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José Manuel Barroso à Goldman Sachs : le recrutement de trop ?

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José Manuel Barroso a expliqué au Financial Times que si ses "conseils peuvent être utiles dans ces circonstances", il était "prêt à aider bien sûr".
José Manuel Barroso a expliqué au Financial Times que si ses "conseils peuvent être utiles dans ces circonstances", il était "prêt à aider bien sûr".
© AFP - Dursun Aydemir / ANADOLU AGENCY

La nouvelle est tombée vendredi : juste après le Brexit, l'ancien président de la Commission européenne passe au service de la grande banque américaine très liée à la crise de 2008. Les réactions ont tardé mais se poursuivent, à presque tous les niveaux. Certains demandent des sanctions.

Vendredi en fin d'après-midi, via un communiqué, Goldman Sachs annonce un recrutement majeur : José Manuel Barroso. Il sera président non exécutif de sa branche internationale :

"José Manuel va apporter une analyse et une expérience immenses à Goldman Sachs, et notamment une profonde compréhension de l'Europe."

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Quelques réactions tombent, mais encore timides. Dont celle tout de même du secrétaire d'Etat chargé du Commerce extérieur, Matthias Fekl :

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© Reuters - David Gray

Samedi, invité de notre journal de 12h30, le journaliste financier Marc Roche, auteur d'un livre et d'un documentaire sur cette banque, décrypte alors l'événement. Au micro d'Antoine Denéchère, il évoque "sans surprise" un futur "ouvreur de portes" :

"Le recrutement de JM Barroso, c'est typiquement Goldman Sachs, de l'entrisme au plus haut niveau, au mépris de conflits d'intérêts potentiels."

2 min

Mais c'est à partir de samedi après-midi que les réactions commencent à prendre de l'ampleur, y compris au coeur des institutions européennes, comme nous le racontait à 18h notre correspondante à Bruxelles Joana Hostein. A commencer par la colère du syndicat de fonctionnaires européens "Union pour l'unité". Dans son communiqué, il écrit notamment "Cette nomination ne peut qu'alimenter la propagande europhobe de tous les populismes et extrémismes selon laquelle l'intégration européenne est au service des "seuls intérêts de la Finance." :

Les réactions à Bruxelles au recrutement de José Manuel Barroso par Goldman Sachs

1 min

"Nous demandons sanction et révision du Code de conduite."

En ce début de semaine, le tollé s'amplifie et fait même encore la Une de Libération ce mardi. Alors qu'un porte-parole de la Commission européenne a expliqué à l'AFP que "c'est légitime que des personnes dotées d'une grande expérience et de qualifications continuent à jouer des rôles de premier plan dans le secteur public ou privé".

La Une de Libération de ce mardi
La Une de Libération de ce mardi

La colère est particulièrement vive parmi certains eurodéputés (voir les tweets ci-dessous). Comme le socialiste Emmanuel Maurel, interrogé ce midi par Antoine Mercier.

"C'est navrant de voir quelqu'un qui était censé incarner l'intérêt général de l'Union européenne il y a encore quelques mois aller cachetonner dans une institution financière aux principes très douteux."

Et de préconiser de "durcir les règles anti pantouflage" en passant de 18 mois à 5 ans sans possibilité pour les commissaires de passer dans le privé. Quand l'ex commissaire européenne chargée de la société numérique, Neelie Kroes, est par exemple récemment passée au service de Uber :

Emmanuel Maurel : "On demande à ce que M. Barroso soit sanctionné. On peut demander la déchéance de son droit à pension. Ensuite, nous demandons une révision du Code de conduite."

2 min

Le Secrétaire d’État aux Affaires européennes, Harlem Désir, a lui fini par réagir ce lundi dans une série de tweets, dont celui-ci :

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