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Jeux vidéo : une nouvelle campagne de sensibilisation sur les contenus violents

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Lors de la présentation de la nouvelle campagne de sensibilisation "PEGI", jeudi 6 octobre à Paris.
Lors de la présentation de la nouvelle campagne de sensibilisation "PEGI", jeudi 6 octobre à Paris.
© Radio France - Clément Lacaton

Deux clips sont diffusés dès ce jeudi sur Internet et dans les cinémas, pour sensibiliser les parents sur les contenus parfois violents des jeux vidéo, grâce à la norme "PEGI". Pour le psychiatre spécialiste des écrans Serge Tisseron, les images ont des effets réels sur les plus jeunes.

Cette campagne de sensibilisation, homologuée par le gouvernement et le CSA, prend la forme de deux clips vidéo de 30 secondes, diffusés sur Internet, dans les cinémas et sans doute bientôt à la télévision… Dans le premier, on voit plusieurs personnages virtuels dire "bonjour", chacun à leur manière :

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Dans le second, le message est clair : une batte de baseball peut servir aussi bien dans un jeu de sport tout public que dans un jeu déconseillé aux moins de 18 ans. L’usage de l’objet n’est évidemment pas le même...

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"Il y a un âge pour tout, il y a un jeu vidéo pour tous les âges", entend-on à la fin. La dernière campagne de ce genre remonte à 2011. La norme "PEGI" (Pan European Game Information), gérée par un organisme indépendant mais financée par les éditeurs de jeux vidéo, classe depuis 2003 (et dans 38 pays) les jeux par âge en fonction de leur contenu. Des pastilles de couleur obligatoires sur toutes les boîtes de jeux vidéo vendues en France, même sur les publicités. Une signalétique homologuée il y a quelques mois par le ministère de l’Intérieur. D'ailleurs, "montrer des images tirées d'un jeu violent reste punissable de trois ans d'emprisonnement et de 75 000 euros d'amende", rappelle-t-on place Beauvau ce jeudi.

1200 jeux "violents" sur les 1900 sortis l'an dernier

Lors de la présentation de la nouvelle campagne de sensibilisation "PEGI", jeudi 6 octobre à Paris.
Lors de la présentation de la nouvelle campagne de sensibilisation "PEGI", jeudi 6 octobre à Paris.
© Radio France - Clément Lacaton

PEGI utilise cinq pictogrammes avec un âge minimum conseillé : 3, 7, 12, 16 et 18 ans, du vert au rouge. Le but : responsabiliser les parents et veiller aux effets des images sur les plus jeunes. Huit autres logos complètent ce dispositif : des logos qui décrivent le contenu des images et des dialogues dans ces jeux vidéo. Le plus répandu, la violence : sur les 1900 jeux sortis l’an dernier, 1200 sont considérés comme violents. Il y a aussi un logo pour les insultes, un autre pour les drogues et l'alcool, la peur, ou encore les scènes à caractère sexuel…

"Les jeux vidéo vont aller jouer sur toute une palette d'émotions, détaille Emmanuel Martin, le délégué général du SELL, le syndicat des éditeurs de logiciels de loisirs. Et à ce titre, l'industrie du jeu vidéo a créé cette signalétique, qui est aujourd'hui soutenue par les pouvoirs publics, pour indiquer que certains jeux vidéos ne sont pas à mettre entre toutes les mains."

Certains enfants s'associent aux victimes, d'autres aux agresseurs"

Quelles conséquences les jeux vidéo violents ont-ils sur nos enfants ? Un éternel débat entre les psychiatres et les professionnels du secteur, quand un enfant passe à l'acte dans la vie réelle...

Le psychiatre spécialiste des écrans Serge Tisseron, jeudi 6 octobre à Paris.
Le psychiatre spécialiste des écrans Serge Tisseron, jeudi 6 octobre à Paris.
© Radio France - Clément Lacaton

Jouer en immersion pendant des heures devant un écran, ce n’est pas neutre, nous explique le psychiatre spécialiste du sujet, Serge Tisseron :

Serge Tisseron (psychiatre) : "Certains jeux vidéo suscitent chez l'enfant des émotions comme la rage, la honte, l'angoisse, qu'il n'a pas les moyens psychologiques de gérer à son âge."

1 min

Le danger, note ce psychiatre, auteur de "Qui a peur des jeux vidéo", c'est que les enfants ne réagissent pas de la même manière face aux personnages virtuels : "certains s'associent aux victimes et d'autres aux agresseurs".

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Serge Tisseron salue néanmoins cette norme PEGI, dont la notation est parfois plus sévère que les interdictions dans les salles obscures. "Au cinéma, beaucoup de films sont sous-évalués", selon lui.

Un tiers des jeux vidéos classés -18 ans

Un tiers des jeux vidéos vendus en 2015 étaient déconseillés au moins de 18 ans. Mais la répartition est équitable, puisque les jeux tout public représentaient eux-aussi un tiers des ventes.

Les éditeurs de jeux vidéo ont débloqué un budget de 850 000 euros pour financer cette nouvelle campagne PEGI. Une campagne reconnue d'intérêt général par le Service d'information du gouvernement, sous l'autorité du Premier ministre.