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L'arc de triomphe de Palmyre pulvérisé par Daech

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**Les djihadistes de l’État islamique poursuivent leurs destructions systématiques dans ce site antique unique, inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO. Ils viennent de détruire un de ses symboles : son arc de triomphe, vieux de près de 2.000 ans. Au moment où les Russes envisageraient de sauver la "perle du désert". **

Les destructions de Daech à Palmyre
Les destructions de Daech à Palmyre

« C'est une destruction méthodique de la cité. Ils veulent la raser, la faire disparaître complètement. Nous risquons de la perdre en entier », a confié à l'AFP le chef des Antiquités en Syrie. Maamoun Abdelkarim précise : « On sait que l'EI a encore piégé d'autres monuments. Ils veulent détruire l'amphithéâtre, la colonnade. Nous avons désormais peur pour toute la cité antique ».

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L'arc de triomphe de Palmyre, en 2010
L'arc de triomphe de Palmyre, en 2010
© Reuters - Stringer

Selon lui, les djihadistes avaient piégé cet arc de triomphe il y a quelques semaines , avant de le pulvériser ce dimanche. Cet « icône de Palmyre », qui datait de l'empereur Septime Sevère (193 à 211), ouvrait la célèbre rue à colonnades du site. Sa destruction intervient après celle de deux temples, dont celui de Bêl, en août, et de trois des plus belles tours funéraires, en septembre. Et l'Etat islamique, qui s'était emparé le 21 mai dernier de Palmyre, à 205 km à l'est de Damas, avait aussi décapité en public l'ex chef des Antiquités de Palmyre, Khaled al-Asaad, un spécialiste internationalement reconnu âgé de 82 ans.

Les djihadistes considèrent les statues ou fresques représentant des hommes ou des animaux comme de l'idôlatrie, et l'arc de triomphe pourrait y avoir succombé. Mais ce "coup d'éclat" intervient aussi au moment où la Russie renforce son soutien à Bachar el-Assad, frappes aériennes à l'appui. Et selon un politicien syrien proche du régime joint par l'AFP, les Russes projetteraient justement de sauver Palmyre pour démontrer l'inefficacité jusqu'à présent de la coalition internationale menée par les Etats-Unis.

La directrice générale de l'Unesco a « vivement condamné » lundi cette destruction. « Cette nouvelle destruction montre à quel point les extrémistes sont terrifiés par l'Histoire et la culture (...), et les font apparaître pour ce qu'ils sont : une pure expression de haine et d'ignorance », a fustigé Irina Bokova dans un communiqué. Et d'assurer qu' « Il n'y aura pas d'impunité pour les criminels de guerre » et que tout sera fait « pour que les auteurs de ces destructions soient jugés et punis en étroite coopération avec la Cour pénale internationale ».

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme, la guerre en Syrie a déjà fait plus de 240.000 morts en quatre ans et demi. Quand d'après l'association de la protection de l'archéologie syrienne, plus de 900 monuments ou sites archéologiques ont été touchés, abîmés ou détruits.
> Retrouvez notre dossier réalisé après la destruction du temple de Bêl

Le temple de Bêl, à Palmyre, en Syrie, avant et après sa destruction par Daech en août 2015
Le temple de Bêl, à Palmyre, en Syrie, avant et après sa destruction par Daech en août 2015

Nous vivons un cauchemar !
Fin juin dernier, notre envoyée spéciale en Syrie, Valérie Crova, avait rencontré Maamoun Abdelkarim au sujet de Palmyre :

**C’est notamment la valeur patrimoniale de la cité antique qui fait de Palmyre une ville stratégique pour l’EI. Près de trois cents monuments y ont été recensés, et sa nécropole est la plus grande d'époque romaine du Proche-Orient. **
Palmyre est mondialement connu pour son site antique unique.

Écoutez d'ailleurs dans une émission de Michel Cazenave de 1983 la richesse de ce qui fut l'un des plus importants foyers culturels du monde antique ! Un entretien avec Adnan Bounni, directeur en chef du service des fouilles archéologiques de Syrie etconsidéré comme le père de l’archéologie syrienne :

Documentaire d'été - Survol de la Syrie, 5 : Le destin de Palmyre

30 min