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Kung-fu, kalaripayat, budō : petite philosophie d'arts martiaux asiatiques

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Details d'une fresque peinte sous la dynastie Qing Dynasty (1644-1911). On y voit des moines shaolin pratiquant des arts martiaux.
Details d'une fresque peinte sous la dynastie Qing Dynasty (1644-1911). On y voit des moines shaolin pratiquant des arts martiaux.
© Getty - Herve BRUHAT

Plutôt kung-fu ou karaté ? Dans la tradition des arts martiaux asiatiques, le style de combat peut se faire le reflet d'une manière de penser. Un geste d'attaque lancé comme un argument, une stratégie de défense adoptée comme un principe éthique, voici quelques enseignements martiaux-philosophiques.

Pour beaucoup d'entre nous, l'évocation des arts martiaux fait apparaître l'image d'un Bruce Lee se livrant à des assauts aériens, mains nues tendues vers son adversaire ou faisant virevolter un nunchaku. Dans les années 1970, l'acteur sino-américain a en effet contribué à  faire entrer les arts martiaux d'Asie dans la culture populaire et plus particulièrement - car il existe des centaines de techniques différentes et d'ailleurs, bien au-delà du continent asiatique ! - le kung-fu. Si on connaît ses jambes affûtées, le "petit dragon" était aussi une tête : Bruce Lee avait une formation de philosophie, qu'il mit à profit pour rédiger des essais sur le sens de la vie… et les arts martiaux, bien sûr. 

Sport de combat et philosophie ? L'association ne paraît pas si étonnante. Depuis leurs origines en des temps guerriers, les arts martiaux sont en effet associés à une forme de spiritualité, tant l'histoire des différentes écoles s'entremêle avec celle de l'influence des grands courants de sagesses orientales. Pratiquer un art martial reviendrait à développer une pensée en geste, acquérir une maîtrise du corps par l'esprit et vice versa... Au-delà de l'image convenue, comment se conjuguent vraiment arts martiaux et philosophie ? A chaque école correspond-il une éthique ? Alors que le musée du Quai Branly propose actuellement une exposition dédiée aux arts martiaux d'Asie, "Ultime combat", visible jusqu'au 16 janvier 2022, penchons-nous sur quelques style d'arts martiaux asiatiques, pour tenter d'en déplier les implications philosophiques ou, du moins, les principes de sagesse dont ils s'inspirent...

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59 min

Comme son nom latinisant l'indique, l'art martial est né sur un terrain de guerre ; les techniques d'auto-défense enseignées par ses maîtres étaient avant tout destinées à des combattants. Supplantées par les armes à feu, celles-ci ont peu à peu quitté le champ de bataille pour devenir des pratiques sportives aux vertus éducatives… mais aussi esthétiques et éthiques. Dépourvu de but guerrier, l'enseignement des arts martiaux s'est chargé d'une dimension morale plus forte, si bien que leur pratique est parfois considérée comme relevant d'une méthode de développement tout autant physique que spirituelle. En Asie, cet aspect plus "cérébral" des arts martiaux est influencé par les courants religieux et philosophiques dominants tels que le bouddhisme, le taoïsme et le confucianisme. Si l'appréhension des arts martiaux asiatiques d'un point de vue philosophique renvoie plus naturellement à l'histoire de ces doctrines, ou à des préceptes stratégiques que l'on peut lire comme des maximes de pensée, elle peut aussi mener à aborder des thèmes que l'on retrouve également dans la philosophique occidentale, comme la question de la violence, le non-agir ou la perfection, en pratique. 

Inde : kalaripayat, à l'origine de l'accord "corps - esprit" des arts martiaux 

 Shaji John, un maître de Kalaripayat moderne, en 2018 à  Chennai, en Inde.
Shaji John, un maître de Kalaripayat moderne, en 2018 à Chennai, en Inde.
© Getty - Hk Rajashekar/The The India Today Group

La plus ancienne tradition martiale remonterait à 3 000 ans avant notre ère. C'est au sud-est de l'Inde, dans la province du Kérala, qu'est né le kalaripayat (ou Kalaripayattu), littéralement : "chemin du champ de bataille". On aurait retrouvé sur des feuilles de palme enduites de suie, vieilles de 200 ans avant notre ère, des dessins représentant des combattants dans les postures très basses caractéristiques de ce type de combat, entre deux sauts périlleux. Inspirées des comportements animaux, les enchaînements du kalaripayat se combinent à des exercices respiratoires ainsi qu'une parfaite connaissance des points vitaux de la médecine antique indienne, l'ayurveda. On raconte ainsi que ses pratiquants les plus qualifiés étaient capables de faire déverser un flot de sang de la bouche de leur adversaire, d'un seul coup vif dirigé vers le point appelé "thilaka varnam", le troisième œil que les Hindous portent en rouge entre les sourcils...

Si le kalaripayat est aussi important dans l'histoire des arts martiaux, c'est qu'il est, d'une part, considéré comme une première tentative de syncrétisme entre une formation martiale et un éveil spirituel inspiré par le bouddhisme, et d'autre part, souvent décrit comme l'ancêtre commun des arts martiaux d'Asie. D'après la légende, c'est en effet un moine indien nommé Bodhidharma qui, à la fin du Ve siècle, a fondé la première école de kalaripayat au Sud de l'Inde, avant de prendre la direction de la Chine avec la solide intention d'y réformer le bouddhisme alors déchéant. On dit qu'il aurait attendu neuf ans devant l'enceinte du monastère Shaolin, méditant en posture assise, avant que les moines acceptent de le laisser entrer... Constatant que dans leur ascèse, ceux-ci s'affaiblissaient à passer leur temps à copier des traités, le sage indien y développa une discipline associant méditation assise et connaissance monastique, techniques guerrières et entraînements énergétiques et prophylactiques. Et c'est de cette harmonieuse équation que sont nés les arts martiaux chinois, dont le célèbre kung-fu.

À réécouter : Qui était le Bouddha ?
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L'influence spirituelle des enseignements de Bodhidharma est largement liée au bouddhisme qu'il prêchait. Une anecdote, rapportée par Tiego Bindra dans Le kalaripayat, l'ancêtre de tous les arts martiaux (Les Belles Lettres, 2005), permet d'approcher la pensée bouddhiste du moine indien. A l'issue de son long périple vers la Chine, l'empereur Liang Nuti lui accorda une audience et l'interrogea : 

- Combien de mérites as-tu engrangés pour la construction de temples ?    
- Rien.   
- Bien. Quel est alors l'enseignement du bouddhisme ?   
- La vaste vacuité.   
Perdant patience, l'empereur lui demanda alors : "Pour qui te prends-tu ?". "Je n'en ai aucune idée", répondit Bodhidharma, avant de lui expliquer que le seul mérite concevable réside dans la connaissance immédiate et mystique du néant de toute chose. "En un mot, les temples, les statues dorées, les images pieuses, les rituels, les dons… donc tout ce que le bouddhisme représente en Chine… ne vaut rien au regard de la recherche de l'illumination".

Cette illumination ne pouvait être atteinte que dans la méditation, selon Bodhidharma… mais une méditation active, où le disciple connaît les points vitaux du corps et sait se défendre contre les agresseurs ! Si on ne peut à proprement parler de philosophie du kalaripayat, on retrouve dans cet art martial encore pratiqué aujourd'hui, l'idée de valeurs à adopter pour s'améliorer. Il s'accompagne ainsi de dix principes censés guider l'attitude physique et mentale idéale de l'apprenti, tels que la discipline, la patience ou l'humilité. Ces valeurs convergent en un précepte fondateur de l'enseignement du kalaripayat, dont les échos résonnent jusqu'aux slogans contemporains de marque de sport  : "Nithya thozhil abyasam", ce qui signifie : "La pratique rend parfait". 

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Japon : avant les Budō, l'éthique des samouraïs

Si Bruce Lee est incontestablement la figure pop de l'art martial au-delà des frontières asiatiques, l'engouement occidental pour cette discipline multiforme a commencé avec la découverte de pratiques développées au Japon, comme le judo et le karaté, lointains, très lointains descendants pacifistes des techniques de combats des samouraïs. Et c'est aussi au pays du Soleil-Levant, notent Emmanuel Charlot et Patrick Denaud dans Les Arts martiaux (PUF, 1999), que "l'enrichissement par les notions d'ordre spirituel, mystique ou philosophique apparaît comme une flamme plus puissante que les autres, comme une histoire essentielle, qui illumine celle des arts martiaux du monde entier".  

Les écoles de "budō" (qui signifie littéralement "la voie spirituelle de celui qui arrête la lance") se font jour dans un pays pacifié, où les samouraïs ne combattent plus. Ces arts martiaux japonais ont été édifiés à partir des "bujutsu", les  techniques de guerre, dans un cadre plus philosophique. En 1882, Jigorō Kanō promeut les arts martiaux pour leurs vertus physiques, morales et sociales et l’Association du martial et de la vertu du Grand Japon (Dai Nihon butokukai) commence alors à diffuser ces disciplines dans le pays - les plus connues étant le judo, le karaté et l'aïkido.

Le kung-fu, tel qu'il se développa au monastère Shaolin sous une influence bouddhiste, incarnait la persévérance dans l'effort, chemin vers la perfection. Dans les arts martiaux japonais en revanche, ce sont les principes de respect et d'honneur qui sont mis en avant. Au-delà du concept de fair-play qui s'exprime dans un cadre sportif, il s'agit d'une conduite morale inconditionnelle, d'une forme d'"impératif catégorique" - pour reprendre une terminaison de philosophie morale occidentale… Comme une lointaine réminiscence du code d'honneur du bushido, la "voie du guerrier", lequel formalise les principes éthiques des samouraïs. 

"Il y a une éthique originale des samouraïs qu'on ne trouve ni dans le confucianisme ni dans le bouddhisme, explique l'historien spécialiste du Japon Pierre-François Souyri, dans Les Chemins de la philosophie. Le premier qui cadre ce discours, c'est Nitobe Inazo en 1898, donc 20 ou 30 ans après la disparition des samouraïs, dans Bushido, l'âme du Japon." Reconstituant l'idéologie samouraï à la fin du XIXe siècle, l'auteur décrit leurs valeurs de loyauté et la fidélité d'un côté, de courage physique de l'autre… et surtout, "le respect de l'honneur". Ce code d'honneur exprime un rapport tout à fait particulier à la mort adopté par le combattant, comme l'exprimait bien avant Nitobe Inazo le philosophie et stratège Yamaga Soko, au XVIIe siècle, dans sa définition du bushido : 

Quand tu te trouveras au carrefour des voies et que tu devras choisir la route, n'hésite pas. Choisis la voie de la mort. Ne pose pour cela aucune raison particulière et que ton esprit soit ferme et prêt. Quelqu'un pourra dire que si tu meurs sans avoir atteint aucun objectif, ta mort n'aura pas de sens, ce sera comme la mort d'un chien. Mais quand tu te trouveras au carrefour, tu ne dois pas penser à atteindre un objectif. Ce n'est pas le moment de faire des plans. Tous préfèrent la vie à la mort et si nous nous raisonnons ou si nous faisons des projets, nous choisirons la route de la vie. (...) Dans le bushido, l'honneur vient en premier. Par conséquent, que l'idée de la mort soit imprimée dans ton esprit chaque matin et chaque soir, quand la détermination de mourir en quelque moment que ce soit aura trouvé une demeure stable dans ton âme, tu auras atteint le sommet dans l'instruction du bushido. 

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Si l'on veut lire le bushido comme un apprentissage de la mort, il l'est alors de façon tout à fait différente de l'enseignement épicurien ou stoïcien, lesquels nous apprennent à ne pas craindre la mort puisqu'elle n'est rien pour nous, à consentir à cette finitude qui survient dans l'ordre des choses… Au contraire, il y a quelque chose de "déraisonnable" dans ce choix de la mort dont s'honore le guerrier. Une mort qui, d'ailleurs, garde une aura effrayante. Cette conception du bushido s'entend en effet si l'on se remet dans un contexte où la pensée traditionnelle des samouraïs se trouve progressivement en décalage avec celle du temps : 

Les samouraïs sont dans une situation difficile sur le plan idéologique. Pourquoi ? Parce que la société japonaise est imprégnée de confucianisme, c'est-à-dire d'un discours qui vise à légitimer le pouvoir par le savoir, le respect des rituels, la bienveillance... Et les samouraïs ne sont pas légitimes de ce point de vue là. Ils sont légitimes parce qu'ils ont vaincu, ils ont gagné des guerres et maintenu l'ordre. (...) Mais plus on entre dans un univers de paix, policé, civilisé, plus les guerriers se raidissent avec un discours qui devient d'une certaine façon irrationnel, où la mort est mise en avant. Comme un moyen de tenir son rang en effrayant les autres par un état d'esprit qui fait fi de la mort.

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Souvenir d'une époque militaire révolue, les combats des budō deviennent un exercice de maîtrise de soi, dans une mise en scène ritualisée et réglée par des assauts qui ne doivent justement pas causer la mort de l'adversaire - ou plutôt, du partenaire. Ce qu'expliquait justement Coralie Camilli, docteure en philosophie et 2e Dan d’aïkido, dans Les Chemins de la philosophie :

Dans l'aïkido, qui est un art martial qui dérive de la pratique des samouraï, de la relation aux sabres, de la culture japonaise dans tout ce qu'elle a de pudique, de violente et d'exigence de beauté en même temps, on retrouve cette règle de préserver le partenaire.

En quelque sorte, l'exigence de l'honneur qui animait les samouraïs devient, avec le budō, celle de la maîtrise de la violence. En aïkido par exemple, dont le fondateur disait qu'elle était avant tout une discipline de "l'étude de l'esprit", la maîtrise de la violence passe notamment par une réflexion sur la capacité à canaliser sa force physique et des mouvements où l'on combat sans blesser : 

Il y a d'un côté le martial pur, c'est-à-dire la question de l'efficacité. On prend des coups, on en donne, on a des épaules qui se déboîtent, des tibias fêlés, on fait un usage du corps qui est violent. Très bien, mais en quoi est-ce un art ? Quelle théorie y a-t-il derrière ? Eh bien, cet usage du corps consiste en une maîtrise de la violence qui va jusqu'à la beauté du geste qui l'accompagne. Et cette transition-là, c'est une transition artistique, puisque la beauté, celle du geste en particulier, est aussi importante en termes d'exigence que la question de l'efficacité. Coralie Camilli

Ce lien paradoxal entre beauté et violence dans les arts martiaux, Coralie Camilli souligne qu'un concept philosophique permet de le saisir : la perfection. Dans la philosophie occidentale, elle renvoie chez Leibniz à la mise en œuvre d'un principe d'économie : le monde le plus parfait pour Leibniz, c'est le monde qui met en œuvre le moins d'efforts possible pour le plus grand nombre d'effets, pour la réalisation la plus complète. "Cette notion d'économie, remarque la philosophe, on la retrouve à la lettre en aïkido"

Une technique est à la fois belle et efficace, autrement dit parfaite et parfaitement appliquée et maîtrisée quand on utilise le moins de force possible pour un plus grand nombre de résultats, en l'occurrence une immobilisation complète du partenaire. Qu'est-ce qu'un acte parfait ? C'est un acte qui a nécessité le moins d'efforts possible pour une plus grande réalisation en termes d'efficacité. Coralie Camilli

Mais pour arriver à cette maîtrise de l'économie du geste, à appliquer Leibniz par un mouvement chorégraphié, encore faut-il en passer la répétition inlassable d'entraînements : "L'économie n'est pas quelque chose qui advient par paresse, mais par travail et par répétition."

Hong Kong : le jeet kune do, un kung-fu philosophique ? 

Bruce Lee exécutant différentes positions de base du kung-fu.
Bruce Lee exécutant différentes positions de base du kung-fu.
© Getty - Bettmann

Comme s'il n'était pas possible de lui échapper, revenons une nouvelle fois à Bruce Lee, dont les films recèlent nombre d'allusions à sa vision de l'art martial et à ses écrits théoriques. Ce maître du spectacle qui souhaitait pourtant se dépouiller de tout artifice ne se limitait jamais à un seul style de combat, à l'inverse de ses ennemis de cinéma qui prônaient respectivement la supériorité d'un seul art martial - karaté, jiu-jitsu, kung-fu. La pensée s'écoule "comme un fleuve sans fin", écrivait le maître, conseillant de ne pas se restreindre à une seule technique, ni à une gamme de mouvements définie. 

Si bien que Bruce Lee inventa le sien : le jeet kune do, qui signifie littéralement "la voie du poing qui intercepte". Hybride, on y trouve aussi bien des techniques traditionnelles de kung-fu que des pas de cha-cha-cha. Immobilisé à cause d'une blessure, Bruce Lee résuma à la fin des années 1960 dans Le Tao du Jeet Kune Do ses pensées sur la nature de son art. Sa philosophie du combat n'était pas tant la recherche de la perfection que celle de la capacité d'adaptation, en toute circonstance. L'un de ses plus célèbres préceptes tient en trois mots, "Soyez comme l'eau" : 

Faites le vide dans votre esprit. Soyez sans forme, déformé, comme de l'eau. Maintenant, vous mettez de l'eau dans une tasse, elle devient la tasse. Vous mettez de l'eau dans une bouteille, elle devient la bouteille. Vous la mettez dans une théière, elle devient la théière. Maintenant, l'eau peut s'écouler ou elle peut s'écraser... Soyez comme l'eau, mon ami. Bruce Lee

Comme l'illustre philosophe chinois Sun Tsu qui conseillait dans son Art de la guerre de s'inspirer de l'eau pour élaborer une stratégie militaire idéale, Bruce Lee invite à agir tel un élément liquide. On trouve aussi dans cette allégorie une référence au concept chinois du Chi qui désigne l'énergie en laquelle réside le souffle de la vie. Il s'agit d'une notion essentielle de la métaphysique chinoise qui décrit ce lien par lequel toutes les entités de ce monde, les êtres comme les choses, sont animées d'un souffle commun. Ainsi, par l'art martial et l'oubli de soi, il serait possible de se relier à cette source d'énergie commune et de bénéficier des mêmes qualités que l'eau. Se mouvoir comme l'eau, c'est alors glisser sous les coups, être insaisissable, mais aussi être capable de briser la roche la plus dure, explique Bruce Lee

La philosophie martiale "brucelienne" pourrait ainsi s'entendre comme un appel à la libération du corps, l'oubli de son "essence" et surtout, de son ego : “Tu atteindras les sommets de ton art quand tu seras débarrassé de toi-même, écrit-il. Dès le moment où un homme perd le souci de l’impression qu’il produit ou va produire, il trouve la liberté.” Une maxime mise en scène au début du célèbre Opération Dragon, lorsque Bruce Lee demande à son disciple de lui donner un coup  : “Ce n’est pas un spectacle”, “Ne pense pas, sens-le !” 

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