Khadja Nin au festival de Cannes en 2018
Khadja Nin au festival de Cannes en 2018

Khadja Nin, chanter pour le Burundi -#CulturePrime

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Khadja Nin, chanter pour le Burundi

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Khadja Nin est une voix de la chanson africaine depuis les années 1990, elle est aussi une femme engagée et apparaît poing levé à Cannes où elle est membre du jury en 2018.

Je ne me définis pas comme une artiste engagée, je me définis comme une femme attentive.      
Khadja Nin, 2019

À 16 ans, la jeune Tutsi quitte son Burundi natal pour étudier à Kinshasa. Veuve et maman à 21 ans, elle vit de petits boulots en Belgique où elle avait suivi son mari. Cinq ans plus tard, elle rencontre le musicien Nicolas Fiszman, c’est lui qui l’encourage à écrire et chanter.
Elle se crée un style, mélange d’inspirations afro-soul et d’un univers jazz et certaines de ses chansons sont d’immenses tubes en France comme Sambolera (1996), un chant en swahili contre la guerre.

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Nous en sommes encore à parler des difficultés chez nous. J’ai fait des chansons sur l’embargo, parce que mon pays était sous embargo, parce que c’était la énième fois que mon pays retournait à la guerre. Des guerres ethniques en plus, entre nous, à se dévorer nous-mêmes. On n’en est pas encore à la chanson d’amour simple vous voyez, je souhaiterais mais je n’y arrive pas. Je préfère écouter celles des autres.      
Khadja Nin, 2019

Khadja Nin sort quatre albums au cours des années 1990 et demande à Jeanne Moreau de réaliser le clip de Mama car "c’est une femme libre" pour qui elle a de la tendresse. Plusieurs années après, alors qu’elle est est au sommet de sa carrière elle décide de tout arrêter "pour mener ses autres vies". 

Ça devenait vraiment la machine de guerre et je sentais doucement que ce n’était pas tout à fait l’univers dont j’avais vraiment rêvé. Plus vous montez haut, plus c’est compliqué, plus la pression est grande… mieux ça marche bien sûr, mais moi, mes moments préférés c’est quand on est en studio, quand on est en tournée, ça c’était extraordinaire. J’avais le meilleur groupe du monde.      
Khadja Nin, 2019

Sa notoriété, Khadja Nin l’utilise pour alerter sur les drames que vit son pays des plateaux télé aux réunions de l’ONU. Elle défend l’accord de paix d’Arusha négocié en 2001 sous la médiation de Nelson Mandela, qui met fin à la guerre civile entre Tutsis et Hutus. 

Ambassadrice de l’Unicef, elle s’engage dans des campagnes de vaccination, de lutte contre la famine, ou pour la scolarisation. Elle vit aujourd’hui six mois par an dans un petit village malien où elle fait de l’humanitaire et représente toujours une voix africaine dans le milieu artistique francophone.

Je ne me définis pas comme une artiste engagée, je me définis comme une femme attentive. C’est-à-dire que je suis attentive à ce qui se passe que ce soit en Europe, en Afrique, vis-à-vis des femmes. On me pose souvent la question : “êtes-vous féministe?” Si être féministe c’est de considérer que les droits des femmes ne sont pas remplis alors je suis féministe. Je suis pour la justice que ce soit la justice sociale, la justice de l’emploi, la justice de la vie.      
Khadja Nin, 2019