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Julie Brochen, des ténèbres à la lumière

Par
Molly's, pièce mise en scène par Julie Brochen
Molly's, pièce mise en scène par Julie Brochen
- Franck BELONCLE

Ce soir, nous poussons la porte du Petit Louvre, pour assister à Molly S. , un texte de l’auteur irlandais Bryan Friel, adapté, joué et mis en scène par l’ancienne directrice du Théâtre National de Strasbourg, Julie Brochen.

Il y a quelques années Julie Brochen mettait en scène Claudel au Cloitre des Célestins, dans le Festival In. Et puis le temps a passé et revoilà Julie Brochen, dans le Festival Off, cette fois. Ce retour dans la Cité des Papes, elle l’opère en finesse aux côtés de deux chanteurs dont l’un est ténor et l’autre baryton. Elle nous raconte une drôle d’histoire. Celle d’une femme, Molly, aveugle depuis l’âge de 10 mois à qui une opération redonne, provisoirement, la vue. Un miracle pensez vous ? Non, en fait, c’est un mirage car loin de s’éveiller au monde en accédant à la vision, Molly, peu à peu, se referme sur elle même jusqu’à sombrer dans la folie. Retour vers les ténèbres et cette fois, pour de bon.

Une simplicité efficace et touchante

Etrange et perturbant récit qui nous fait comprendre à quel point nos convictions nous rendent aveugles. A quel point ce que l’on croit bon pour l’autre l’est surtout pour soi même. Le mari et le médecin de Molly ont confondu leurs désirs et le sien. Elle, elle était bien dans ses obscurités, elle savait reconnaître les fleurs à leurs odeurs, à leur toucher. Elle dit : « tout va trop vite, je n’ai pas le temps de saisir une couleur que déjà une autre me bouscule et m’agresse. » Ce que Julie Brochen raconte, au delà de la cécité, c’est le faux pas qui nous guette et qui nous est fatal lorsque nous renonçons à nos intuitions, lorsque nous tournons le dos à nous mêmes, pour obéir aux injonctions arbitraires ou convenues, que les autres nous assènent. Elle le fait avec simplicité et une forme d’humilité. Et cette simplicité nous touche. On ne peut s’empêcher de penser que Julie Brochen est sans doute plus proche d’elle-même et de ce qu’elle ressent, ici, au Petit Louvre qu’elle ne l’était autrefois avec Claudel au Cloitre des Célestins.

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INFOS : au petit Louvre, à 14h30. Jusqu’au 30 juillet. Durée : 1 h05.