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Jean-Louis Trintignant : " "Un homme et une femme", c'était un film fait avec des ringards "

Jean-Louis Trintignant, Anouk Aimée et Claude Lelouch sur le tournage d'"Un homme et une femme" (1966).
Jean-Louis Trintignant, Anouk Aimée et Claude Lelouch sur le tournage d'"Un homme et une femme" (1966).
© AFP - Les films 13/archives du 7ème art

2007. Au Théâtre du Rond Point des Champs-Elysées, Jean-Louis Trintignant s'entretient avec Olivier Barrot et raconte son métier de comédien, son parcours et ses rencontres à travers souvenirs et anecdotes.

En 2007 dans l'émission "Volte face", enregistrée en public, Jean-Louis Trintignant fait face à Olivier Barrot qui l'interroge sur ses premières passions. Trintignant confie avoir joué au poker quand il avait 17 ans, "c'est un jeu atroce le poker" car "il faut accabler ceux qui vont mal". Sur ses début au théâtre, il se souvient de Charles Dullin jouant Harpagon, il a eu alors "un coup de foudre" et il s'est dit : "Je veux faire du théâtre, je veux connaître Dullin, je veux aller au cours de Dullin" mais il conclut"quand je suis arrivé au cours de Dullin, Dullin était mort."

Jean-Louis Trintignant poursuit l'entretien avec son expérience de la direction d'acteurs menée par Jean Vilar au TNP, le comédien estime que "c'est curieux, ça s'est perdu un peu l'autorité du metteur en scène, du directeur de théâtre... ça existait énormément". Puis il évoque sa découverte du cinéma italien à la fin des années 50 avec notamment les réalisateurs Valerio Zurlini et Dino Risi.

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Je sentais que ce n'était pas mon pays mais je me sentais vraiment très près des Italiens. [...] J'avais vraiment une passion formidable, j'étais pris dans ce mouvement mais je me suis promis une chose, de ne jamais être un acteur qui fait une carrière en Italie. C'est-à--dire qu'après chaque film, même si on me proposait un autre film intéressant, je ne le faisais pas, je retournais en France où j'avais souvent rien à faire mais je ne voulais pas enchaîner que des films italiens.

Olivier Barrot passe en revue les grands films parmi plus de la centaine que l'acteur prolifique a tournés, l'occasion pour le comédien de livrer ses souvenirs et anecdotes de tournage. Au sujet d"Un homme et une femme", Jean-Louis Trintignant confesse : "Pour dire la vérité, c'était un film fait avec des ringards, on était tous des ringards".

Sur ses tentatives peu concluantes de réalisateur, Jean-Louis Trintignant confie : "J'aurais tellement aimé être metteur en scène de ciné mais je crois que je n'avais pas les qualités qu'il fallait pour réussir... il me manquait une autorité, une conviction."

Entre cinéma et théâtre, le comédien a choisi : "Je trouve que notre vrai métier à nous acteurs, c'est vraiment le théâtre." Il renchérit :

Quand on va voir un film, on va voir quand même une conserve. On est certain qu'on va voir ce que d'autres gens ont vu à la séance d'avant et quelques jours avant. Donc je trouve qu'entre les deux moi je préfère manger de la nourriture fraîche que de la conserve.

"Volte face" avec Jean-Louis Trintignant au micro d'Olivier Barrot diffusé sur France Culture le 12/08/2007.

55 min

Les personnages d'une grande richesse pour un acteur sont généralement les personnages qui sont très ambigus. Un héros ce n'est pas intéressant du tout à jouer parce que un héros, c'est un héros... il n'a peur de rien. Ce qui est intéressant ce sont des gens complexes.

  • "Volte face"
  • Première diffusion le 12/08/2007
  • Producteur : Olivier Barrot
  • Réalisation : Brigitte Bouvier
  • Indexation web : Odile Dereuddre, de la Documentation de Radio France