Mais si certains pays ont connu, au même titre que les Etats-Unis, des périodes fastes pour leurs films musicaux, d'autres, à l'image de l'Inde ou de l'Egypte, en ont fait le moteur de leur production cinématique. Petit tour d'horizon de ces films de genre à travers le monde. 

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En URSS, une comédie musicale adoubée par Staline

Dès 1934, l’URSS s’essaye au genre, avec l’arrivée du cinéma parlant. En 1932, le réalisateur Grigori Alexandrov revient d’Hollywood, où il a découvert les musicals. Il s’y essaye à son tour et, avec l’accord de Staline et Gorki, réalise le film Joyeux Garçons, en 1934. Le film se veut une représentation des capacités techniques de l’URSS face à l’Amérique et prône discrètement l’idéologie soviétique.

Le film conte les aventures d’un garçon berger confondu par une jeune femme avec un célèbre chef d’orchestre de Jazz. Une fois la supercherie découverte, le jeune homme, moqué, se décide à devenir un véritable musicien, entraînant ainsi une succession de scènes cocasses : 

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Le film, dont la musique est composée par Isaac Dounaïevski et les paroles confiées au poète Vassili Lebedev-Koumatch, rencontre un immense succès dès sa sortie, qui se confirme à l’étranger, où il est diffusé sous le nom Moscow Laughs. Présenté au Festival de Venise en 1934, il est récompensé pour sa mise en scène. Le succès donne à Grigori Alexandrov une liberté de ton qui lui permet d’enchaîner avec trois comédies musicales : Le Cirque (1936), Volga-Volga(1938) et La Voie lumineuse (1940). 

Au Brésil, les "chanchadas" 

Au Brésil, c’est d’abord Hollywood qui domine le marché du cinéma. Mais dans le Rio des années 1940 est créée la société de cinéma brésilienne Atlântida Cinematográfica. Elle lance de nombreuses comédies musicales, comme Este mundo é um pandeiro (1947) ou Carnaval no fogo (1949,). Ces “chanchadas”, comme on les appelle là-bas, sont des comédies légères très rentables, mais elles finissent par lasser le public. C’est le réalisateur Nelson Pereira dos Santos, pionnier du Cinema Novo, la “Nouvelle vague” brésilienne, qui réconcilie le cinéma d’auteur et ces "chanchadas", qui faisaient pourtant l’ire des critiques de cinéma, avec Rio Zona Norte en 1957. 

Il réconcilie alors la musique avec la dénonciation de la réalité sociale du pays en contant l’histoire d'Espirito Da Luz Soares, compositeur d'une école de samba, qui après avoir chuté d'un train, raconte ses déboires en attendant les secours. 

En Egypte, un cinéma dansant et chantant 

Si dans de nombreux pays la comédie musicale a fini par lasser, il n'en est rien en Egypte, où le chant et la danse se sont imposés dans quasiment tous les genres représentés au cinéma, et ce jusque dans les années 70. Du drame à la farce en passant par le film policier, tous les films ont ainsi droit à leur séquence musicale. Le premier d’entre eux, Onchoudet el-Foudad (La Chanson du cœur), de Mario Volpe, inaugure le genre dès l’arrivée du cinéma parlant, en 1932. 

Ce sont surtout les grands noms de la scène musicale égyptienne que l’on retrouve dans ces films très populaires. En 1949, le film Afrita hanem (Madame la diablesse), de Henry Barakat, remporte ainsi un immense succès populaire en mettant en scène le couple-star du cinéma égyptien de l’époque, la danseuse Samia Famal et l’acteur et musicien Farid El Atrache :

Au Japon, du sabre et du chant 

Au Japon, l’arrivée du cinéma parlant donne là encore naissance à des comédies musicales. La première d’entre-elle, Oshidori utagassen (Chants de tourtereaux en français) mélange l’univers du jidaikegi, les oeuvres consacrées au japon médiéval, à des chorégraphies maîtrisées. C’est Masahiro Makino, pourtant plutôt spécialiste des films de sabre et d’action, qui signe cette première comédie musicale nippone.   

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Après-guerre, le cinéma nippon puise son inspiration dans le cinéma hollywoodien pour ses comédies musicales. Les stars de la chanson japonaise brillent dans ces films, à l’instar d’Hibari Misora et de Chiemi Eri, deux célèbres chanteuses que l’on retrouve ensemble dans la comédie populaire Les Voyages d’Hibari et Chiemi (Hibari Chiemi no yajikita dochu) de Tadashi Sawashima :

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Bollywood, la comédie musicale portée aux nues

Impossible de parler des comédies musicales étrangères sans évoquer enfin Bollywood, où cet art définit le cinéma même. Le genre est l’essence de la production indienne et ce depuis le premier film parlant Alam Ara, sorti en 1931 (et malheureusement perdu depuis). Les séquences chantées et dansées deviennent un marqueur du cinéma indien et l'arrivée du playback permet aux stars du cinéma d'être doublées : principalement tournés en hindi, ils créent le premier âge d'or du cinéma indien.

Le second âge d'or de ce cinéma survient au lendemain de la partition entre l'Inde et le Pakistan. Des années 40 aux années 60, le cinéma bollywoodien prend toute son ampleur. Le réalisateur et acteur Raj Kapoor devient une star incontestée avec le film Andaz, réalisé par Mehboob Khan. Surnommé le "Charlie Chaplin indien", Raj Kapoor devient l'un des ambassadeurs du cinéma indien. 

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Les films de Bollywood sont très codés :  ils comportent plusieurs clips, chantés et dansés, l'un d'entre eux, l'Item number, étant plus équivoque et soigné que les autres. Les chorégraphies s'inspirent pèle-mêle des danses folkloriques et classiques, des danses courtisanes mais aussi, depuis les années 2000, de la salsa, du breakdance ou du hip-hop. Si l'âge d'or de Bollywood connaît un léger déclin au cours des années 80, il s'est depuis le début des années 2000 mondialisé et s'exporte de mieux en mieux. Sorti en 2002, le mélodrame Devdas, de Sanjay Leela Bhansali, a ainsi été le premier film indien à être présenté hors compétition au Festival de Cannes : 

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