Johnny Hallyday : 1960, quand le rock débarquait en France

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Johnny Hallyday : 1960, quand le rock débarquait en France

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 Johnny Hallyday danse le twist, le 1er janvier 1960
Johnny Hallyday danse le twist, le 1er janvier 1960
© AFP - UPI

"Il se roulait par terre, tendait les mains, en sueur, les cheveux dégoulinants, et il en faisait du Shakespeare !" Parolier de Johnny Hallyday, amis et musiciens racontent l'arrivée du rock en France. Blousons noirs, casse et joie de vivre, écoutez les témoignages recueillis en 1997.

Le blouson de Marlon Brando, les riffs de guitare, les chaussettes noires, le twist et la joie de vivre : entre 1960 et 1963, le "typhon du rock", selon l'expression d'un journaliste de l'époque, débarque en France. En 1997, Emmanuel Laurentin, producteur de l'émission La Fabrique de l'Histoire, remporte le prix Ondas pour un documentaire consacré à ce phénomène. Il a interviewé plusieurs proches et musiciens de Johnny Hallyday et remet en perspective dans la jeunesse des sixties l'arrivée d'un courant musical et social qui bouleverse le cours de l'histoire. Quand les enfants du baby boom fêtaient bruyamment leur 15 ans.

1960 : Johnny en blouson noir

Hadi Kalafat, proche de Johnny Hallyday puis bassiste dans le groupe El Toro et les cyclones, évoque les bandes de blousons noirs en 1960 :

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Les bandes à Paris, on a vu leur naissance dans les squares. Il y avait toujours un chef. Il y avait des expéditions. Un des leaders de la Trinité, c'était Johnny Hallyday. On l'accompagnait au square du Sacré Cœur. Il chantait déjà des chansons d'Elvis Presley, et il raflait toutes les gonzesses de la bande du Sacré Cœur. On rentrait dans des galères pas possibles de bagarres. On rentrait avec des gnons partout.

Hadi Kalafat sur Johnny Hallyday et la bande du square de la Trinité

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Et Pat Witner, de la bande du Sacré Cœur, de rebondir, des années plus tard, sur ce souvenir de luttes de bandes rivales et du rôle déterminant qu'y a joué un certain Jean-Philippe Smet. 

Hadi Kalafat poursuit, sur les lieux de rencontre de cette jeunesse parisienne, en 1960 : 

Il y avait surtout le Snacspot et le Drugstore. N'étaient acceptés que des fils de famille. Avec Dutronc et Hallyday, on a mis des blazers, et on s'est infiltrés.

1961 : match Anthony / Hallyday au Palais des Sports

En février 1961, lors du premier festival international de rock'n'roll, premier grand concert de rock en France, le spetacle se termine dans la violence. Pour Jean-Pierre Pierre Bloch, qui fut secrétaire et manager de Johnny Hallyday, "les gars cassaient des chaises, mais c'était pour danser, pas pour casser!". Pour Frankie Jordan, chanteur présent lors de ce concert, c'est le début d'un fort antagonisme entre l'ordre et la jeunesse, qui perdure jusqu'en 1968. 

Richard Anthony raconte son souvenir de cette violence qui a eu lieu au Palais des Sports en février 1961.

Richard Anthony sur le concert de 1961 au Palais des Sports

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Hallyday, le texte et la danse

Georges Aber, parolier, entre autres, de Johnny Hallyday, évoque leur collaboration, sur le texte des chansons et leur interprétation sur scène :  

Quand j'écrivais, je savais ce que je faisais, et lui quand il chantait, il savait ce qu'il faisait aussi. Il me disait : "Je vais faire ça, ça et ça, et je vais leur dire "je suis seul et désespéré", et je vais me rouler par terre. Et je vais leur dire des trucs comme "j'ai besoin que l'on m'aime", et il faisait un riff "pa dam dam dam". Avec cette chanson de trois minutes, je vais en faire huit sur scène" Il se roulait par terre, tendait les mains, en sueur, les cheveux dégoulinants, il prenait un air dramatique, et il en faisait du Shakespeare ! "

A écouter, le documentaire "le rock débarque en France, 1960-1963" : 

Le rock débarque en France

59 min