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John Berger : "Je crois que, plutôt qu’un penseur, je suis une espèce de colporteur"

Par
John Berger en 2009
John Berger en 2009
© AFP - ULF ANDERSEN / Aurimages

Disparition. A la fois essayiste, poète, romancier, journaliste, mais aussi peintre dans sa jeunesse, scénariste, et profondément marqué par le marxisme... c'est un écrivain pour le moins polymorphe qui vient s'éteindre à l'âge de 90 ans. John Berger, lauréat du Booker prize en 1972 pour G., est mort.

écoutez John Berger se raconter dans A voix nue en novembre 1989

Né à Londres le 5 novembre 1926, John Berger écrivain, scénariste et critique d’art est décédé ce lundi 2 janvier 2017, à l'âge de 90 ans. Tout au long de sa vie, cet auteur culte n’a jamais séparé la peinture et l’écriture de son engagement politique. Auteur entre autres d’Un métier idéal, de G., de La Tenda rouge de Bologne, il confiait en 1997 dans l’émission For Intérieur sur France Culture que son avantage résultait dans le fait qu’à ses yeux, "les murs entre les disciplines n’existent pas".

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Ce mardi 3 janvier, les Matins saluaient l'oeuvre et la personnalité de John Berger avec cette archive et la réaction de l'éditeur français de John Berger, Olivier Cohen :

Hommage à John Berger dans les Matins du 3/01/17

4 min

"Je suis très ignorant, il y a tant de choses que je ne connais pas. Quand je veux faire des recherches, je suis toujours obligé d’aller à la bibliothèque municipale." John Berger dans For Intérieur sur France Culture, le 26 janvier 1997.

écoutez John Berger interrogé par Laure Adler dans Hors-Champs en mai 2014

Olivier Cohen, éditeur de John Berger aux éditions de l'Olivier rappelle le penseur libre qu’il était : "C’était un homme d’une magnifique générosité envers ses proches et toute personne qu’il rencontrait". La fin de sa vie a été marquée par une prise de distance avec le genre romanesque explique Olivier Cohen : "Il n’écrivait plus de fiction, il disait que c’était très fatiguant pour lui. Il écrivait des essais, des notes pour accompagner ses réflexions".

"Il disait que ce qui lui importait était de regarder le monde à la bonne distance. D’observer et de respecter l’intimité des êtres. Sa vision de la politique n’avait rien de conventionnelle." Olivier Cohen, éditeur de John Berger.

Il est impossible de s’arrêter sur une seule œuvre de l’écrivain britannique. Mais parmi tous ses ouvrages, Olivier Cohen attire notre attention sur Le Carnet de Bento, l’un de ses derniers travaux. "John avait imaginé que toute sa vie Spinoza avait tenu un carnet qui contenait diverses pensées et dessins. Il avait également imaginé qu’il avait lui-même retrouvé ledit carnet. Dans Le Carnet de Bento_, John Berger cite un scolie de la troisième partie de_ L’Ethique qui est la définition de la générosité : par générosité, j’entends un désir par lequel un individu s’efforce en vertu du seul commandement de la raison, à assister les hommes et à établir entre eux un lien d’amitié". Pour son éditeur, cette définition reflète parfaitement sa vision de la politique.

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